Interview du groupe Los Disidentes Del Sucio Motel

jeudi/27/07/2017
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Art’N Roll : Commençons par parler de votre passage d’hier. Vous aviez déjà joué au metal corner précédemment, cette année vous ouvrez la Valley, comment ça s’est passé et comment avez-vous préparé votre show ?

Nico : C’était un concert épique, on ne s’attendait pas à autant de monde aussi tôt et apparemment tout le monde s’était donné le mot au camping pour répondre présent. Merci à tous les gens qui se sont déplacés et qui étaient chauds comme la braise.

Dany : Au niveau de la préparation de notre passage, on a essayé un peu de condenser et aussi vendre notre nouvel album, on y a inclus un petit morceau un peu heavy  issu de notre album précédent et une petite reprise sur la fin pour bien marquer les esprits. La tournée que l’on avait faite précédemment nous avait pas mal préparé à se mettre en confiance sur ces nouveaux morceaux même, si on est jamais vraiment prêts à faire ce genre de scène. On a été accueillis royalement, tout le monde s’est mis en quatre pour nous aider. Ce n’est pas tous les jours que tu fais une scène comme celle de la Valley. D’ailleurs quand on a dit à nos potes qu’on allait de nouveau jouer au Hellfest, en leur disant qu’on était en stress, ils nous ont répondus que c’était tout simplement un concert de plus et dans le fond ils avaient raison. Tu es censé maitriser ton sujet, donc au final, c’est un concert de plus, mais c’est juste impressionnant de par la dimension.

 

ANR : Et sinon, pouvez-vous me présenter Los Dissidentes Del Sucio Motel ?

Greg : On a commencé en 2005, au début c’était un groupe récréatif et au fur et à mesure que nos groupes respectifs s’arrêtaient ce groupe est devenu un peu plus permanent. On a sorti un premier album en 2010, un second en 2013 et « Human Collapse » en septembre 2016. Pour le moment, nous sommes toujours sur la promo de cet album. Le line-up du groupe n’a pas changé depuis les débuts du groupe et notre style musical a évolué ces dernières années, car avant on était vraiment influencés par des groupes comme Queen Of The Stone Age. Avec le temps et l’écriture des différents albums, le style a évolué. Il est de plus en plus travaillé, plus d’arrangements, plus de voix et je pense qu’aujourd’hui on peut plus trop parler de stoner, mais plus de stoner prog même si c’est dur de mettre une étiquette sur notre son.

 

ANR : Et pourquoi avoir choisi un nom de groupe à rallonge ?

Romain : Au tout début du groupe on cherchait un nom qui collait à l’univers du groupe et on voulait absolument un nom avec une consonance espagnole pour le côté Nouveau Mexique. On voulait le mot « motel » dedans. A l’époque c’est la mère de Balou, le bassiste, quand il est parti en répète, elle lui a demandé avec qui il répétait et il a répondu « les dissidents » et du coup on a construit le nom autour de ça.

 

ANR : Qu’est qui vous a donné envie d’évoluer musicalement ?

Nico : C’est un processus qui s’est fait naturellement grâce à la composition. Sur cet album, c’est assez significatif car on s’est posé beaucoup moins de questions dans le sens où on ne s’est pas demandé si on pouvait se permettre de faire les choses. Quand on a écrit le premier album, on était jeune et on cherchait l’énergie avant tout. L’album avait été enregistré en une semaine, ça avait été fait un peu dans l’urgence. Le deuxième, on a voulu faire les choses un peu plus sérieusement mais au moment de la composition, on a composé pleins de morceaux en en jetant certains et en se disant qu’ils n’auraient pas leur place sur cet album. Cela dit, on a bien fait car « Arcane » est un album cohérent je pense. Par contre, sur « Human Collapse » on s’est moins posé de questions du style « si on place tel riffs ou tel pattern de batterie comme cela est-ce que ça ne va sonner trop punk ou trop metal ». Le truc qui nous a guidé c’est l’histoire, donc une fois que l’histoire était posée, la thématique était là. C’est l’histoire du personnage qui a guidé la composition et qui a guidé l’atmosphère qui se dégage des morceaux, c’est la première fois que l’on travaille comme ça.

 

ANR : L’album est sorti depuis fin 2016, y’a-t-il des morceaux qui ont rencontré un grand succès lors des concerts et vous ne vous y attendiez pas ?

Nico : Je dirais un particulièrement, pour nous c’était un morceau que l’on aimait bien, mais que l’on pensait très alambiqué et pas forcément très accessible. Il s’agit de « Border ». C’est le morceau le plus violent de l’album et on s’est dit que ce côté hardcore ne plairait pas forcement aux gens et finalement, si. Sur toutes les reviews de l’album ce morceau s’est clairement démarqué. C’est un peu la pierre angulaire de l’album. En live c’est aussi quelque chose qui marche, c’est une chanson qui est vachement scandée.

Greg : Sur cet album pour ma part c’était « Determination » que j’aimais un peu moins à cause de la prod’ mais quand on a rajouté la vidéo (on a une vidéo qui passe derrière nous lors des lives), ça donne une autre dimension à la chanson quand c’est live. Visuellement c’est une des chansons qui a le plus d’impact et au final elle est remontée dans mon top  des chansons.  C’est une nouvelle histoire d’amour qui commence avec cette chanson.

 

ANR : L’album a presque un an, est-ce que vous commencez à travailler pour un nouvel album ?

Nico : On a processus d’écriture relativement long, parce que nous sommes assez perfectionnistes et on fait tout dans les règles de l’art. C’est-à-dire on bosse au clic durant les répètes, on note nos propres tablatures avant de rentrer en studio, du coup, c’est quelque chose qui demande beaucoup de travail. Jusqu’à maintenant, même si ce n’est pas l’envie qui en manque, on n’a pas eu le temps de se remettre à bosser sur des compos. Avec l’été on va clairement s’y remettre et on va commencer à composer mais dans les priorités de l’année, on a d’abord : enregistrer deux reprises en version studio, une de Massive Attack : « Teardrop » qui est un morceau que l’on jouait sur la tournée d’ « Arcane » et qui avait de bons retours à chaque fois donc on s’est dit que ça serait cool de l’immortaliser sur bande. Il y aura aussi un morceau de Pink Floyd : « Welcome To The Machine » qu’on a joué justement au Hellfest et ça a bien marché. On a eu une proposition de mettre ce morceau sur une compil qui devrait sortir début d’année prochaine qui sera une tribute à Pink Floyd et il y aura un disque qui sera une reprise intégrale de « The Wall » et un autre disque additionnel avec des reprises sur l’ensemble de la carrière et nous on sera sur le deuxième disque.
Dans les envies prochaines, on a aussi potentiellement envie de faire quelque chose d’acoustique parce qu’on a toujours joué en acoustique, mais on n’a jamais rien mis sur bande et on se rend compte qu’on a des morceaux qui fonctionnent super bien en acoustique. Alors, est-ce que l’on écrira des nouveaux morceaux ou est-ce que ce sera des réinterprétations des morceaux déjà existants, on en sait pas encore mais l’envie est là.

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