Interview du groupe Hangman’s Chair

lundi/23/04/2018
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ANR: Votre album est sorti aujourd’hui c’est ça?

Mehdi: C’est la sortie française aujourd’hui.

 

ANR: Il y a aussi un clip qui est sorti ce matin?

Mehdi: On a tout balancé, on va tout vendre!

Julien: Naïve

Mehdi: 04/09

Julien: le Naïve, c’est le premier morceau qu’on a sorti en extrait de l’album …

Mehdi: en exclu, il y a une semaine ou deux semaines

Julien: … Il devait arriver plus tard mais le dernier clip qu’on a sorti ce matin c’est 04/09

Mehdi: 04/09/16 qui est sorti aujourd’hui.

 

ANR: Qu’est ce ça signifie cette date pour vous ?

Mehdi: Alors tu commences assez fort l’interview !(rires) Non en fait, c’est une date qui a été assez marquante pour nous sur les deux dernières années entre this is (this is not supposed to be positive, précédent album) et maintenant pour la préparation de l’album. L’un d’entre nous a eu un problème de santé donc il a fallu avoir ce déclic si tu veux. Ça nous a donné un déclic pour composer l’album et qu’on en fasse quelque chose de beaucoup plus personnel. Donc cette date-là a été une sorte de déclencheur pour commencer à parler de choses plus personnelles que … Tu vois euh voilà! Quelqu’un d’entre nous a eu un problème de santé et donc du coup, ça nous a permis un peu … Il fallait marquer cette date avec ce morceau-là.

Julien: Ça rapprochait plein d’autres titres, d’autres thématiques dans l’album. Comme Naïve, ça parle de quand tu essayes d’arrêter tes vices et quand tu y es à fond deux semaines après… Ça parle aussi des angoisses qui sont systématiques. T’arrives pas à t’endormir, à dormir, t’as toujours peur de cet état de crispation. Et pour nous, au niveau des textes, c’est là que tout est parti en tout cas voilà. Ça a été vraiment un truc pour débuter tous les textes.

 

ANR: Et donc justement, de quoi parle l’album?

Mehdi: Bah je te dis, comme on est parti de thématique beaucoup plus personnelle, choses qu’on avait pas trop trop fait à l’époque, ça parle du passage aux 40 ans, un peu d’angoisse, ces crises d’angoisses qu’on peut avoir, d’addictions comme d’habitudes, ce rapport très fragile à la vie, des rapports humains… Voilà, ça englobe un petit peu tout ça.

Julien: En gros, l’angoisse, le terme c’est vraiment le mot angoisse qui était déjà préparé avec …

Mehdi: Avec ce qui s’est passé …

Julien: …Et aussi on approche la quarantaine, on a plus le même corps

ANR: Ah ouais vous êtes si jeunes que ça? (rires)

Julien: Ouais tu vois, on n’a plus 20 ans, tu fais plus ce que tu veux de ton corps…

Mehdi: Le corps, le cerveau et le cœur suivent plus pareils

Julien: Voilà ça fait partie d’un ensemble et voilà, c’est aussi l’angoisse du citadin. Ça résume un peu tout ça quoi.

Mehdi: Cette espèce de jungle qui te pousse aussi un peu à bout, tout va très vite, machin … Donc plus ça va moins tu arrives même à t’en foutre quoi, tu t’en fous beaucoup moins. Tout devient de plus en plus oppressant et plus compliqué à gérer mentalement, ça parle de ça.

 

 ANR: Question un peu con, dans Naïve au début, on voit des gros bâtiments, sur la pochette de l’album également. C’est où?

Mehdi: oui sur la pochette, c’est une vieille photo en fait que notre illustrateur nous a proposé au moment de nous faire la pochette et cette une photo qui a été prise par un ami à lui dans les années 80 au moment où c’était genre le ghetto de Nanterre, c’est la cité Pablo Picasso à l’époque de la construction. Cette photo elle est tellement parlante tu sais avec cette espèce de pavillon de banlieue entouré de déchets, de machins avec la cité qui pousse …C’était exactement pour montrer cette espèce de folie urbaine qu’il y avait dans les années 80-90 voilà, donc c’était intéressant de le marquer quoi.

 

ANR: Et c’est super rigolo parce qu’en fait, quand j’ai vu les tours qu’il y a derrière, j’ai une pote, elle habite là (rires)

Mehdi: t’as reconnu alors!

