Live Report – Download Festival 2017

dimanche/25/06/2017
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Report Live Download Paris Festival 09-10-11 Juin 2017 BA 217 Brétigny Sur Orge

Nous y revoilà! Dans un nouvel endroit au cœur de l’Essonne situé sur la base aérienne 217, cette deuxième édition du Download Festival s’annonce alléchante. Lorsque vous arrivez en voiture, en traversant la piste de décollage, vous avez l’impression de partir pour un nouveau monde.

Camping gratuit avec scène (la Firefly Stage), prestations diverses (bar, stand de nourriture…), cet endroit ravive les campeurs qui souhaitent rester tout au long des trois jours de festivités. Sous un soleil ardent et radieux, la recherche du moindre espace d’ombre disponible est parfois difficile mais on fait comme on peut.

Trois jours non-stop de musique furieuse, quatre scènes au total sur le site. Mais ce n’est pas tout.

Avions et moteurs en décorations, deux scènes sont nommées en hommage à ces prouesses conceptuelles; la Spitfire et la Warbird stage.

De plus, sur le site, on trouve une exposition photo des plus grands artistes des dernières générations, mais aussi un stand de dédicaces, une salle dédiée au rétro-gaming, un market digne de ce nom, des stands de nourriture et des bars à gogo.

Assez expliqué ce contexte agréable niveau décoration, goodies et restauration, on passe au vif du sujet, le metal! Avec majoritairement des groupes californiens de passage au long de ces 3 jours, on en a eu plein les oreilles!

Day 1: De belles découvertes au pays de l’aviation

The Cadillac Three: Whisky and Dixie!

Groupe américain peu connu de grand public, ce trio de rednecks originaire de Nashville (Tennessee) sont venus prouver que le Southern Rock est bien entendu un style musical incontestable surgissant de la planète Metal. Inspirés des plus grands, tels que ZZ Top ou encore Pantera, The Cadillac three nous ont révélés un show parfaitement représentatif de leurs deux albums studio depuis la formation du groupe. Après une brève introduction en diffusant la chanson éponyme du film Pulp Fiction, la batterie est parfaitement calée sur le chant criard et nasal de Jaren Johnston. La basse a été remplacée par du Lap steel pour un rendu époustouflant. Un concert country, pour débuter ce festival ensoleillé, de la meilleure des manières.

Kvelertak : La puissance guitaristique!

Après un passage remarqué en novembre 2016 à la Maroquinerie à Paris, les Norvégiens ont envoyé du très bon son sur la Mainstage 02 du Download. Une setlist du tonnerre, mixant anciens titres et ceux issus, de leur dernier album intitulé «Nattesferd». Une prestation musclée et virile, avec trois guitaristes en parfaite adéquation sur un rythme vaillant et précis. Le chanteur, avec ses airs de viking a pu utiliser sa voix rauque et la puissance de sa nuque, afin de réaliser un show digne de ce nom, en bougeant dans tous les sens. Ils seront en première partie de Metallica lors de leur passage à Paris, un choix incontestable de leur part.

The Charm The Fury – De la fraicheur brutale

Groupe hollandais emmené par la somptueuse chanteuse Caroline Westendorp, The Charm The Fury enchaine les riffs assassins ainsi que les refrains plus mélodieux avec une perfection déconcertante. Un coffre de voix impressionnant, une fougueuse énergie, les cinq membres se déchainent sur scène enchainant des titres de leur nouvel album «The Sick Dumb And Happy», sorti en mars dernier. Faisant vibrer le public à coup de circle pit et de wall of death, dans un contexte pour la fois très boueux. Et oui, les plus énervés n’arrêtaient pas de tomber dans le sol encore meuble de l’averse de la veille, dans une ambiance du tonnerre. Un concert impressionnant sur la petite scène Spitfire qui m’as agréablement surpris. Merci au patron de ce webzine de m’avoir recommandé ce groupe.

Hatebreed – Le hardcore incontestable.

