Interview avec le groupe KONTRUST

dimanche/03/12/2017
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Un septuplé d’Artistes éclectiques qui mélangent les genres et qui portent si bien leur nom! Ils sont sincèrement drôles et n’hésitent pas à flirter avec l’absurde. Leurs spectacles sont complètement déjantés et leur style musical très original. Ils viendront vous faire un show très prochainement les 12 et 13 décembre 2017 à Paris et Strasbourg. Ne les manquez pas, vous allez bien vous marrer!

 

Krapule: Que signifie le nom KONTRUST, pourquoi avoir choisi ce nom?

Mike: Kontrust c’est un  jeu de mot, en Allemand il y a le mot «Kontrast», c’est comme le blanc et le noir ou comme dans les poèmes: il y a le ciel sombre et la lune brillante, c’est un autre contraste. En gros c’est toujours deux choses qui sont complètement opposées, deux mots totalement différents mais qui finalement se complètent. C’est pour ça que nous avons choisi ce nom. Cela nous permet de faire toutes sortes de trucs fous sans que personne ne s’en étonne! (rires)

 

Krapule: Qu’est-ce qui vous a poussé à former ce groupe?

Mike: Nous étions tous des adolescents, c’était il y a longtemps, c’était…

Krapule: Quand vous aviez seize ans?

Mike : En fait c’était il y a encore plus longtemps. C’était même 5 ans avant! On était des gamins qui voulions faire de la musique. C’était un réel besoin pour nous tous donc on a décidé de former ce groupe. On a commencé à jouer en studio de répétition et bon…Evidement on fumait, buvait et on prenait plein d’autres choses pour s’éclater. (rires) Et vers 2001, on a atteint notre but car ça nous plaisait et les gens aimaient, donc on a continué. Mais c’est vers 2005 qu’on a finalement atteint le véritable point de départ. C’était comme un alignement de planètes le jour où notre chanteuse Agata est venue! En fait, à cette époque, on cherchait une seconde voix masculine. On était pas décidé tout de suite à prendre une chanteuse; mais elle a insisté et envoyé un mail «Je ne suis pas un mec mais j’aimerais chanter avec le groupe!». Elle est venue, est entrée dans la salle de répétition et ça a été tout de suite l’alchimie donc on s’est dit: «Ok c’est parti, faisons-le!»… Et puis, quand tu as 6 mecs et une jolie femme qui chante vraiment très bien, évidement que cela fonctionne! Nous ne savions pas encore à cette période-là que ça allait marcher mais ça l’est devenu rapidement.

 

Krapule: Vous semblez issus d’univers différents, quelles sont vos influences musicales?

Mike: C’est une très longue liste, on a 7 personnes dans le groupe et forcément tout le monde a des influences différentes. On aime évidemment tous les grands groupes de Métal «classiques» comme Iron Maiden, Megadeth et Metallica. Mais il y a aussi Rage against the machine, Incubus   et même Jamiroquai ou JestoFunk. Sinon en Jazz il y a Diana Krall et on écoute même du Hip Hop! Agata adore le Hip Hop, elle a toujours aimé des groupes comme Wu Tang Clan ou des trucs dans ce genre. Donc, nos inspirations, ça comprends tout depuis Wu Tang jusqu’à Megadeth! Finalement c’est tout ce que l’on écoutait quand on était adolescents, avant 1995 à peu près. A cette époque chacun avait son groupe préféré et pour nous sept ça touchait beaucoup de styles. Et puis il y a eu les années 90: une période Dance assez kitsch avec par exemple: Two Unlimited et d’autres groupes qu’on trouvait intéressants. On voulait faire un mix de tout ce qu’on connaissait, un truc original avec un soupçon de folie évidemment! Donc au final quand on a assemblé le tout, c’est devenu KONTRUST. Par contre nous sommes tous des amoureux de la musique et on ne s’arrêtera jamais de dénicher des nouveautés

 

Krapule: On sent un changement de style musical entre vos deux premiers EP et la suite. Aujourd’hui, votre style est défini comme du CrossOver: Heavy Métal, Pop Rock et aussi Dance! Pourquoi ce choix de mélange musicaux aussi différents, d’où vient cette idée de varier les genres, de mixer tous ces sons?

Mike: On est 7 membres dans le groupe avec des habitudes bien ancrées, et chacun essaie de rivaliser avec l’autre en tentant d’imposer son idée. Malgré ça, on arrive toujours à avoir un truc en commun et des envies similaires donc on se donne à fond et on continuera tant que chacun s’éclatera à faire la musique qui lui plaît.