 

ANR: J’étais pas sûr à 100%, c’est pour ça que je me demandais mais oui j’ai reconnu, j’ai une pote qui habitait dans ces tours-là.

Julien: C’est pour ça que c’est important pour nous parce que c’est très franco-français, tu vois ce que je veux dire. Toi ça te parle, pour toi ça a du sens!

ANR: Ouais complètement!

Julien: Toi ça te parle, ça t’évoque un souvenir, un machin. Ça va concerner beaucoup de monde

Voilà, ça va parler aux français. Pour beaucoup qui ne connaissent pas le truc de Pablo Picasso, ils vont trouver ça … Ils vont dire « ouais c’est une photo de banlieue, c’est une photo à la Renaud » …

Mehdi: C’est ce qu’on a cherché à faire en fait… avec cette pochette, vraiment de faire ressortir cet univers, univers contrasté, très noir et blanc Banlieue rouge de l’époque, c’est ce qu’on a décidé de travailler …

Julien: de connoter « français ».

Mehdi: D’où le titre en français, c’est important, tu ne pouvais pas mettre le titre en anglais sur cette pochette.

 

ANR: Et donc, vous avez signé chez un tout petit label il y a pas longtemps?

Mehdi: Chez Music Fear Satan pour la France oui.

 

ANR: Comment ça s’est passé et qu’est-ce que ça change pour vous?

Mehdi: Tu parles bien de Music Fear Satan, le label français pour la sortie française? Tu parles de l’autre?

 

ANR: Je parle des 2

Julien: Music Fear Satan, on a fait this is not chez lui et comme ça a bien marché, il a vraiment voulu s’investir et construire un projet avec nous. Maintenant c’est lui le producteur et il a l’album. Et ça s’est important pour nous et …

Mehdi: Il en a fait sa sortie principale, il a investi et …

Julien: … Simplement il est confiant, il nous fait confiance et du coup, on est au bon endroit. Déjà on était content parce que ça montre qu’il y a quelqu’un qui tient à toi et qui veut te mettre en avant.

Donc ça c’est pour la France et on est en discussion avec un plus gros label étranger.

Mehdi: Ça va nous permettre d’avoir une plus grosse visibilité donc là je croise les doigts, normalement c’est très bien parti, on attend encore les contrats, ça sera pour une sortie en mai donc voilà, j’espère que ça se fera.

Ça va vraiment déclencher le truc qui nous manquait, de sortir de France et de se faire connaître ailleurs, d’avoir le monde beaucoup plus exposé donc bien sûr et Music Fear Satan a très bien compris, donc tout est bien ficelé, ça travaille bien.

Ça va être un joli tremplin pour nous en tout cas, c’est en train de se faire et donc on est vraiment heureux quoi! Une espèce de « step » pour nous, c’est vraiment ce qui nous manquait.

ANR: Je vous souhaite que ça marche les enfants !

Mehdi: Bah ouais tu m’étonnes!

 

ANR: Et donc bon bah là, ce n’est plus le premier album avec Cubi et donc, depuis qu’il est arrivé avec le recul, qu’est ce qui a changé dans le groupe?

Mehdi: Il est arrivé sur « leaving Paris », c’était il y a 4 albums et y a beaucoup plus de série limitée, on a réussi à trouver un petit peu plus son univers, sa texture, sa tessiture de voix. Il a réussi à progresser énormément parce qu’il ne chantait pas à l’époque, il était guitariste dans son ancien groupe donc on savait que c’était un bon chanteur mais pas plus que ça, donc on a travaillé, on a réussi à trouver exactement sa vraie tessiture de voix…

Julien: Il s’est affiné et je pense qu’il a même trouvé son style.

Mehdi: On était dans le mimétisme quoi, il était dans le mimétisme …

Julien: Il a un style de voix qu’on aime beaucoup et c’est un peu le style de chanteur qu’on aimait quoi. Mais c’est vrai que maintenant il a vraiment trouvé un truc vraiment plus personnel, une voix, une espèce de sensibilité qu’il a à lui. En plus toi tu le connais…

 

ANR: Je ne sais pas du tout qui est cette personne! (rires)

Mehdi&Julien: (rires)

Mehdi: C’est le maire de Bastoche alors tu dois le connaître!