Les pionniers du genre jouent depuis plus de 20 ans le même style si particulier. Inspirés de Pantera ou encore de Metallica, le son lourd et grave retentit sur une batterie parfaitement calée, au rythme d’une voix criarde et redoutable. Installé tranquillement devant la Warbird, dès que le premier riff est sorti, j’ai pu dire adieu à ma bière tellement le public était furieux et déchainé. Comme à leur habitude, l’énergie de ce concert était débordante, mêlant titres connus et titres de leur nouvel album paru l’année dernière, «The Concrete professional». Avec leur célèbre «Destroy Everything» en fin de set, on est sorti de ce live transpirant, comme à chaque prestation d’Hatebreed qui continue son chemin sans impasse.

Mars Red Sky : Musique aérienne et puissante

Alors que l’incontournable Gojira se produisait sur la grande scène, celui du trio de stoner bordelais Mars Red Sky, joue sa musique lourde et enivrante sur la Spitfire Stage. Les cassures de rythmes, la basse lourde omniprésente et les riffs hypnotiques old school sont les clés de la réussite de ce show. On a l’impression d’entendre des notes provenant du fin fond des abysses, et ça fait un bien fou de s’évader aussi loin. La qualité musicale était au rendez vous!

Nostromo – Le mathcore, vous connaissez ?

J’attache à ce groupe une attention particulière. Lorsque j’étais adolescent, mon but était de trouver le groupe le plus violent au monde.

Et je peux vous dire, avec Nostromo, on a touché pas loin de la perfection. Groupe rare à voir en live, ils ont sorti un seul album «Ecce Lex» en 2002, un album avec un rythme déconcertant, on appelle ça du Mathcore.

Originaire de Genève, ils nous ont fait revivre cet album tout en jouant des chanson d’un nouvel album prévu prochainement. Un live tellement bourrin que ma nuque s’en souvient encore. A voir en live de toute urgence si vous avez moyen de les voir.

Day 2: Une journée infernale!

Project Black Pantera – De la distorsion sans précédent

Rendez-vous sur la Spitfire stage pour le premier concert de cette folle journée. Après un passage remarqué en 2016 au festival afro punk à paris, le trio brésilien tire sa référence au mouvement des Black Panthers courant des années 60 afin de défendre les préjugés raciaux, et non en référence au groupe de groove metal Pantera. Le batteur avec son masque blanc bat la chamade tandis que les deux musiciens envoient du lourd avec une voix avec beaucoup de coffre au rythme d’un headbanging violent. De la bonne énergie qui nous rappelle sans aucun doute  Sepultura, un concert qui valait le détour.

Blues Pills – Le concert hippie du Download

Un peu de rock psychédélique pour nous changer de tout ce gros son, ça fait un peu de bien. Blues Pills, projet original autour de la chanteuse suédoise Elin Larsonn entourée d’ancien membres du groupe américain de Radio Moscow, fait preuve d’une énergie lumineuse sur scène. Entre Black Sabbath, The Doors ou encore Kadavar, la prestation du groupe est magnifique. Sous ce soleil radieux, le groupe enchaine des titres notamment de leur premier album intitulé du nom du groupe en 2014. La voix de Elin, pieds nus telle une hippie, est enivrante tandis que les musiciens sont en osmose. Un concert qui sans aucun doute donne de la fraîcheur lors de ce festival,

AqME – les 15 ans de « sombres efforts »

Ils sont toujours debout! AqME, célèbre groupe frenchy se produit sur la petite scène, avec la plus grande affluence du week-end. Lorsque le nouveau chanteur, Vincent Peignart-Mancini dit qu’ils sont là pour partager, et que c’est les 15 ans de leur album éponyme sombres efforts, tout le monde s’impatiente! Avec des titres tels que « Si n’existe pas » ou encore « Superstar », une déferlante de slams s’abat alors vers la scène, impressionnant. Seul, bémol, on avait du mal à entendre la voix puissante du nouveau chanteur, mais l’énergie de ce concert était quand même débordante. AqME vous donne rendez-vous à la maroquinerie le 4 novembre prochain.

