Interview du groupe Iron Bastards

lundi/17/06/2019
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Iron Bastards sort en avril 2019 son 3ème album du groupe intitulé « Cobra Cabadra » chez Hell Prod et tournera à travers l’Europe (France, Allemagne, Espagne, Croatie…). Art N Roll les a rencontrés au Hard Rock Café.

Art N Roll : Salut David.

DAVID : Salut ANR.

ANR : Enchanté de te rencontrer.

DAVID : De même.

ANR : Je ne connaissais pas Iron Bastards, je l’ai découvert il y a deux semaines.

DAVID : Avec quel album, Cobra Cadabra j’imagine ?

ANR : Le dernier album. Du coup, je me suis intéressé à ton groupe. Des jeunes comme vous, ça fait plaisir. On en a tellement besoin.

DAVID : J’espère que ça t’a plu.

ANR : Oui, c’est excellent. C’est mon style, en fait.

DAVID : Ah, cool !

ANR : Vraiment excellent. Surtout le dernier album, et les anciens. Ma première question : pourquoi le nom « Iron Bastards » ?

DAVID : Pour ma part, essentiellement, ça vient de notre musique, dans le sens où avec les différentes influences qu’on apporte, disons que notre musique… il y a un côté très bâtard. Et c’est endurci avec cet « iron » si tu veux. Comme beaucoup d’autres…

ANR : Un peu comme Phil Campbell, il y a aussi « Bastard ».

DAVID : Moi, c’est au sens musical du terme, ce sont les différentes influences qui font que notre musique est considérée comme une musique de bâtard… Et puisque nous-mêmes sommes des bâtards, du coup, voilà… (rires)

ANR : Et pourquoi avoir décidé de jouer du rock ‘n’ roll boogie ?

DAVID : En fait, on des gros fans de Motörhead, à la base, je pense que tu l’as remarqué dans notre musique. Iron Bastards est né en 2013, on a démarré en 2012 sous le nom de « No class » qui faisait exclusivement de la reprise de Motörhead. Et après, on a évolué vers nos propres compositions. Et à ce moment-là, on a décidé, quitte à faire nos compositions, de changer de nom.

ANR : Et au départ, vous ne faisiez que des reprises de Motörhead dans les petits clubs ?

DAVID : Ouais c’est ça, dans les clubs de bikers, des trucs comme ça, dans des petits bars… et puis après, on en a eu marre dans le sens où on avait vraiment envie de jouer notre musique.

ANR : … de créer votre propre style, votre musique.

DAVID : Oui, de s’exprimer au travers nos propres compositions. Et à ce moment-là, on a décidé de s’y mettre et de changer de nom. On ne trouvait pas très pertinent de garder le même nom.

ANR : C’est la raison pour laquelle vous avez commencé par des LP avant de faire un CD ? Vous avez fait un LP de reprise de Motörhead aussi ?

DAVID : Non, que de la compo. Bah, on n’a jamais sorti de CD avec No class, donc du coup… la réponse est vite réglée. On a sorti deux EP avec Iron Bastards. Après, on a sorti l’album « Boogie Woogie Violence » en 2015, on a sorti « Fast and Dangerous » le second en 2016, et là, le 4 avril…

ANR : Dans une des interviews, tu parlais du manque de médias en France par rapport à l’Allemagne. Il y a quelques années, vous disiez qu’il y avait moins de médias en France qui s’occupaient de jeunes groupes comme vous. C’est la raison pour laquelle vous êtes partis en Allemagne peut-être ? Je voulais savoir si aujourd’hui vous pensez toujours la même chose ?

DAVID : Oui, carrément. Ce n’est pas le manque de médias, c’est le manque total de culture musicale. L’Allemagne est beaucoup plus développée à ce niveau-là que la France. Dans tout ce qui est hard rock metal, c’est le pays pour ça… en termes de diffusion et de visibilité, on va dire que l’Allemagne c’est le pays pour ça. On en est convaincu parce que tout simplement, en France il y a beaucoup moins de structures, on diffuse beaucoup moins notre musique. Je ne débattrai pas sur les raisons, mais en tout cas, c’est un constat qu’on a.

ANR : Alors, j’ai parlé d’un gros clip qui va arriver, c’est « Rock O’Clock » dans lequel vous vous déguisez… enfin plusieurs façons de se déguiser, d’être habillé…

DAVID : Oui, en fait, on explore toutes les époques du rock ‘n’ roll mais avec beaucoup de second degré et d’autodérision. C’est pour cela que ça nous amène à des trucs qui ne nous influencent pas du tout… par exemple on se déguise dans un style assez néo metal des années fin 90… ça ne nous influence pas du tout, mais ça nous a fait marrer. Ou par exemple, à la fin on finit sur une touche black metal, alors que c’est genre qui ne nous a absolument pas influencés. Mais ça nous a fait tripper… comme je dis, on aborde des sujets sérieux, mais toujours avec cette espèce d’autodérision qui ne surprend plus personne. Mais la musique en elle-même reste très sérieuse, mais nous, des fois, on aime bien aussi se fendre la gueule et partir sur des délires.

