Interview The Great Old Ones

vendredi/31/08/2018
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Art N Roll : Comme vous sentez vous après votre show au Hellfest ? (Ndlr, le groupe vient de sortir du temple)

Benjamin : Et bien on se sent plutôt bien. En fait, il y a un mélange de bien et de mal-être parce que c’est déjà fini. Ça passe très très vite mais c’était super, on a passé un très bon moment. Les gens étaient là et avaient l’air bien à fond en tout cas. Nous, on l’était, on avait mis les petits plats dans les grands avec plein de pieds de micros, de machins sur scène, bref, on a voulu faire un vrai show Lovecraftien. Et ça a eu l’air de toucher les gens. En tout cas, on a passé un très bon moment et là, on se sent bien. On était là depuis vendredi donc forcément, il y avait du stress mais là, tout se pose et on va pouvoir faire la fête !

 

ANR : Il y a-t-il des groupes que vous voulez voir ce weekend ?

Benjamin : Alors moi, il n’y avait pas de groupes que je voulais absolument voir cette année, je voulais être tranquille, sans me mettre d’agenda. Par contre, je suis allé voir Deftones et j’ai trouvé ça fantastique. J’ai adoré et ça m’a rappelé beaucoup de choses. J’ai vu Satyricon qui était très bien mais en Black Metal je n’ai pas vu grand-chose au final. Ha si, il y a eu ce groupe islandais dont j’ai du mal à prononcer le nom (nous prenons quelques instants pour chercher ensemble le nom sur le running order) : misþyrming ! C’était génial. Apriori, tout le monde connait déjà sauf moi, je connaissais de nom mais je n’avais jamais écouté. J’ai pris une claque et je vais aller écouter l’album, j’ai vraiment aimé.

 

ANR : Votre dernier album « EOD: A Tale of Dark Legacy  » est sorti début 2017. Comment ont été les retours sur l’album ?

Benjamin : Et bien écoute, ils ont été très bons ! C’était un pari, enfin pas un grand pari, ça reste du TGOO mais c’était un peu plus violent, un peu plus sombre, un peu plus direct avec une production plus violente. Mais les retours ont été plutôt très bons en fait, les gens y ont retrouvé cette ambiance qu’on aime développer. Cette ambiance un peu désespérée, très sombre et en même temps planante, c’est un peu le principe. Mais voilà, ça s’est bien passé, les morceaux marchent très bien en live. Je suis très content !

 

ANR : Vous avez changé un de vos guitaristes et membres fondateurs Jeff Grimal. Comment c’est passé son remplacement ?

Benjamin : C’était un gros changement mine de rien. J’avais commencé le projet tout seul au début pendant 2 ans en gros. Et Jeff était la première personne à m’avoir rejoint, c’était quand-même important. Par contre, de l’autre côté, c’est lui qui s’occupe de tous les graphismes. Et du coup quand il est parti, mine de rien, il a fallu revoir les choses. Avant, il y avait déjà eu des changements de line-up et c’est toujours humainement difficile à gérer. Mais il y avait des nouveaux qui arrivaient et ça fonctionnait. Là, il était guitariste/chanteur au même titre que moi et du coup, il fallait revoir et prendre une décision. Et je me suis dit que je n’avais pas envie de renouer quelque chose comme ce duo qu’on avait et j’ai préféré reprendre le chant lead tout seul avec les autres qui font du backing. C’est donc Alexandre Rouleau qui l’a remplacé et qui fait aussi des backing. Et ça s’est très bien passé, je le connais depuis des années, je sais que c’est un excellent guitariste et c’est plus facile avec quelqu’un que tu connais déjà, tu sais quelle ambiance tu auras avec lui dans le groupe.

 

ANR : Toujours à propos de Jeff, continuez-vous à collaborer avec lui pour l’aspect visuel du groupe ?

Benjamin : Tout à fait ! Quand il a annoncé son envie de partir, il m’a dit « je ne sais pas si tu seras d’accord, mais j’ai envie de continuer à faire vos graphismes » et je lui ai répondu que moi aussi, je voulais qu’il continue. Et donc on était juste d’accord, on va continuer à bosser avec Jeff. Autant musicalement, c’est un remplacement, autant il fait partie de l’univers visuel du groupe depuis le début et ce serait un non-sens d’arrêter de travailler ensemble, surtout qu’il en a envie. S’il n’en avait pas eu envie, je n’aurais pas bataillé pour le garder. Mais vu qu’une de ses craintes en partant, c’était de ne plus pouvoir bosser avec nous et que nous on était à fond, aucun problème ! Bien sûr qu’on va continuer ensemble.

 

ANR : Question « guitar geek » vous utilisez 3 guitares sur scène, ce qui est assez rare en Metal. Pourquoi ce choix ?