Five Finger Death Punch – la déception du weekend

Groupe montant ces dernières années, les Five Finger Death Punch (5FDP) sont là pour envoyer du gros son. Entre puissance vocale et basse lourde, les américains nous ont lancé une prestation pour le moins hasardeuse avec quelques pauses imprévues sans vraiment faire l’unanimité. On attend avec impatience un nouvel album car leur setlist tourne en boucle depuis un petit moment sans grands changements.

Slayer – Fidèles à eux mêmes

Les pionniers californiens du Thrash Metal n’ont pas failli à leur réputation, comme à leur habitude. Avec une setlist défiant toute concurrence, leur célèbre «Raining Blood» ou encore quelques titres de leur dernier album en date «Repentless» fait vibrer le public. Les californiens ont retransmis leur énergie au public sans accro. C’est toujours un plaisir de les voir en live et la foule a répondu présent!

System Of A Down – le groupe le plus attendu

Dans une ambiance de feu, le quatuor originaire de Los Angeles se font attendre avec impatience par un public en furie. C’est un rêve de gosse de les voir en live pour beaucoup d’entre nous. Un décor minimaliste, mais puissant, une setlist inconditionnelle, ils sont à la hauteur du rendez-vous. Avec des classiques issus de leurs cinq albums, on a l’impression que tout le monde connait chaque chanson qu’ils jouent, tellement ce groupe est mythique pour toute une génération. Avec des titres tels que «Toxicity», «Aerials», «B.Y.O.B», «Sugar» ou encore «Mr Jack», l’écran et les lumières se raccordent parfaitement avec ce show magnifiquement réalisé. Ils n’ont pas failli à leur réputation avec un Daron Malakian toujours aussi frénétique et un Serj Tankian toujours aussi fou et paisible à la fois. Ce fut un honneur de pouvoir danser et chanter en live devant ces pionniers exprimant leur dégout de la société.

Day 3: Hip Pop et Punk au programme

Astroid Boys – les jeunes gallois pour leur première en France

Le crew de jeunes skateurs mêlant gratte lourde et saccadée, accompagnée d’un chant bien rappé rapide, est un véritable délice pour les amateurs du genre. Avec des chansons issues de leur unique album comme par exemple « Foreigners », ces petits jeunes originaire du Pays de Galles ont un bel avenir devant eux, tout type de public confondu. Une belle entrée en matière pour cette dernière journée.

Red Sun Rising – du post grunge à l’état pur

Pari réussi pour les américains de Red Sun Rising. A l’occasion de leur deuxième passage en Europe, les américains originaires de l’Ohio ont répondu présent avec classe et énergie. Afin de présenter leur unique album studio «Polyesther Zeal», le son est propre est maitrisé. Ces petits jeunes en roue libre ont une belle carrière devant eux qui fera parler d’elle.

Rise Of The Northstar – Les furyos sont toujours là.

Le renouveau du metalcore français est assuré! ROTNS ont sorti un EP et un seul album pour le moment, et cela fait plus de trois ans qu’ils sillonnent la terre entière afin d’exploiter tous leurs titres aussi bons les uns que les autres. Leur style furieux et multi culturel séduit un public déchainé en enchainant des titres tels que «Samouraï Spirit» ou encore «Bosozoku». Les riffs assassins retentissent au son de la voix du chanteur saccadé et puissante. On a hâte d’entendre des nouveaux morceaux! Et ils l’ont confirmé! Ils vont enregistrer un nouvel album cette automne à New York! Outre cette information, le show est propre, maitrisé et sans bavure. Un live pour terminer leur tournée inter planétaire à domicile. Les parisiens ont un bel avenir devant eux, et séduisent de plus en plus de monde. Aligato!

