Interview Oceans of Slumber janvier 2018

samedi/10/02/2018
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Avec Cammie Gilbert, chanteuse du groupe. 

 

Art n’ Roll :  “The Banished Heart” est votre 3ème album. Pouvez-vous décrire le contexte de sa création?

Cammie : « The Banished Heart »  a pour origine quelque chose de très personnel et délicat pour le groupe. Ayant eu une année de turbulences en termes de relations et de vie, Dobber (batterie et piano NDLR) et moi avons reçu la responsabilité du thème de cet album et nous avons abordé le champ de nos expériences communes, non seulement pour nous deux mais aussi pour tous les membres du groupe. La vie en tournée peut être difficile, en plus de tout ce que la vie peut te faire subir. Nous avons choisi de faire ce voyage le long du chemin de l’exil et de revenir avec un aperçu des rouages de ce qu’a pu vivre un cœur banni.

AnR : Quels sont les mots-clés de cet album ?

C. : Exil, abandon, désespoir, désir, espoir, retour.

AnR : Comment décririez-vous le trajet du groupe jusqu’à maintenant.

C. : Le groupe a la chance de connaitre une trajectoire globalement ascendante. Nous avons notre lot de revers et de déceptions, mais nous sommes confiants dans le fait que chaque sortie surpasse la précédente, mettant en lumière de nouveaux fans et de nouvelles facettes du groupe et de ses qualités dynamiques.

AnR : Il semble que vous ayez fait un long voyage depuis les débuts du groupe en 2011. Comment le ressentez-vous ?

C. : Nous avons l’impression que tout est arrivé assez vite, une sortie d’album, écrire un nouvel album, un nouvel album à sortir, nouvelles tournées, nouveaux clips à réaliser…. Il y a tant de créativité dans tout ça qu’il n’y aura probablement pas assez de temps pour tout en comprendre.

AnR : Il semble que la dualité vous inspire : esprit vs cœur, réalisation vs auto-destruction, musique classique vs Metal. Est-ce que vous ne voyez le monde qu’en noir et blanc ?

C. : Je crois que le contraste est le meilleur compliment parfois. En art, c’est captivant de jouer avec les extrêmes, encore plus quand on peut les faire travailler ensemble. En tant que musiciens, si nous ne comprenions pas tout ce qui se joue entre les deux, nous ne saurions pas manipuler les deux extrémités. Le monde n’est pratiquement jamais en noir et blanc, vrai ou faux, fort ou doux. Nous marions ce genre de dualités pour accueillir les nuances et les atmosphères les plus subtiles.

AnR : Comment avez-vous choisi le titre “The Decay Of Disregard” comme 1er single?

C. : On a voulu faire simple. C’est le 1er titre de l’album.

AnR : C’est assez impressionnant que vous ayez créé un tel album en termes de durée et de puissance, en si peu de temps. Comment l’avez-vous conçu ? 

C. : L’histoire de sa fondation est entièrement basée sur nos expériences personnelles. Au moment de chercher l’inspiration pour les paroles, j’ai dû regarder en moi-même et inspecter des écrits qui s’étaient accumulés au fil du temps. Faire preuve d’introspection pour raconter une histoire qui t’est arrivé la rend personnelle et réelle. Nous sommes des musiciens à l’esprit très affairé, ayant toujours beaucoup de chansons en attente, ou moi-même avec des écrits qui s’empilent. Quand nous passons à la création d’un album, les choses se construisent vite et avec une précision émotionnelle. Pour dessiner l’histoire de The Banished Heart, nous nous sommes concentrés sur un personnage principal dont l’exil et le voyage dans les ténèbres étaient le fil directeur de l’album. Son chemin dans les forêts de l’esprit et du cœur passe d’un morceau à un autre, et l’entièreté de son conte se retrouve dans le morceau-titre. Son histoire est marquée par l’exil, le désespoir, le désir, la perte, l’espoir, l’amour et le retour.

AnR : Cammie, à propos de la féminité, il semble que vous donniez à votre public l’image d’une femme forte, mais sans imiter la force masculine. Il semble que cette femme puisse être vulnérable sans être une victime. Est-ce le cas ?

C. : Mon intention est d’être une personne de qualité. En comprenant mes propres forces et faiblesses, je prends en compte ma féminité également. Si je peux être forte sans être intimidante, et bien c’est un bon équilibre selon moi. Si je peux me montrer vulnérable émotionnellement sans paraître faible, et bien je trouve cela gratifiant également. Je cherche à être la meilleure personne que je puisse être, non seulement pour le visage qui me regarde dans le miroir, mais pour tous ceux qui s’aventureraient à en apprendre plus sur moi ou à explorer mes centres d’intérêts.

AnR : Vous serez en tournée avec Epica en avril, est-ce qu’il y aura également une tournée pour « The Banished Heart »?

C. : Oui ! Nous sommes en train de négocier plus de dates, mais je ne peux rien dire pour le moment. On est juste super excités à l’idée de sortir « The Banished Heart » bientôt et de prendre la route pour le partager avec tout le monde.

Merci !

 

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