Benjamin : Quand j’ai commencé à composer tout seul, déjà à l’époque, je faisais 3 guitares. En fait, pour moi, à 2 guitares, il manquait toujours quelque chose. Je ne sais pas, il y avait un truc qui me manquait. Sur les parties où il y avait des leads, il manquait des mélodies, etc.
Quand Jeff est parti, on m’a demandé pourquoi je ne continuerais pas avec 2 guitares mais je compose toujours 3 guitares pour TGOO. C’est ça qui marche pour moi. Ça permet de développer des ambiances, un mur de son et sans faire dans la facilité. Il y a des moments où on joue tous la même chose, pour l’aspect massif. Mais très généralement, on est tous en train de jouer des parties différentes. Et c’est purement Lovecraftien aussi, c’est un mélange de plein de choses, c’est un chaos mais un chaos contrôlé. Le but c’est d’arriver à faire quelque chose de grand et je trouve que les 3 guitares permettent de faire ça.

 

ANR : Votre principale inspiration pour le groupe tourne autour de l’œuvre de Lovecraft. Comment intégrez-vous celle-ci dans votre musique ? (Uniquement les livres ? L’univers étendu ?)

Benjamin : Pour l’instant, ça reste vraiment sur les livres en eux-mêmes. C’est de la littérature Lovecraft pur et dur. Après, selon les albums, ça a toujours été un peu différent. Al Azif, le premier album, c’est plein d’histoires différentes et parfois inspirées un peu plus librement. Le morceau Jonas, c’était inspiré de l’histoire public de Jonas avec la baleine remplacée par une créature lovecraftienne. My love for the stars, ça parle du point de vue de Cthulhu.
Le 2ème album est inspiré directement des montagnes hallucinées, on n’a pas repompé le texte mais on suit le déroulement de l’histoire.
Et EOD, c’est une sorte de suite du cauchemar d’Innsmouth, la suite de l’histoire. Donc tu vois, c’est quand-même très basé sur les livres et pas sur ce qui a été fait autour. Ça influence forcement mais la base, c’est les écrits de Lovecraft.

 

ANR : Il y a-t-il quelque chose que vous n’avez pas encore fait avec le groupe que vous aimeriez faire ?

Benjamin : Alors il y a eu des choses qu’on a faites mais qu’on n’a pas montrées donc je ne te dirai pas ce que c’est comme ça tu ne le saurais jamais (rires !). Mais c’est difficile parce que ce n’est pas vraiment anticipé. Quand je compose mes morceaux, je peux me dire, tiens là, je vais mettre quelque chose de violent ou autre, mais le but, c’est de générer une émotion. Et je pars du principe que, vu qu’on se connait bien avec les autres membres du groupe, je pense que ça va les toucher. Et si ça le touche, ça va toucher aussi le public. C’est vraiment une question de ça en fait, je ne peux pas vraiment te dire car ce n’est pas réfléchi.

 

ANR : Quels sont les projets du groupe (tournée/album) ?

Benjamin : On a une belle tournée en Novembre avec Auðn d’une 15aine de dates qui passe par l’Allemagne, la hollande, la Belgique, l’Angleterre, la Suisse et la république tchèque.

 

ANR : Quel est votre souvenir de tournée le plus dingue ?

Benjamin : Le Motocultor festival l’année dernière, c’était particulier parce qu’on a joué à minuit sur la scène extérieure. Ça me faisait un peu peur car on était prévu sur la scène intérieure et j’avais peur qu’il pleuve. Et il a fait un temps magnifique, pas un nuage. Imagine une ciel étoilé ultime, la forêt derrière et sur le côté, la scène blindée et c’était magique. L’ambiance était fantastique.
Et si un jour on à l’occasion de jouer au Hellfest à 23h-minuit (peut-être que je rêve hein, que ça n’arrivera jamais), avec le nombre de gens qui viennent nous voir, il y a moyen de vivre une expérience vraiment particulière pour tout le monde, nous et le public.

 

ANR : Il y a-t-il une autre activité artistique (ou autre) que vous pratiquez en dehors du groupe ?

Benjamin : Alors, TGOO me prend beaucoup de temps mais je suis également guitariste live dans Au champs des morts. On a joué aux feux de Beltane il n’y a pas longtemps d’ailleurs. Je me suis vu proposer la place par Stefan, ancien d’Anorexia Nervosa et ce sont des gens adorables, j’ai pris beaucoup de plaisir à jouer avec eux sur scène et j’espère qu’il y en aura d’autres.
Et j’ai monté un projet qui s’appelle Mendeleiev qui est un projet Ambiant drone où je suis à la guitare et au clavier et un ami est à la guitare avec plein d’effets. Il faut qu’on trouve le temps de travailler mais on a fait il y a quelques mois un super évènement à Bordeaux. On a fait une lecture/concert dessiné de Lovecraft. Il y avait le dessinateur Aurélien Rosset, qui a sorti une BD qui s‘appelle Emprise, influencée par Lovecraft, qui a fait une exposition avec un comédien qui s’occupait des lectures (nyarlathotep, azathoth et je suis d’ailleurs) et donc Aurélien qui dessinait pendant qu’on a assurait la bande son.
Ça a eu beaucoup de succès, c’était bien blindé et on a passé un très bon moment, c’était très planant avec les histoires de Lovecraft et j’espère vraiment qu’on pourra le refaire.

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