Suicidal Tendencies – Un groupe mythique pour un concert mythique

Les ahuris de Los Angeles (et oui, beaucoup de groupes californiens, je ne vous ai pas menti), sont de sortie pour envoyer leur son mythique. Avec notamment Dave Lombardo, après un passage chez Slayer aux commandes des baguettes, le show est parfaitement rodé et le public sautille en trans’ sous cette chaleur impitoyable. Le leader se déchaine et parmi les moments clés du live, les « ST » balancés par le chanteur ou encore le grand classique « Pledge Your Allegiance » en fin de set donne du peps. Long live to Suicidal Tendencies!

Mastodon – L’alternance parfaite!

Un groupe de metal venant d’Atlanta. Les fanatiques de la série Games of Thrones, ont alterné des morceaux issus de leur dernier album en date « Emperor Of Sand », et des classiques de leurs créations. Technicité parfaite, voix aérienne et planante, Mastodon a envoyé de la fraicheur et du gros son lors de ce concert très agréable, devant un public ravi et épanoui!

Rancid – du punk à l’état pur

Et nous y revoilà pour encore voir un grand classique du punk californien. Rancid, c’est du Punk à l’ancienne dans son état le plus pur et authentique. Hormis que le chanteur nous confirme qu’il adore la France pour le fromage, le show est calibré et enivrant tellement le groupe enchaine les tubes de l’époque, comme par exemple comme « Time Bomb » ou « Ruby Soho » en fin de set. Mais de plus, ils sont là pour nous présenter leur nouvel album « Trouble Maker » sorti en début de mois. Un vrai régal d’avoir pu les voir en live!

Prophets Of Rage – le retour du poing levé!

Pour finir ce festival en beauté, je vous propose un compte rendu bien détaillé de ce super groupe formé autour des musiciens de Rage Against The Machine accompagnés de deux chanteurs de groupes phares américains de hip hop, Chuck D de Public Enemy et B-Real de Cypress Hill, rien que ça! A la base, ce groupe s’est formé pour faire une tournée anti-Trump avant les élections présidentielles de 2016 aux États Unis. Ils souhaitent dénoncer les inégalités sociaux économiques au pays du rêve américain afin d’expliquer que ce dernier n’existe pas du fait que tous ces politiciens corrompus agissent sur la peur afin de s’enrichir sur le dos des minorités. De ce fait, ils ont décidé de faire leur première tournée européenne pour faire passer leur message au  plus grand nombre d’entre nous.

Ils nous ont réalisé en intro un titre issu de leur premier EP intitulé « Prophets of rage » et un titre de leur album à sortir cet automne « Unfuck The world », dont le clip réalisé par Michaël Moore est sorti il y a quelques jours.

Une setlist de fou avec beaucoup de reprises du groupe phare des années 90 (RATM) basé autour d’un des plus grands guitaristes du monde, Tom Morello. En reprenant des titres éponymes tels que « Know your Ennemy » ou encore « Killing In The Name », le public ahuri se déchaine au son de ces tubes de l’époque qui invoque la rage de ce système corrompu, ou l’on se rend compte que rien a changé.

De plus, les rappeurs ont proposé un medlay de classques Hip Hop comme » Fight The Power », » Jump Around » ou encore « Bring The Noise ». Un hommage à Chris Cornell (leader de Soundgarden), disparu récemment a aussi été réalisé avec ferveur.

Niveau show, poings levés, une petit Fuck Trump lorsque Tom Morello joue de la guitare avec ses dents, une déferlante de riffs assassins remplis d’énergie et de rage… bref un show calibré et un son impeccable pour finir ce festival en beauté. Un pur bijou à voir en live!

Pari réussi pour cette deuxième édition parisienne du Download Festival avec au total 120 000 personnes de passage sur les trois jours, Beaucoup plus de filles dans ce festival, ça se démocratise, c’est une bonne chose!

Hormis quelques soucis organisationnels, ce qui semble logique du fait de leur première implantation sur ce site, ce festival est quand même un succès. Il y aura quelques petits réajustements à faire pour l’année prochaine. On a hâte de découvrir leur future programmation pour 2018. Il y a encore beaucoup de festival de metal à venir, alors profitez-en pour cette saison 2017 ahurissante!

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