Julien: Je pense que toi aussi ça te parle, tu vois comment il est et je pense qu’il arrive à transmettre la sincérité un peu exacerbée qu’il a, à être là quoi. Je pense que c’est important pour nous, au-delà du fait que c’est un très bon chanteur, quand tu lui demandes de faire une note, il la fait sans problème mais le plus important là-dedans c’est qu’il retransmette l’émotion.

Mehdi: Et là on y arrive, on y arrive maintenant sur ces deux albums-là en tout cas, il a réussi à trouver vraiment son truc.

Julien: Nous on peut le coacher de temps en temps, mais il y a des trucs, il n’y a que lui qui peut le faire et je pense que là, ça peut arriver à des trucs vraiment chouettes.

 

ANR: Est-ce que vous pouvez me parler un peu du split avec Greenmachine?

Julien: En fait nous on était en tournée avec Arkangel, lui il était au Japon, il a appris qu’on était dans un concert. Donc on discute, c’était au moment de This Is Not et je lui file un CD de This Is Not et il me dit « Mon pote dans Greenmachine, ils vont se reformer, c’est un groupe qui existait dans les années 90, je vais leur refiler 2 boites de CD ». On revient en France et je reçois un message « J’ai écouté ton CD, c’est chanmé, c’est cool!». Direct j’ai demandé s’ils allaient se reformer, on peut faire un split ensemble et c’est parti de là. Les mecs ont super kiffés, du coup c’est un peu donnant-donnant parce que, nous on leur fait un peu de publicité en Europe et pour nous… Ça s’est passé très naturellement quoi, on les a pas rencontré ! (rires)

Mehdi: Je les ai pas vus encore, je suis parti au Japon il y a un mois et j’ai même pas réussi à les voir, ils jouaient dans le sud du Japon et j’ai pas pu aller les voir quoi mais bon ça se refera ! Là ils passent en avril en Europe, ils ont 5 dates un truc comme ça.

Julien: Et en plus de ça, ce split là c’était très important pour nous, c’était l’intermédiaire entre This Is Not et Banlieue triste, on a pu tester plein de chose sur ce split. Comme le titre Can’t Talk, il y avait le côté beaucoup plus froid qu’on n’avait jamais fait, un truc très gothique et tout … et c’est là-dessus qu’on a pu vraiment se tester. Ça fait partie de l’évolution pour arriver jusqu’à Banlieue triste.

ANR: Et pour Banlieue triste, avec les deux bonhommes James et Marc, comment vous les avez rencontré … comment s’est passé… Pourquoi vous avez pensé à eux?

Mehdi: Alors, ça s’est fait de différentes manières les deux mais je vais commencer par le plus simple, c’était celui de Marc, c’était un morceau qu’on avait proposé du coup, on cherchait vraiment à avoir un morceau instrumental avec une espèce de guitare criarde tu sais, un peu soliste et je t’avoue qu’on n’est pas non plus très fort là-dedans et on avait vraiment envie de collaborer avec lui.

Julien: Surtout depuis le début, ça fait longtemps qu’on veut collaborer avec Mongolito ou Wolvenest … un split ou quoi et c’était … Ça avait pas pu se faire encore et du coup là, on avait ce morceau-là qu’on pouvait faire avec lui parce qu’il fallait la place d’un guitariste soliste, que je ne suis pas, et là ça pouvait marcher.

Mehdi: et du coup avec James de Perturbator, c’était autrement. C’était une connexion vu qu’on est sur le même roster du même tourneur. Ils étaient en tournée et on a causé via notre tourneur pour une collaboration, parce que j’aimais bien ce qu’il faisait et il aime bien Hangman’s Chair. Donc, c’est parti d’une blague, on était en plein studio, on n’était pas prêt du tout pour faire un morceau avec lui mais…. Il a fait « OK je suis chaud ! ». Quand il est rentré des États-Unis, il est passé, on a parlé 2 secondes, 24h après on lui a filé un morceau qui n’était pas du tout enregistré ni préparé, il a fait « OK » et 24h après, il nous a ramené des pistes, on a fait « bon bah vas-y mortel ! ». Il a tout de suite compris l’univers, un truc à la Type O Negative, il nous a fait «  ça vous va? – mais ouais bien sûr ! ». On ne voulait pas du tout un truc du tout à la batterie, électro… Ça n’allait pas pour nous. Du coup il a mis tous les effets qu’il faut tout ça et ça marche très très bien. On a réenregistré, on a reposé la batterie, on a tout refait, on a pris un peu de retard dans le studio mais c’est pas grave parce qu’on savait très bien que le morceau, il fallait qu’il soit dans l’album donc c’était une super collaboration aussi.

