Interview du groupe Deflesher

lundi/21/05/2018
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Art’N’Roll : Première question : pouvez-vous vous présenter ?
Arthur: Arthur, je suis le guitariste depuis le début du groupe.
Flo : Flo, je suis le deuxième guitariste du groupe.
Adrien : Moi c’est Adrien, je suis dans la formation depuis fin 2013 – début 2014,  je suis bassiste.
Yann : Et moi c’est Yann, je suis le batteur de Deflesher, j’ai créé le groupe avec Arthur.
Dim : Et pour finir moi c’est Dim, chanteur, j’étais aussi présent au tout début.

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ANR : Alors, vous êtes tous pour la plupart de Rambouillet : c’est assez incroyable cinq musiciens de Rambouillet qui se réclament de… la Floride ! Pouvez-vous nous expliquer ce choix ?
Arthur: (Rires) : On s’est tous rencontrés au Lycée, majoritairement, le fait que l’on soit tous de Rambouillet et alentours est le fruit du hasard, qui effectivement fait bien les choses. Et le fait qu’on se revendique « Floridiens » c’est parce que c’est notre façon de composer et dans les riffs qu’on sort. Nos principales influences viennent de là-bas.

ANR : Comment vous êtes-vous rencontrés ? « Salut, j’habite à côté de Rambouillet et je fais du Death de Floride » ?
Dim : Nous écoutons tous les mêmes groupes. Nous sommes tous de la même génération…

ANR : Alors « génération », précisez-bien ?
Dim  : Génération 90…
Yann : J’ai rencontré Arthur dans un Pub, peu après nous nous sommes retrouvés dans sa cave afin de jouer des plans guitare-batterie.

ANR : Quels types de plans ? Les Rolling Stones ?
Arthur : Ha nooooon !
Yann : Nos influences communes : le Death Metal. Nous avons d’abord fait un simple bœuf, j’ai demandé à Arthur : « Fais-voir ce que tu sais faire », il a commencé à produire quelques riffs et je l’ai suivi à la batterie, ça a tout de suite collé.
Arthur : Le Feeling est de suite passé… Et les autres sont progressivement arrivés.
Dim  : Je les ai rejoints dans la cave d’Arthur, je sortais d’un autre groupe. Nous avions tous envie de faire du Death ensemble. Nous avions les même goûts, les mêmes Feelings, le même humour. Nous nous connaissions mais sans être tout le temps fourrés ensemble, après un premier projet d’ailleurs avorté.

ANR : Ce qui frappe, c’est la parfaite cohésion entre vous sur scène : vous fonctionnez comme un seul homme, comme une armée…
Yann : Cela vient de nos compos, et de la façon dont on les répète : nous bougons tous aux mêmes moments, aux mêmes passages, c’est une mécanique automatique.
Arthur : Nous composons tous ensemble.
Dim : Nous sommes tous d’accord il n’y a pas de Chef, OK les autres (Rires) L’un apporte une idée, puis on bosse en groupes séparés et on assemble.

ANR : Est-ce que le genre que vous pratiquez est un genre à Chef ? Parmi vos idoles ?
Arthur : Cannibal Corpse clairement, nous savons qu’une grosse partie est composée dans l’arrière-boutique par le bassiste.
Yann : Cannibal Corpse est notre principale source d’inspiration.

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ANR : Vous avez sorti votre premier album, « Ossuary », il y a un an. Le prochain c’est pour quand ?
Arthur : Nous comptons le sortir en 2019. Il est en cours de préparation, nous avons deux morceaux d’achevés, mais nous ne nous donnons pas de délai, cela nous ferait bâcler le travail.

ANR : Nous sommes le 8 mai 2018, vous jouez au Klub avec deux autres groupes (NDA : Degial et Taphos) lesquels sont étrangers, les connaissez-vous ?
Dim : Pas personnellement.

ANR : Je reviens là-dessus : pourquoi la Floride et pas la Hollande ou la Suède ?
Arthur : Parce que c’est la naissance du Death, c’est le plateau principal du Death US.

ANR : Et vos prédécesseurs en France ? Je pense à Massacra, les avez-vous rencontré ?
Adrien : Massacra, je m’en suis un peu occupé au Fall of Summer lorsque je bossais en tant que responsable des artistes, quand a été organisé le « Tribute to Massacra ». C’était un pilier du Death Metal dans l’Hexagone.  Groupe hyper important.

ANR : Massacra vous a-t-il influencé ?
Dim : Absolument, même si je ne peux parler à la place des quatre autres membres. Comme disait Arthur nous avons des lignes directrices : Deicide, Morbid Angel, Suffocation…
Arthur: Obituary…
Dim : Obituary, j’ai beaucoup écouté. Il y a aussi une grosse partie de l’Europe de l’Est qui nous influence, par exemple Vader, il y a aussi Behemoth, je suis ultra fan d’Azarath. Certains d’entre nous sont dans le Death pur et dur, d’autres aiment le Grind, les scènes Suédoise, Norvégienne, le Black, nous mélangeons tout cela. Nous ne nous revendiquons pas spécialement de la scène Française, car celle-ci est plus technique avec des lignes de guitare mélodiques, comme l’a pratiqué Loudblast, et que nous avons écouté en étant jeunes.

ANR : On revient au mot « jeune », lorsque Loudblast et les autres groupes Français ont lancé leur truc, vous aviez deux ans. Comment des jeunes gens ayant grandi dans les années 2000 ont-ils pu se piquer au Death des années 1990, un genre quasiment obsolète à cette époque ?
Arthur : Justement, on a voulu remettre cela au goût du jour. Arrivés sur le marché dans les années 2010, nous nous sommes dit que le Detah Metal dit « Old School », malgré son ancienneté, étant encore actuel, nous avons mis un coup de fraicheur…

ANR : C’est quoi « mettre un coup de fraicheur » ? C’est d’avoir un chanteur qui a des Dreadlocks ?
Dim : (Rires) C’est parce que c’est ma nature de cheveux et que je voulais porter des Dreadlocks. Après, j’ai grandi en écoutant beaucoup de Neo-Metal… Je suis très fan de Korn.

