Interview avec le groupe Red Mourning au Hellfest

vendredi/31/08/2018
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Art’N Roll : J’étais à votre release party le 23 mars dernier qui fut un franc succès selon moi, comment vous l’avez vécu de votre côté ?

Aurélien : On a énormément kiffé cette date, beaucoup de gens avaient fait le déplacement et les retours ont été très positifs. D’après les gens nous avons franchi un palier, le travail se ressentait surtout au niveau des chants. C’est peut être un des meilleurs concerts que l’on ait fait.

 

ANR : Alexandre, c’était ton premier concert avec Red Mourning, quelles ont été tes impressions ?

Alex : Pour moi c’était une date extrêmement importante à diffèrents niveaux car cela faisait plus d’un an et demi que je n’étais pas monté sur une scène et ça me démangeait sévère. L’euphorie est le mot qui résume bien cette date pour moi.

 

ANR : La release était il y a presque trois mois, quoi de neuf depuis cette belle soirée ?

Seb : Quelques dates qui se sont concrétisées pour la fin de l’année que l’on a bien hâte de faire. On bosse pas mal sur des morceaux en acoustique en ce moment pour diversifier un peu les propositions de dates.

 

ANR : On vous retrouvait en mars après quatre ans d’absence, pourquoi ce délai entre chaque album ?

JC : On a habituellement trois ans entre chaque album et pour celui-ci on a changé de guitariste donc cela nous a pris du temps de trouver la bonne personne car on a eu besoin de temps pour voir si on s’entendait bien musicalement et humainement. Ensuite, il a dû apprendre le set live et aussi à jouer des instruments qu’ils ne connaissaient pas comme la lap-steel.
En gros, tout cela a pris du temps, d’où l’année de retard. Sinon, le processus de composition, de préparation, d’enregistrement de l’album, il y a certes des choses à en dire mais ça s’est plutôt passé assez normalement.

Seb : Le changement de guitariste a été un sacré truc parce qu’on avait composé une partie de l’album et que l’on composait avec lui. Il a fallu qu’on finisse de composer l’album sans lui, ce qui n’est pas forcément une mince affaire car il a un peu mis sa patte sur tous les albums et là on a du trouvé un moyen de coordonner un peu tout ça.

Aurélien : En effet, ça a été un peu difficile et ça a pris du temps. On a donc pris un guitariste pour l’enregistrement et ensuite on a encore changé pour la scène. Double mérite pour Alex qui du coup, n’a enregistré aucun morceau et a dû tout apprendre pour la scène et s’approprier les morceaux.

 

ANR : Je vous découvrais lors de votre release et j’ai trouvé que votre son était assez varié.

Aurélien : Au fur et à mesure des albums on a essayé de proposer quelque chose de varié mais quoiqu’il arrive, être sur que ce que l’on fait sur album, soit possible en live.

 

ANR : Du coup, avec un style aussi varié, comment préparez-vous votre setlist tout en gardant une cohérence ?

Seb : Tout ça c’est beaucoup de boulot lors des répétitions, on teste pleins de setlists différentes. De base, on se prend déjà beaucoup la tête sur l’album pour organiser les morceaux et les assembler de façon pertinente et fluide, on essaie de retranscrire ça dans le set. Les premières fois que l’on a fait ça, ça a été des accouchements difficiles mais je pense qu’avec l’expérience on arrive à présent à cerner plus facilement ce qu’il faut pour proposer un set diversifié en termes d’énergie et d’ambiance.
On peut aussi avoir plusieurs sets à proposer en fonction des endroits ou même des groupes où et avec qui on va jouer, mais aussi de la durée du set.

 

ANR : Vous parlez de votre envie de faire de l’acoustique, qu’est ce qui vous donne envie de vous lancer là-dedans, quelle est votre motivation ?

Seb : Sur nos albums il y a toujours eu des interludes pour aérer un peu les albums entre les morceaux très Metal. Il y a presque trois ans, on a fait une tournée et comme toute tournée, on a des jours off et on peut essayer de caler des dates un peu différentes dans des bars où l’on accueille pas forcement des musiques amplifiées du coup on a proposé un set acoustique sur lequel on a travaillé et on a bien kiffé l’expérience donc on a essayé d’adapter les morceaux dans une optique de set acoustique et on a poussé un peu plus loin en se disant que pourquoi pas faire carrément des morceaux acoustiques et en faire un EP.

Aurélien : En plus, il y a un truc vraiment intime quand tu fais un live acoustique, tu n’as pas les saturations pour te cacher et ça laisse encore plus de place à l’interprétation et vu que l’on aime tous chanter c’est vraiment une nouvelle expérience assez cool.

 

ANR : Vous travaillez depuis vos débuts avec Francis Caste, est-il le 5ème membre du groupe ?

JC : Plus le 6ème car on a Fabien notre ingé son. Francis est super, il est drôle, il est psychologue car il sait gérer les gens, il a une super culture musicale, il est force de proposition et surtout il est investi. Du coup, quand on bosse avec lui on a encore plus envie de se dépasser.
Je te confirme qu’il est considéré comme un membre du groupe car il propose énormément de choses, il est très créatif et c’est vrai qu’après quatre albums, on se connait bien à présent du coup on perd moins de temps à expérimenter car on se connait bien.

 

ANR : Et si vous passez en acoustique, ça va devenir une nouvelle aventure, comptez-vous garder Francis ?

JC : Pour être honnête, je n’en sais rien. A défaut je dirais oui mais après on ne sait jamais. Vu que l’expérience acoustique est neuve pour nous ça peut être une manière de tester de nouvelles choses avec de nouvelles personne ou même le faire nous-même éventuellement.

 

ANR : Du fait de votre nom mais aussi de votre musique, vous vous inscrivez comme un groupe mélancolique, quelles sont vos inspirations ?

JC : Il y a la musique et il y a les paroles. Pour les paroles, je m’occupe de la composition, je les écris séparément de la musique, un peu au fil de l’eau et il s’agit principalement de mon ressenti personnel, quelque chose qui me marque, une impression forte donc oui c’est souvent des émotions négatives car c’est qui me fait le plus réagir. Une fois les paroles écrites, on compose la musique tous ensemble. Je vais piocher dans les textes pour que ça se marie bien avec la musique. Même en phase de compo musicale on a toujours en tête les paroles et donc ça oriente forcement vers une ambiance un peu triste.

 

ANR : Il y a une tournée en fin d’année, que pouvez-vous m’en dire ?

Seb : C’est francophone, on a quatre dates en France et une date en Belgique. On va passer par Nancy, Lille mais aussi au Mennecy Festival qui est un super festival, c’est notre premier passage à Mennecy. Notre date en Belgique est au MCP Apache ou on a déjà joué et on a quelques potes sur place donc on a hâte de les retrouver et on finit à Poitiers.
Sinon on continue de bosser avec des gens pour nous aider à trouver des dates pour l’année prochaine.

 

ANR : En revanche, entre votre musique ou même le nom du groupe qui sont un peu mélancoliques, sur scène c’est totalement l’opposé, vous paraissez tellement heureux, c’est très contrasté.

Alex : C’est vrai que sur scène je suis très expressif et encore à la release j’étais plutôt canalisé par rapport à d’habitude.

Seb : Si tu as trouvé que l’on avait la banane sur scène et que c’était communicatif, c’est vraiment cool. Perso, composer c’est bien, enregistrer, je ne suis pas fan mais être sur scène c’est vraiment ce que je kiffe le plus et si ça se voit, tant mieux.

 

 

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