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King Dude, The Ruins of Beverast, (DOLCHE) / Petit Bain, 26 Octobre 2017

dimanche/29/10/2017
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King Dude, The Ruins of Beverast, (DOLCHE)
Petit Bain, 26 Octobre 2017

Pour une fois au Petit Bain, la ponctualité n’est pas respectée. Le premier groupe, (DOLCHE), commence un peu en retard. Leur intro musicale me fait penser à la voix de Chewbacca déformée par une bonne dose de distorsion, mais promis, je vais essayer de ne pas me laisser influencer par mon imagination débordante et apprécier le show à sa juste valeur. Les membres sont tous encapuchonnés et vêtus de noir. La chanteuse, malgré sa petitesse, a une voix puissante, qui fait penser à celle de Lisa Gerrard pour le côté envoûtant. Comparaison facile, certes, mais malgré l’attitude Black Metal, la musique de ce groupe a des liens de parenté évidents avec le Goth. Dans la salle c’est mélangé : il y a des Black Metalleux, des hipsters, des skins… Les t-shirts invoquent Metallica époque Master of Puppets, Burzum, Watain, Kreator… presqu’une histoire du Metal en quelques jalons, amusant.

La musique de (DOLCHE), c’est une rythmique lancinante et profonde soutenant les chants mâle et femelle qui se répondent ou s’accompagnent, tout en contraste. Ça donne envie de taper du pied et d’invoquer les puissances chtoniennes. Le peu de lumières sur scène, bleu sombre ou rouge sang, renforce cette impression de primitivité de caverne. Un des morceaux, joué simplement avec une guitare et une batterie à peine marquée, évoque fortement les murder ballads de Nick Cave, ballade rendue encore plus sombre et lugubre par les guitares clairement Black Metal. Au final, malgré quelques moments proches de l’ennui, le charme morbide fonctionne.

Place à The Ruins of Beverast, ou Ruines de Bifrost si on veut traduire. La chanteuse de (DOLCHE) les accompagne pour le début du set. Il n’est plus question de douceur ou d’envoutement. Là où (DOLCHE) pouvait évoquer l’angélique déchu, The Ruins of Beverast est dans le Black Metal le plus sinistre, celui qui convoque le démoniaque. Le chant est scandé, la batterie est martelée sauvagement. Après plusieurs morceaux façon rouleau compresseur qui me font presque perdre contact avec la réalité, s’amorce quelque chose qui parait plus langoureux. Mais non, en fait, c’est juste un morceau mid-tempo qui s’avère tout aussi vénéneux que les précédents.
Dans la fosse, les têtes sont nombreuses qui oscillent les yeux à demi fermés ou fixes.
Quand The Ruins of Beverast termine son set, j’observe un grand reflux humain vers la sortie. D’un coup il n’y a presque plus personne. Pas sûr que les skins et les blackeux restent pour le néo-folk de King Dude.

Finalement, la salle s’est remplie à nouveau quand King Dude et ses musiciens apparaissent. Je l’avais vu au même endroit il y a deux ans et demi, si tu te souviens, et j’en avais gardé un souvenir ému (http://www.artnroll.net/home/king-dude-petit-bain-7-avril/). Mais après les prestations de (DOLCHE) et surtout de The Ruins of Beverast, difficile de rentrer dans l’ambiance du folkeux. Sa bassiste a beau retenir l’œil façon aimant, ça ne suffit pas à contrer l’impression de désorganisation. King Dude parle longuement à son batteur, le batteur réclame des modifs à l’ingé son, idem pour le guitariste-claviériste. Les morceaux s’enchainent sans trop de cohérence. Alors ok, il communique aussi avec nous, mais ça sonne faux. Et puis il lui arrive des misères : la bandoulière de sa guitare se détache inopinément en plein morceau, son instrument se débranche…
La bassiste couve le King du regard pour ne pas le perdre dans ses errements. La bouteille de Jack Daniels est bien là, et King Dude y communie régulièrement.
L’ambiance commence à décoller au milieu du set, avec « Fear is all you know » et « Swedish Boys » où on entend clairement dans les riffs de guitare, la filiation avec Joy Division. Sur « The Heavy Curtain », la basse et la batterie s’allient pour délivrer des vibrations incandescentes qui te choper le bas-ventre pendant que le King Dude chante une histoire d’amour triste. Ça devient enfin intéressant et… le concert se termine. King Dude nous salue d’un « God bless you, Lucifer’s the light of the world » un peu contradictoire, et c’est fini. Pas de rappel, il est déjà tard.

Conclusion, la prochaine fois, je m’informe sur les groupes de première partie pour éviter les contrastes trop violents qui mènent à un sentiment mitigé.

 

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