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ANR : Cela se voit dans ton jeu de scène…
Arthur : Effectivement, lorsque Loudblast et la scène Française étaient à leur apogée, nous sortions tous de la Maternelle. Vers 2010, même s’ils tournaient encore, on en entendait plus vraiment parler, et nous avons voulu remettre ce genre au goût du jour…
Dim : Il y a des groupes de Death qui marchent vraiment aujourd’hui. Il y a Gojira, qui est l’exemple typique de la formation qui a explosé, y compris à l’international. Nous considérons Gojira comme un groupe de Neo Death, ce qui n’est pas forcément le genre que nous aimons, à l’exception de leur premier album. Gojira a ensuite évolué, pour pratiquer un genre plus ambient. Pareil pour Gorod, qui est dans un style un peu plus technique, avec des moments presque « Jazzy », que l’on n’entend pas souvent dans le Death Metal. Il y a aussi Benighted, plus Death-Grind, il y a enfin Hypno5e qui sont plus ambient. Tout cela reste du Death, mais pas celui que nous avons écouté étant ados, celui qui nous a accroché aux tripes.

ANR : Quelle serait donc la différence entre le Death et le Neo Death ?
Deflesher : (Brouhaha collectif)
Yann : Le Neo Death est plus saccadé, le Death est plus régulier dans les rythmes.
ANR : Arch Enemy pour toi ?
Yann : Arch Enemy pour moi, c’est du Melodeath.

ANR : Vous n’aimez pas le Thrash Metal ?
Deflesher : AH SI !!!
Arthur: Certains de nos riffs sont influencés par Slayer. On pourrait d’ailleurs être le maillon manquant entre Slayer et Cannibal Corpse. Pas au niveau notoriété bien sûr, mais en tous cas au niveau style.

ANR : Avez-vous rencontré vos idoles ?     
Arthur : J’ai rencontré les deux guitaristes de Cannibal Corpse, que je considère comme mes deux mentors, lors de leur passage à Paris. Nous avons eu une discussion très intéressante, portant notamment sur le matériel, les tournées et les concerts.
Flo : Je me référence beaucoup plus à la musique de mes idoles qu’à leur personnalité au quotidien. Les rencontrer n’est pas quelque chose que je vais rechercher, je n’aurais pas grand-chose à leur dire, hormis le fait qu’ils m’ont influencé et que je les respecte énormément.
Adrien : je rejoins Florent, pourtant lorsque j’étais responsable d’artistes au Fall of Summer, j’ai vu passer devant moi un paquet de groupes en coulisses, mais je ne peux pas me permettre de leur tenir la main en leur disant qu’ils m’ont influencé. Tu fais ton taf, tu dis : « Merci, ça m’a fait plaisir de te rencontrer ». En dehors de cela, j’ai participé à une Masterclass avec le gratteux de Gojira, qui était hyper intéressante.
Yann : Moi, je n’ai rencontré personne, à par les voir de loin. En plus, je ne sais pas parler un pet d’anglais, ce qui est galère (Rires)
Dim : Napalm Death quand ils sont passé à la MJC de Rambouillet. Super détendus, on a pu parler gestion de leurs vies, des tournées, de comment ils voient les choses. J’ai croisé les autres de loin, mais je ne suis pas un Fan. Ado, j’ai eu une dédicace de Rammstein. J’ai croisé Behemoth, Gojira…

ANR : Très important Gojira pour vous, en dépit du fait que vous êtes un groupe de Brutal Death… Une sorte de paternité… Vous avez la chance dans votre génération d’avoir des références Françaises comme les frères Duplantier, qui sont connus à l’international…
Deflesher (Adrien) : Je suis d’accord avec toi, Gojira je les ai vus au Brutal Assualt (NDA : en République Tchèque) il y a deux ans, et je me suis dit : « Putain, ce sont des gars qui ont commencé vers Bordeaux et tu les vois en Europe Centrale ! ». Ils font des tournées avec Metallica maintenant, ils ont pourtant démarré de rien du tout. Lors de la Masterclass dont je t’ai parlé tout à l’heure, il nous a expliqué chopper du raisin dans les vignes pour manger. Désormais il possède son appart’ à New-York !
Arthur : On aimerait tous avoir le même Cursus que Gojira.
Dim : On ne fait pas la même musique non plus, et nous n’avons pas forcément le même objectif qu’eux. Ce que nous aimons dans le Death de Floride, c’est l’ambiance sinistre, voire lugubre, la lourdeur des guitares et des riffs, le coté mid-Tempo lancinant.

ANR : Le côté martial aussi…
Arthur : Nous l’avons recherché. Une musique assez simple et efficace, le Headbanging.
Flo : Cela peut paraître étrange, mais avec Arthur on communique à travers nos guitares, on se parle. Nous avons du Groove. Le côté Riff organique, entrainant et puissant.

ANR : Pour finir, quelles sont vos professions respectives ?
Arthur : Je suis joaillier…

ANR : Logique pour un guitariste…
Arthur : Je répare des guitares aussi…
Flo : (Rires) Je suis opticien.
Adrien : je suis assistant d’éducation.
Yann : Vendeur menuiserie.
Dim : Informaticien.

ANR : Que des orfèvres. Merci les gars.


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Concert de Deflesher au Klub

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