ITW avec Weddir de Moonreich lors du Hellfest 2016

vendredi/08/07/2016
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Propos de Weddir (guitare et chant) recueillis par Pish au Hellfest

ANR : Pour ceux qui ne sont pas encore familier avec Moonreich, pourriez-vous nous présenter le projet et son évolution ?

Weddir : Moonreich est projet que j’ai créé tout seul en 2008, c’était à la base un projet solo. En fait, j’ai commencé la musique en même temps que j’ai commencé Moonreich. J’ai découvert la guitare en même temps que j’ai composé le premier EP. Je l’ai enregistré seul dans ma chambre à l’époque et depuis, je reste le seul à composer. Il y a eu 2 EP et 3 albums depuis mais l’idée, c’est de ne pas rester cantonné au black metal pur et dur. Ça l’était au début si tu veux mais après, le but, ça a toujours été de faire de la musique, de l’art en général selon l’envie et sans se mettre de barrière d’aucune façon que ce soit. Toujours suivre les instincts, peu importe si ça reste dans les barrières du black ou pas. Le but, ça a été de toujours écouter mes influences, ce que j’ai envie de faire et c’est toujours le cas aujourd’hui. D’ailleurs aujourd’hui, ce n’est plus vraiment un projet solo vu que je suis entouré de musiciens et on fait du live depuis quelques années maintenant.

 

ANR : Pillars of detest, votre dernier album, est sorti il y a presque un an maintenant. Comment ont été les critiques et retours sur ce disque ?

Weddir :De ce que j’ai vu, c’était plutôt positif mais je ne suis pas quelqu’un qui va lire toutes les chroniques qui sortent non plus. J’entends surtout ce qu’on me dit et ça avait l’air plutôt bon. Je sais que les gens ont été un peu déroutés par le fait qu’on ai évolué en ajoutant des éléments extérieurs à la scène black. Mais globalement, les retours ont été très positifs. C’est toujours sympa comme reconnaissance.
ANR : Il y a-t-il un concept précis développé sur ce dernier album ?

Weddir : Non, par pour celui-ci mais les 2 premiers étaient des concepts albums qui suivaient une histoire. Pour le dernier, je suis parti dans une optique de flou artistique si tu veux. C’est-à-dire que, de la pochette, du visuel, des textes, le but, c’était de ne rien raconter d’explicite et de créer quelque chose qui soit ouvert et qui puisse laisser place à l’interprétation personnel. Les textes sont très ouverts et laisse la liberté d’interpréter les textes comme veut, comprendre les phrases d’une telle ou telle manière, etc. La pochette, c’est pareil : j’ai mon interprétation, d’autres ont la leur et c’était vraiment le but. Je voulais emmener les auditeurs dans un univers Glauque et dérangeant parce que c’est ce que j’aime et ce que j’ai envie de faire mais tout en gardant une place pour l’interprétation personnelle.
ANR : En 8 années d’existence, vous avez été très prolifiques avec 2 EP et 3 albums au compteur. Pourriez-vous nous décrire votre processus créatif ?

Weddir : Et bien, c’est assez anarchique en fait, il n’y a pas de règle, c’est comme ça vient en fait. Je ne mets pas de deadline ou de direction à suivre. Mes écoutes personnelles évoluent pas mal avec les années. J’écoute de tout et inconsciemment, je pense que je mixe tout ça. Aussi, l’inspiration, c’est pas sur commande, ça aussi ça vient comme ça vient. Mais je ne me force jamais. Si on en est là avec 2 Ep et 3 albums, il n’y a pour autant jamais eu de volonté de sortir à tout pris un disque. Je ne me dis pas « tiens, on a rien sorti depuis un moment, il nous faut un album dans 6 mois », ce n’est pas ça. Mais tant que l’inspiration vient, je continue à écrire et je ne me mets pas de limite en termes de musicalité. J’essaye de faire une musique de plus en plus évoluée et qui colle de plus en plus avec mes influences mais sans me fixer de limite de temps ou de moyens. Donc ça prend du temps et ça me convient très bien. Je n’ai pas de cadence fixe et on ne se forcera jamais.
ANR : Il y a-t-il de nouvelles directions musicales ou influences que vous souhaiteriez explorer avec Moonreich?