Evidement en session d’enregistrement, il y a forcément 5 ou 6 compos qui ne te font pas vraiment planer et il y aura toujours une chanson sur l’album que tu n’aimeras pas trop, c’est normal. Mais on arrive à dépasser ça et c’est précisément cela qui nous réunit! Dans le groupe, on fait en sorte que tout le monde aime ce qu’il fait, non pas seulement pour jouer de la musique mais pour la vivre et pour l’apprécier car c’est ça l’essentiel. Nos 3 derniers albums dont « Explositive« sont beaucoup plus Pop que l’ancien «We!come Home» ou que les 2 Eps. Quand Agata est arrivée, elle a apporté certains éléments Pop vraiment très bons! Mais ça n’a jamais été planifié d’être si diversifié puis c’est devenu un atout car c’est ce qui nous distingue aujourd’hui. Avoir une étiquette c’est une base mais si tu joues du Rock-Métal et que tu choisi de faire de la musique différente que tu t’éloignes trop de ton style, les gens diront: «Qu’est-ce que c’est? Pourquoi ils ont fait ça?»Tu te souviens de Parkway Drive, ils ont fait un album intitulé «Atlas», qui était audacieux mais les fans l’ont détesté, les amateurs du genre Métal-Core n’ont pas compris. Par contre, ce qui est génial pour nous c’est qu’à l’inverse si nous choisissons un riff de guitare puissant mélangé à du Folk-Yodel, nous pouvons nous le permettre. L’harmonie est là et c’est ça qui compte! Les gens qui aiment la musique l’écoutent avec leur cœur.

 

Krapule: En plus de votre style musical très original, vos costumes ne sont pas vraiment «Rock N’Roll’» Pourquoi porter des vêtements folkloriques? Auriez-vous aussi une mentalité «Punk» et puis surtout beaucoup d’humour?

Mike: En 2009 on avait fait une chanson nommée «Bomba» et nous n’avions pas d’argent. Seulement 500€ pour tourner la vidéo ce qui j’avoue n’est rien! Je peux avoir un appareil photo pour le même prix! (rires!) Nous avons donc trouvé une équipe pour réaliser la vidéo et on a eu une idée toute simple… Tu sais quoi, en Allemagne ou en Autriche il y a de la musique folklorique et le «Schlager» qui est un peu plus moderne mais c’est toujours la même chose: très joyeux, très cliché, tout est beau et parfait! Le truc qui te donne envie d’éclater ta TV quand tu le regardes! C’est des grands shows de musique populaire qui durent 8 heures (Mike sort un râle de dégoût: «Argggg!»). On a toujours détesté ce genre de chose mais on s’est dit: «Tu sais quoi? Faisons-le dans le clip!» En fait, si tu le regardes sans le son, ça ressemble à ça: un truc absurdement naïf et joyeux! C’était une défi pour nous et les gens ont carrément aimé. La vidéo est devenue si populaire que les fans sont venus à nos concerts habillés en costumes traditionnels donc on s’est dit «Si ils le font, nous devons le faire aussi!». Alors qu’à la base on l’avait fait juste pour un clip et d’ailleurs on a essayé de faire quelque chose de complètement différent ensuite mais les fans n’ont pas du tout aimé. Il n’y avait donc plus de retour en arrière possible, on ne pouvait plus changer ce look traditionnel typique car les gens adoraient ça et c’est pour cela qu’on joue en habits folkloriques. Alors qu’en fait ça venait juste du simple fait que nous avions un tout petit budget et qu’on voulait faire quelque chose de drôle et de décalé pour «Bomba», les fans ont adhéré et maintenant pour nous, c’est devenu notre marque de fabrique.

 

Krapule: Vos paroles sont la plupart du temps en Anglais mais vous chantez aussi dans d’autres langues, pourquoi ce choix?

Mike: En fait, c’est surtout parce que certains mots sonnent mieux dans une langue alors que dans une autre ça devient horrible, c’est pourquoi nous utilisons beaucoup de langages différents, on a du Polonais, de l’Espagnol et évidement Anglais et Allemand… Par exemple, pour le titre “Bomba”, en Allemand ça aurait été aussi laid qu’en Anglais donc on a préféré l’Espagnol, la sonorité était meilleure. Nous ne sommes pas du genre à faire ça pour paraître plus intelligents ou plus instruits. C’est uniquement parce que c’est plus harmonieux, tout simplement.

 

Krapule: Formé en 2001, depuis 16 ans vous avez fait une brillante carrière, vos titres comptabilisent jusqu’à 5 million de vues et vous avez gagné 2 récompenses c’est-bien cela?

