Interview avec Septic Flesh lors de leur passage au Hellfest 2018

jeudi/09/08/2018
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Interview avec Seth Siro Anton (Bassiste/chanteur) au Hellfest 2018

 

Petit préambule pour montrer mon respect éternel au Sieur Seth pour sa sympathie et SURTOUT pour le fait qu’il m’apprend, juste avant de démarrer l’interview, qu’il s’est déboité l’épaule avant de commencer la tournée estivale. Nous avons donc ici un gars qui vient d’enchainer 2 festivals et assure sa tournée sans sourciller avec une épaule démise… Si ça ce n’est pas du dévouement pour son art, franchement…

 

Comment préparez vous votre show pour un festival comme le Hellfest ?

Eh bien, ce n’est pas si difficile. La chose la plus importante pour nous aujourd’hui au Hellfest va être de jouer le plus de morceaux possibles de l’album Codex Omega. Ce n’est donc pas très compliqué de créer une setlist autour de ça. Nous allons jouer un set d’environ 55 minutes axé sur Codex vu que nous sommes en pleine promo pour l’album et en jouer le plus d’extraits possible.

 

Vous tournez toujours avec un guitariste de session mais aura-t-on la chance de voir votre guitariste Sotiris en live avec vous ?

Ce n’est pas évident de tourner avec Sotiris car son travail l’empêche de se rendre disponible mais il est toujours impliqué dans la composition et l’écriture des paroles.

Et aussi, nous tournons avec le même guitariste de session depuis des années et nous avons une équipe vraiment soudée pour les tournées. Cela fonctionne bien et nous essayons de garder l’équipe live telle qu’elle est.

 

Vous avez intégré un nouveau batteur Krimh pour votre dernier album. Comment c’est passée son intégration ?

Oui, Krimh est un fantastique batteur ! Dès le début de son intégration, nous savions que nous avions un excellent musicien avec lui et lui avons dit que, s’il le souhaitait, il pouvait composer et nous proposer ses propres rythmiques. Il y a donc plusieurs parties qu’il a composées sur l’album Codex, par exemple sur le morceau « Gospel of fear ». Nous étions vraiment contents du résultat final. Son jeu est génial sur tout l’album, très solide, puissant et on peut vraiment entendre toute la dynamique qu’il apporte. Ce vraiment difficile de maintenir une qualité constante à chaque sortie. Avec SepticFlesh, nous essayons à chaque fois de proposer quelque chose de spécial et ce depuis l’album Communion.

Comment se passe votre processus de composition pour intégrer l’orchestre dans votre musique ?

C’est principalement Christos (Antoniou, guitare) qui s’occupe des orchestrations. Je vais essayer de décrire rapidement le processus de préproduction : chacun d’entre nous travaille dans son coin car nous préférons composer séparément. Il faut voir SepticFlesh comme un grand moteur. Nous en sommes les petites parties et une fois tous ensemble, ça donne la grosse machine.

Sotiris (Vayenas, guitare/chant clair), Krimh et moi sommes responsables des parties Metal, avec guitare basse, batterie, etc. Chris quant à lui, compose au piano. C’est plus tard dans le processus que nous réunissons tout. Par exemple, j’ai amené la chanson « Martyr » et mon frère (Chris) a apporté l’orchestre. Et pour « Portrait of a headless man », Chris a apporté les notes du morceau au piano et j’ai rajouté les parties Metal.

Donc voilà comment ça se passe en résumé, nous mélangeons nos capacités respectives toutes ensemble. Une fois à la fin du processus avec le résultat final, Chris s’occupe des derniers arrangements pour l’enregistrement avec l’orchestre de Prague.

 

Vous parlez beaucoup de mythologie dans votre musique, notamment de mythologies historiques mais aussi littéraires comme Lovecraft. Comment intégrez-vous celles-ci dans votre musique ?

Quand tu veux exprimer quelque chose, faire passer un sentiment, tu as une mission. Pour SepticFlesh, les paroles sont très importantes. Nous choisissons de parler de grands moments historiques vécus par de grandes civilisations (Sumérienne, égyptienne, etc.). La raison principale de cela, c’est que nous pensons que, dans ces civilisations spécifiques, des choses se sont passées il y a 10.000 ans, avant Jésus-Christ. De grandes choses sont arrivées là.

Et l’humanité, depuis l’air primitif d’Homo Sapiens, a créé les Ziggurat, les pyramides, les civilisations, l’architecture, la Science, etc. Ensuite les grecs sont arrivés et ont amené la philosophie, la démocratie et tout le reste. Au final, nous pensons que nous avons plein de grands trésors très bien cachés dans l’ombre et nous voulons les faire ressortir.

C’est notre mission : découvrir, libérer, décoder les traditions cachées dans ces cultures.

 

Comment travailles-tu le visuel du groupe ? Pendant la composition, avant ? Après ?

Ça se passe pendant la composition. C’est comme un bon vin. Nous préparons le raisin et nous attendons. Lentement, la musique et le visuel du groupe se mélange. Et je suis très chanceux car j’aime ce que je fais et parce que ce n’est pas très commun de pouvoir jouer de la musique, créer son art visuel (photo, peinture, etc.) et pouvoir les mélanger ensemble. Et ça me permet de me sentir mieux en tant que personne, c’est très important pour moi.

 

Il y a-t-il quelque chose que vous n’avez pas encore fait avec le groupe que vous aimeriez faire ?

Il y en a encore beaucoup que nous voulons faire et que nous ferons avec SepticFlesh. Nous voulons faire encore plus d’albums, de festivals, de tournées en Europe, en Amérique, en Amérique du sud… Partout dans le monde ! Et le plus important c’est d’avoir l’inspiration.

Si jamais nous sentons un jour que l’inspiration n’est plus là, nous arrêterons.

Quels sont les projets du groupe (tournée/album) ?

Pour l’instant plusieurs choses sont en cours de négociation. Nous avons déjà booké une belle tournée en Russie et nous avons aussi une tournée exclusive pour la France. Et peut-être au Royaume-Uni. Nous devrions aussi tourner aux USA et en Amérique du sud. Et ensuite, on enchainera sur l’album suivant.

Quel est votre souvenir de tournée le plus dingue ?

Je pense que c’était à Montréal pendant une tournée de 2 mois avec Cradle of Filth en pleine hiver. Il faisait -35°c et nous tournions dans un petit van. Nous n’avions plus d’électricité et étions quasi morts de froid.

Aussi une autre fois, en tournée avec Behemoth aux USA, nous avons été bloqués par un blizzard dans une station-service pendant 2 jours. C’était comme dans un film, on ne pouvait pas sortir ou on risquait de mourir emporté par le vent et la neige.

Voila mes 2 plus gros souvenirs de tournée, les plus dangereux aussi !

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