Interview avec Elliot Vernon du groupe Alestorm

dimanche/09/07/2017
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Quelques heures avant leur concert sur la scène de la Temple, Elliot Vernon du groupe Alestorm répondait aux questions d’Art N Roll.

Art N Roll : Bonjour ! Quel effet ça fait d’être de retour au Hellfest ?
Elliot « Windrider » Vernon : C’est génial, j’adore le Hellfest. Les gens sont fous ici.

 

ANR : Il y a deux ans vous aviez donné un concert incroyable. Il y avait tellement de monde sous la tente du Temple pour venir ramer avec vous. Je pensais que vous seriez sur une Mainstage cette année.
Elliot :  Je sais ! On a un meilleur horaire que la dernière fois, on est tête d’affiche sur notre scène, mais la dernière fois c’était plein à craquer. Il n’y a aucune raison pour que l’on ne joue pas sur une Mainstage. On joue en même temps qu’In Flames, alors peut-être qu’ils nous prendront une partie de notre public. On verra ça dans 4h !

 

ANR : Tu vas faire quoi pendant ces 4h ? Vous êtes arrivés en France aujourd’hui ?
Elliot : J’espère ne pas faire 4h d’interview, ce serait horrible ! (rires) il faut que je mange, c’est important ! On est arrivé ce matin, on a atterri à Paris, ça prend un peu de temps pour venir jusqu’ici ! En plus ce soir on enchaine avec 10h de route pour aller jouer dans un autre festival en Allemagne à 3h de l’aprem.

 

ANR : Pas le temps de boire des coups alors !
Elliot : Je suis en train de boire maintenant ! Mais non, il faut savoir rester sain de temps en temps.

 

ANR : Vous venez tout juste de sortir un nouvel album « No grave but the sea », accompagné d’un clip très drôle. C’est également un premier album avec votre nouveau guitariste. Que peux-tu nous en dire ?
Elliot : Notre nouveau guitariste n’a pas participé au processus de composition à part quelques solos de guitare. Je compose tout avec Christopher. Par contre, il est vraiment plus talentueux que le précédent, ce qui nous permet de composer des choses plus complexes. Par exemple, sur le titre « To the end of the world », on retrouve des passages de guitare très compliqués. C’est aussi plus sympa au sein du groupe, et ça se ressent dans l’album.

 

ANR : Avez-vous l’impression d’être devenu un groupe plus « mainstream » avec cet album ?
Elliot : Tout à fait, et c’est intentionnel. Notre musique est vraiment de la pop déguisée sous des airs de Metal. Mais si on ne garde que les mélodies on se rend bien compte à quel point c’est pop. Tu entends le refrain une fois, et tu le connais déjà par cœur. Tu écoutes l’air et tu le gardes en tête toute la journée, c’est le principe de la musique pop.

 

ANR : En parlant de musique pop, pourquoi avoir voulu reprendre le morceau « Hangover » ?
Elliot : On l’a entendue à la radio et on s’est dit « mais c’est un morceau d’Alestorm ! » (rires). Un bon morceau peut se faire dans tous les genres, et « Hangover » c’est un bon morceau. Inversement quelqu’un pourrait reprendre des morceaux d’Alestorm comme « Drink » et les transformer en morceaux pop, jazz, ou autre et ça resterait un bon morceau.
Je pense que les chansons que fait Alestorm peuvent toucher des personnes qui n’aiment pas le Metal grâce à ce côté très pop. C’est quelque chose d’important pour nous. On n’essaie pas d’être un groupe d’Heavy Metal.

 

ANR : Comment est-ce que l’on en vient à rejoindre un groupe de Metal pirate ?
Elliot : Accidentellement ! (rires) En fait c’est une longue histoire qui remonte bien avant mon arrivée dans le groupe. Ils avaient monté un groupe et avaient un morceau qui était un peu pirate. C’était de loin le morceau le plus populaire, alors ils se sont dit qu’ils avaient trouvé un filon et qu’il fallait écrire plus de morceaux sur les pirates. Et en quelques instants ils avaient signé sur un gros label, s’habillaient comme des pirates, et tu connais la suite. C’est cool !