 

ANR: c’est top ça!

Mehdi: ouais carrément!

 

ANR: Il y a la release party le 4 (mai) à La Maroq’ …. (La Maroquinerie)

Mehdi: ouaiiiis

 

ANR: Il y a le Download aussi …

Mehdi: On fait le Download aussi ouais

 

ANR: Bande de petits veinards

Mehdi: Ouais pour tous les campeurs! (rires)

ANR: Et vous avez d’autres dates de prévu ou pas encore?

Mehdi: Il y a genre 17 dates de prévu à peu près. On démarre à Toulouse, après il y a en France, une date en Allemagne, une date en Suisse, une date en Belgique, 2 ou 3 dates en Angleterre ….Et voilà, pour l’instant c’est les premières dates annoncées pour la sortie de l’album vu qu’il fallait vraiment avancer sur la sortie française qui était le 9 mars.

Julien: C’était vraiment les premières dates faites avant la sortie de l’album. Ce qui est important c’est la sortie de l’album pour que ça ramène d’autres dates.

Mehdi: C’est important, là déjà le tourneur est déjà en train de bosser pour à partir de septembre, on va laisser passer cet été parce qu’il y aura pas d’autres festoch à part le Download, c’est déjà très bien et donc on aura l’occasion de faire une belle belle tournée, je pense pour l’année prochaine. Ça va s’annoncer en plus avec l’arrivée, du coup, du label etc… Il y a pas mal de trucs qui vont se débloquer je pense, il y a de fortes chances, c’est en pourparlers.

 

ANR: On va être obligé encore d’entendre parler de vous, merde ! (rires)

Mehdi: Bah ouais qu’est-ce que tu veux … Les mecs ils le disent, le meilleur groupe français c’est comme ça!(rires)

Julien: Je pense que les gens vont en avoir marre ouais

Mehdi: ouais c’est normal mais tant mieux, il faut qu’ils écoutent de la bonne musique, c’est bien…

 

ANR: Justement en parlant de ça, ce matin il y a ce truc-là qui est sorti sur Noisey, ça fait quoi de lire ça?

Mehdi: (rires) C’est un média qui nous a toujours suivi et donc est content des retours parce que quand tu fais un album, il y a des bons retours, là on est sort un nouveau, c’est pas sûr que les gars ils te suivent encore quoi. Donc je suis assez content qu’il y a encore du retour comme New Noise ou Noisey qui nous ont toujours soutenu, rapport qualité, produit promo qu’on leur balance, ils te le balancent, ils en font un truc et donc ils nous soutiennent vraiment quoi. J’ai l’impression que ces médias-là, Noisey et New Noise, ils nous ont vraiment dépannés…

Julien: Sur l’effet boule de neige, donc tu vois que ça commence à …

Mehdi: … qu’Hangman’s Chair prennent un peu petit peu et que ça arrive un petit peu dans l’oreille des gens et que ça fait une considération, je pense que ça a aidé.

Julien: Je pense que … On parle à la …

Mehdi: Toi on t’a pas demandé ce que tu penses déjà! (rires)

Julien: On parle aux gens de notre âge, maintenant ils sont devenus journalistes et ils comprennent nos influences. Genre des trentenaires un peu passés … voir même quarantenaires …

 

ANR: T’es en train de sous-entendre que je suis vieux? Salaud (rires)

Julien: (rires) … Genre quadra et maintenant je pense que notre musique passe bien parce que les gens qui chroniquent … sont de notre génération quoi.

Julien: Après pour en revenir à la une de Noisey qui dit « le meilleur groupe français en activité »

Mehdi: On leur a soufflé ! Mais c’est le style de Noisey de mettre des encarts comme ça, genre un peu …

Julien: Pour que les gens fassent « CLIC »

Mehdi: On appelle ça de la pute à clic (rires) Et c’est ça qui est bon, j’aime bien cette méthode-là.

Julien: Ça va, je pense qu’après il y aura du gros rageux, on sera peut-être le groupe à détester.

 

ANR: Ah c’est pas déjà fait ??

(rires)

Medhi  Si si (rires) Allez on finit là-dessus ..« c’est pas déjà fait? Clic » ça s’est parfait !

 

 

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