Weddir : Hum, je suis déjà en train de composer pour le prochain et ça va être un peu différent. Ce sera toujours du Moonreich mais avec pas mal d’éléments extérieurs. Mais encore, il n’y a pas de ligne directrice. Je ne me dis pas que je veux un album plus violent ou plus black, plus atmosphérique non, je prends les choses comme elles viennent. Mais je laisse murir, comme un bon vin tu vois, je fais des arrangements selon ce que j’ai envie d’entendre. Mais pour moi, la création, l’art en général, ça doit être totalement libre.
ANR : Vous êtes signés sur le label « les acteurs de l’ombre » pour la sortie du dernier album. Comment êtes-vous entrés en contact avec le label et comment se passe cette collaboration ?

Weddir : Pour l’instant, nous sommes avec LAO juste pour ce disque et on verra après. Je connaissais Gérald qui gère LAO et il m’a dit qu’il avait beaucoup aimé notre précédent disque sorti chez ATMF (label Italien) et il m’a demandé de le tenir au courant de l’évolution de l’album en lui envoyant des démos. Ça lui a bien plus et il y a eu une volonté naturelle de travailler ensemble et ça s’est fait comme ça, tout simplement. Et il n’y a pas eu d’accord pour un ou plusieurs disques. C’est un peu comme quand je compose, on prend ce qui vient et c’est au feeling.
ANR : Vous venez de jouer sur la scène temple du Hellfest. Vos sensations à chaud ?

Weddir : Et bien, c’est nouveau pour nous de jouer sur un gros évènement comme ça et c’est une belle reconnaissance. C’était inattendu et on est vraiment très content du concert. On a joué tôt à 11h et on a eu pas mal de monde par rapport à ce qu’on attendait. On avait un bon son, une bonne énergie et on a essayé de délivrer un set du mieux qu’on pouvait et en tout cas, on est satisfait.
ANR : En parlant de scène : avez un rituel particulier pour vous préparer avant un concert ?

Weddir : Pas vraiment. Chacun se concentre un peu à sa manière. Moi, je sais que j’aime être un peu dans mon coin, me recentrer sur moi-même et vraiment m’imprégner de l’ambiance. Je n’ai pas vraiment besoin de parler.

Mais on n’a pas de rituel commun spécifique avant de monter sur scène.
ANR : Vous avez récemment sorti un clip pour la chanson « long time awaited funeral ». Comment s’est déroulée la création de ce clip ?

Weddir : On a fait ça avec un réalisateur portugais qui s’appelle Guilherme Henriques. Il nous avait contacté par le net en nous disant qu’il était fan du groupe et qu’il aimerait bosser avec nous. On est allé voir ce qu’il fait et j’ai bien aimé sa vision artistique, notamment le clip qu’il a fait pour Belphegor. Du coup, on a dit oui et il est venu à Paris où il a tourné le clip. Je lui ai laissé carte blanche. Je lui ai envoyé la musique et les textes et je lui dis de s’en imprégner et ça lui convenait tout à fait. J’ai vraiment voulu, pour une fois, laisser quelqu’un d’extérieur apporter sa vision de Moonreich et je suis très satisfait du résultat. Ce n’est pas trop grandiloquent ni cliché, c’est assez sobre et c’est exactement ce qu’on voulait.

 

ANR : Quels sont tes projets pour les groupes dans les prochains mois ?

Weddir : On a encore quelques concerts à faire là et après, ça va être la composition du prochain album qui est déjà bien entamé. Et comme tout le reste, c’est au feeling, on verra ce qui se passe. La composition prendra le temps qu’elle prendra et l’album sortira quand il sortira. On garde la même méthode, on ne se fixe pas de date. Je ne fonctionne pas vraiment à long terme. Comme on l’a dit, ça vient comme ça vient.

 

ANR : En dehors de la musique, avez-vous d’autres activités artistiques ou êtes-vous inspirés par d’autres artistes non musicaux ?

Weddir : Personnellement, je ne me consacre qu’à la musique et ça me prend pas mal de temps. Pour les autres, c’est pareil. Avoie un groupe ça demande déjà beaucoup d’énergie et de temps. Mais mes inspirations peuvent venir d’ailleurs, d’un livre, etc. Par exemple, il y a un morceau sur le dernier album qui est inspiré de la peste de Camus.

Ça peut venir de plein d’œuvres différentes et je retranscris tout ça sous forme de musique. Mais je n’ai pas la fibre pour faire autre chose. Je ne suis pas un bon dessinateur, ni particulièrement bon comme photographe et ni un bon écrivain.

On ne peut pas être bon en tout même si j’aimerais bien ! Mais non, même pas en fait, se consacrer à la musique, c’est déjà très bien. On n’a pas le temps de faire autre chose.

 

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