 

ANR : Un pirate préféré ?
Elliot : J’aime beaucoup ceux de Pirates des Caraïbes. Han Solo aussi, c’est vraiment mon pirate préféré. (rires)

 

ANR : La pochette de votre dernier album ressemble beaucoup à l’univers de Pirates des Caraïbes.
Elliot : Oui, on doit garder cet univers pirate sur nos pochettes, mais c’est là que ça s’arrête. On n’a pas besoin de s’habiller comme des pirates sur scène, ni pour les photoshoots. On ne prétend pas non plus être des pirates, on ne parle pas comme des pirates. C’est notre credo, mais on veut juste s’amuser.
Ce n’est pas comme Turisas. Eux doivent s’habiller comme des vikings, porter du maquillage en permanence. Pour chaque concert, chaque séance photo, chaque sortie un peu publique, ils doivent conserver leur image. Nous, on fait ce qu’on veut, quand on veut.

 

ANR : D’une certaine manière c’est un comportement de pirate !
Elliot : Oui, c’est bien vrai. Je ne l’avais pas perçu comme ça, mais tu as raison.

 

ANR : Quand vous jouez quelque part on peut voir plein de monde porter des chapeaux de pirates, des épées, des bouées…
Elliot : Pour nous c’est génial, parce que si on joue sur notre propre tournée on sait que les gens sont venus nous voir, alors que sur un festival tout le monde porte un T-shirt noir. C’est difficile de savoir qui est fan de quel groupe. Les chapeaux, les accessoires, ce sont des bons indicateurs pour nous. C’est aussi pour ça que nous avons préféré faire des T-shirts verts.

 

ANR : Peux-tu nous dire un mot sur le clip de « Mexico »
Elliot : C’était génial de tourner ce clip ! On l’a filmé en Serbie, et tout s’est fait devant un mur vert. Ils ont juste mis une table avec de la nourriture mexicaine, et nous ont demandé de faire une bataille de nourriture. Pendant ce temps il y avait des gens qui dansaient autour de nous. On s’est dit que s’il y avait ce mur vert c’est qu’ils allaient ajouter quelque chose par la suite.
On avait un âne génial. Il est connu, il a fait d’autres films. La prochaine personne à s’asseoir sur lui était Monica Bellucci.

 

ANR : Si on revient à l’album, peux-tu nous en dire un peu plus sur votre processus de composition ?
Elliot : Tout a été composé par moi et Christopher. On ne vit pas dans les mêmes pays, on s’envoie donc tout par Internet. C’est un processus très relax pour nous. On ne pourrait pas faire comme ces groupes qui passent trois mois en studio à écrire des morceaux. J’aime travailler sans pression. On a mis à peu près un an pour écrire « No grave but the sea ». De toute façon on n’écrit rien de très différent. C’est notre cinquième album, et on ne veut pas dérouter les fans.

 

ANR : Ca ne pose aucun problème de ne pas vivre sur le même territoire ?
Elliot : Aucun non ! On prend l’avion pour se voir. Les concerts sont toujours dans des pays différents. L’important c’est surtout d’habiter près d’un aéroport. Chris vit aux Etats-Unis, moi en Hongrie, Máté aussi, Gareth en Ecosse, et notre batteur Peter vit en Irlande. On se voit surtout pour les concerts, là on vient de passer 2 mois ensemble. Si on devait se voir toutes les semaines ça ressemblerait à un travail ! Je préfère que ça reste fun !

 

ANR : Qu’est-ce que tu fais pour le fun en dehors de la musique ?
Elliot : J’aime la photographie et l’infographie. L’animation 3D et les animations de ce genre. Je suis une sorte d’artiste visuel. En fait Alestorm paie comme un travail à temps plein tout en me laissant beaucoup de temps libre. Je peux rester dormir le matin, ne rien faire pendant des jours, c’est plutôt confortable !

 

ANR : Quels sont vos projets pour cette année 2017 ?
Elliot : C’est une année très chargée pour nous. Aujourd’hui marque le début de notre tournée d’été. On fait quelques festivals en Europe puis c’est le Warped Tour aux US. Il y aura tous ces groupes de Pop Punk, je crois qu’on va faire tâche ! (rires) De toute façon, comme on va jouer part 50° en Arizona, on va tous mourir ! (rires)
On revient en Europe en octobre pour une tournée avec plus de quatre concerts en France je crois. Je ne sais pas combien de temps la tournée va durer, mais je pense m’écrouler en rentrant ! (rires)

 

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