Live report du concert de Watain au Trabendo le 17 Novembre 2018

jeudi/29/11/2018
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C’était l’embarras du choix, ou plutôt le choix de l’embarras, si vous faisiez partie de la Confrérie Blackeuse, cette date du samedi 17 novembre 2018. En effet, outre la première journée de la troisième édition du Tyrant Fest (Schammasch, Der Weg, Aura Noir…) tenue à Oignies dans le Nord ainsi que la cinquième du Winter Rising Fest (Deitus, Antaeus, Dead Congregation…) organisée à Bessancourt dans le Val-d’Oise, se déroulait l’affiche parisienne du mois de novembre, telle que dispensée par les fidèles grogneurs de Garmonbozia : Watain, Rotting Christ et Profanatica au Trabendo. Les deux derniers événements cités se déroulant à guichets fermés, ce qui démontre la vivacité (ou plutôt la virulence) actuelle de la scène Black Metal au pays de Julien Doré. Les gilets en cuir noir ont fait belle démonstration de force à Paris, et ailleurs, en tous les cas dans une atmo conviviale mais concentrée pour ce qui est du Trabendo.

Passée la première partie assurée par les vétérans de Profanatica, encapuchonnés façon médiévale ou Woody Allen dans son film sur le sexe (ils sont originaires de la Grosse pomme), les hostilités sont véritablement déclenchées à 19 heures 59 par la théâtrale entrée sur scène des pâtres quatre grecs pour un Set relativement étiré (qui plus est pour une seconde première partie), caractérisé par le minimalisme ainsi que l’intensité. Du pachydermique et scandé « 666 » à « Grandis Spiritus Diavolos » en passant par le saccadé « Fire God and Fear », la compacte formation brune emmenée par le mobile et furibard (mais au fond de lui soupe au lait) barbu Sakis Tolis, a capté sans coup férir l’attention de son auditoire.

Mention on ne peut plus spéciale à son petit-Frère, le poilu batteur Themis Tolis, authentique Héphaïstos du Tom basse, lequel est un des points forts de ce groupe braillard mais cérébral. Tantôt lents, tantôt speedés, les neufs morceaux joués n’ont jamais fait retomber la pression, l’enceinte du 19e arrondissement se réchauffant au fur et à mesure de la prestation. Pressée contre les Crash-barriers, une jeune femme aux cheveux noirs jais chante et mime avec autorité les paroles de tous les titres, elle les vit en fusion avec son chanteur-guitariste, placé à un mètre au-dessus d’elle. Entre solis épiques, finement exécutés par George Emmanuel, et certains passages aux guitares quasi-Indus, entamant les pistes dos tournés au public dans l’obscurité, Rotting Christ n’a certainement pas démérité ce soir.

Transhumance de Grèce vers la Suède, pour d’autres incantations, sur les coups de 21 heures 12. Entretemps les Roadies de Watain ont installé le lourd Décorum forgé, et quelque peu inquiétant, imaginé par les cinq originaires d’Uppsala (notamment ce trident, qui rappelle à l’auteur de ces lignes un détail de ses soirées d’enfant circa 1981 sur FR3…). L’assemblée, majoritairement masculine et juvénile, migre lentement du bar en direction de la salle des réjouissances. Dans une pénombre faiblement éclairée de candélabres ainsi que des lights rougeoyants éclairant Håkan Jonsson, le batteur, et tandis que raisonnent des chants de type grégorien, l’attention monte d’un cran. Aucun son ni bruit n’émerge de la foule, laquelle est happée par ce blafard début de spectacle. Les quatre instrumentistes grimés rejoignent leur place, suivis par le plâtreux et tatoué chanteur, Erik Danielsson, dont l’entrée torche au poing provoque les premiers hourras des premiers rangs. Le hurleur passe sauvagement sa brulante torche sur les mains qui sortent de la foule et se bousculent, soucieuses de frôler le feu païen comme les enfants d’attraper la queue du Mickey. Impressionnant. Sur les sept notes jouées de concert par Watain déboule l’intro épique de « Storm ».

La performance de Watain durera un tout petit peu plus d’une heure, sans temps mort ni interruption. Entre mouvements collectifs brutaux et contemplation inerte des convives, certains le visage taché de sang (de porc, balancé par Danielsson). Diabolique, maléfique et morbide. Mais en définitif pacifique, réfléchi et spectaculaire. Fin cette sombre soirée à 22 heures 18. Laissé seul sur l’estrade par les quatre musiciens, le maigre chanteur demeure, afin d’achever ses incantations lugubres, agenouillé devant une sorte d’autel incandescent ; puis rejoint à son tour les coulisses dans le noir. Seulement dérangé par les appels désespérés du Videur à quitter les lieux au plus vite, le rassemblement se dispersera en silence et dans le froid, après petit passage au Merch pour certains et photos en compagnie de Themis Tolis pour d’autres. En bref, un concert archétypal et réussi du genre.

 

Setlist Watain :

Storm

Nuclear Alchemy

The Child Must Die

Agony

Furor Diabolicus

Sacred Damnation

Darash

Malfeitor

Sancyuary

Return

Sworn

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