Mike: Oui c’est bien ça!

Krapule: Seulement 2 prix ça m’étonne?

Mike: Et bien en Autriche, il n’y a que 2 récompenses majeures à remporter les: Austrian Newcomer Award et  Amadeus Austrian Music Award, c’est similaire aux Grammy’s Américains. Il me semble que c’est en 2005 ou 2006 qu’on l’a obtenu. Puis on a été nominés 5 ou 6 fois non pas parce qu’on nous aimait mais surtout par obligation: nous vendions tellement d’albums que forcément on nous a nominé. Les organisateurs ne voulaient pas nous donner cette récompense parce que les groupes de Rock, ils n’aimaient pas trop. Certains de nos potes ont eu les mêmes problèmes, toutes les musiques en Autriche sont acceptées sauf le Rock ou le Hard-Rock! Évidement nous sommes très reconnaissants de les avoir eu mais ce n’était pas un choix délibéré par les membres d’un jury, c’est surtout parce que nos fans ont achetés nos albums et c’est grâce à eux que nous avons remportés ces récompenses.

 

Krapule: Et malgré ce succès, vous avez gardé la tête sur les épaules et les pieds sur Terre?

Mike: On essaie, évidemment de garder les pieds sur Terre! Bon, j’admets que ça fait bizarre de rentrer chez soi après avoir joué de nombreux concerts. C’est comme un rêve où on doit se pincer pour savoir si c’est réel et tu te réveilles le lendemain matin, tu regardes par la fenêtre et tu te dis «Est-ce que tout ça est vraiment arrivé?» C’est étrange quand tout s’arrête car tu réalises que c’était tellement un truc de dingue que ça te fout sur le cul! Mais tu sais, ce n’est pas aussi si facile que ça (Mike claque des doigts) même si on s’éclate on travaille dur et si on ne garde pas un minimum la tête sur les épaules on finira par prendre de la drogue et ça ne fonctionnera plus. Le seul et unique «médicament» que nous consommons c’est l’alcool!(rires)

 

Krapule: Votre prochain album sort en 2018, vous en êtes-où dans l’avancement, une idée de la date de sortie?

Mike: Pour l’instant ça reste approximatif car on est en pleine composition. On rassemble nos quelques 120 idées et essayons de les assembler correctement. C’est beaucoup de travail! L’écriture est en cours et nous aurons probablement 10 ou 12 chansons vers la fin de l’année, mais selon le matériel et les locaux à disposition, nous enregistrerons sûrement vers avril et ça devrait être finalisé en septembre 2018.

 

Krapule: Pourquoi autant d’attente entre l’album “Explositive” et celui d’avant?

Mike: Tout d’abord, avant qu’on ait fait «Explositive» on a eu «Time to Tango» (2009) puis «Second Hand Wonderland» (2012) donc on a travaillé non-stop pendant 5 ans et puis, on a réalisé qu’il fallait faire une pause…On s’est autorisé du temps entre les tournées, on a des enfants et on vieilli!(rires) Il n’y a pas qu’Agata qui en a eu un, il y a eu aussi trois des membres du groupe!

On ne voulait pas que l’un d’entre nous deviennent dingue ou quitte le groupe donc on s’est dit: «Doucement, on va calmer le jeu!» Sinon ça va imploser, c’est pour ça qu’on a ralenti le rythme.

Mais maintenant qu’on a retrouvé notre équilibre, ça devenait vital de sortir du nouveau, on savait que nos fans étaient impatients.

 

Krapule: Toujours chez Napalm Records?

Mike: Oui, toujours chez Napalm Record et ça va rester ainsi pendant longtemps parce que c’est un très bon partenaire et ils ont tout un réseau bien établi et puis on s’amuse bien. On a pas du tout à se plaindre à collaborer avec eux!

 

Krapule: Prêt pour jouer vos 2 prochaines dates en France?

Mike: Bien évidement et on a beaucoup travaillé pour ça, et puis on adore l’interaction avec le public en live et d’ailleurs je trouve que c’est encore mieux en concert qu’en festival. Les fans sont là, chantent avec nous et ça devient plus qu’un spectacle c’est une véritable fête! On veut vraiment que les gens s’éclatent autant que nous et participent au show, que ça devienne un truc de fou!

Tu sais finalement que tu t’es donné à fond parce que c’est comme après avoir fait du sexe: tu es épuisé mais tu te sens super bien et je pense que si tu ressens ça après le concert, c’est qu’il était parfait! C’est exactement ça notre intention.

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