ANR : C’est ce que j’ai remarqué comme dans « Vintage Riders »… qui est complètement délire. Ça fait partie un peu de votre quotidien…

DAVID : Oui. On est une bande de potes et du coup on aime se marrer. Par contre, quand il s’agit de faire de la musique ou de composer, de créer quelque chose d’artistique, là on est très sérieux. Que ce soit au niveau des textes… enfin, tout, en général on est très sérieux. Par contre, on a beaucoup de recul et on aime bien des fois avoir ce côté un peu dérisoire sur notre propre personne au final… je sais que par exemple, moi, je m’auto-fous de ma gueule dans ce clip-là parce que je suis un gros fan de tout ce qui est ésotérique et d’occultiste… du coup, des fois, c’est tellement flag, c’est tellement trop, totalement too much, que je me dis « tiens, tu sais quoi, je vais faire un truc complètement délire par rapport à ça » dans le sens où je me fous de ma gueule… j’ai très bien conscience que souvent je casse les couilles aux gens des fois à leur parler trop souvent de l’histoire des religions et de ce genre de truc quoi…

ANR : Alors, on va parler de l’album qui vient de sortir, « Cobra Cadabra ». Déjà, la signification du nom ?

DAVID : Oui, ça implique Black Sabbath aussi…

ANR : Ah d’accord.

DAVID : Oui et puis le nom est très accrocheur, très rigolo. On a directement trippé sur ce nom-là. Et bah, la thématique du cobra qui est l’emblème initial du groupe, enfin, l’icône initiale du groupe. Et « Cadabra » pour ajouter cette touche un peu ésotérique qu’on a voulu développer et conceptualiser sur ce troisième album par rapport à la pochette par exemple qui est un peu plus développée que les précédentes et qui dévoile un peu plus l’univers dans lequel on aimerait bien évoluer. Je ne dis pas que la direction va changer, mais on va évoluer… il n’y aura pas de changement non plus, mais on trouve une identité musicale un peu plus prononcée et développée. À ce moment-là, on est amené à affirmer cette touche-là sous un angle différent.

ANR : … c’est pour ça qu’on entend un peu le serpent à sonnette, ça n’a rien à voir ?

DAVID : Si justement, c’est histoire de rappeler cette histoire de serpent, des petits clins d’œil comme ça à droite à gauche.

ANR : Et, votre façon de travailler ? C’est chacun de son côté ? La procédure ?

DAVID : On n’a pas de procédures classiques ou standards pour la composition. C’est assez varié, des fois ça peut venir par rapport à une jam qu’on va avoir à une répète, des fois ça va être Toto qui va juste balancer un groove à la batterie et moi par-dessus « Ahh, je trouve ça cool, vas-y », je vais être inspiré sur le moment… ou sinon, je fonctionne aussi avec une banque de riffs que j’ai à la maison et que j’approvisionne à chaque fois que j’ai une idée. Je garde ça en stock et si par exemple je manque d’inspiration ou si j’ai envie de compléter un morceau et que je sais qu’il manque une partie, eh ben à ce moment-là, je vais piocher là-dedans et je me dis « Ah c’est vrai que j’avais ce riff en réserve, je vais le rajouter ici, il est cool… ». Ou soit, des fois, jouer carrément avec un morceau déjà complet et que les deux autres vont arranger à leur façon. Il n’y a pas vraiment de procédures classiques.

ANR : Après, vous êtes en studio…

DAVID : Et après on est en studio et là on enregistre direct. Les morceaux sont déjà composés, finalisés précédemment avant d’arriver en studio.

ANR : Et vous l’avez enregistré où ?

DAVID : En fait, on fonctionne avec un autre ingé son… enfin, nos deux ingé son respectifs qui sont Harold Feuerstoss et Samuel Lichawski qui nous accompagnent souvent sur des dates. En fait, Samuel, lui s’occupe de tout ce qui est mixage, prise de son, même mastering, de l’autre côté, Harold s’occupe plus de nous prêter le son et les locaux. Et il nous aide à l’installation et à la mise en place du studio qu’on a construit ensemble dans une structure non loin de Strasbourg.

ANR : Oui, vous êtes originaires de Strasbourg. L’impression qu’on a quand on écoute l’album, c’est que vous rendez hommage un peu par rapport aux années 80. On ressent du Led Zeppelin, du Deep Purple, surtout dans les solos qui sont quand même bien présents. Tu aimes les solos à rallonge ?

DAVID : Bah ouais…

ANR : … baisser un peu le tempo et puis tout d’un coup faire un solo…

DAVID : Oui, on aime bien développer des motifs musicaux comme ça. En tant que guitariste, j’aime bien apporter à peu près tout ce que j’écoute, des mecs comme Ritchie Blackmore à Van Halen en passant par Billy Gibbons de ZZ Top. Du coup, ça m’arrive d’apporter toute cette formule musicale dans les solos de guitare.

ANR : Le morceau plus intéressant c’est « You only live twice »

DAVID : Oui, c’est celui qui t’a le plus plu, j’imagine ?

ANR : Oui, il est très intéressant, surtout à l’harmonica. J’aimerais savoir comment vous l’avez composé, il se démarque des autres et de l’album.

DAVID : « You only live twice » a été composé avec Vincent, c’est lui qui nous a fait tout le design et l’illustration de la pochette de l’album. Il avait déjà fait une intervention musicale sur le deuxième album. Cette fois-ci, on avait voulu développer un morceau entièrement avec lui, créer un morceau entièrement avec lui. On avait une petite suite d’accords qui traînait, et au final, Vince s’est rajouté à ça et après on a présenté ça aux deux autres et on a travaillé tous ensemble, tous les quatre, dans un style rock sudiste. On a essayé de s’inspirer pas mal de Lynyrd Skynrd, Molly Hatchet ou Blackfoot… ce genre de machin quoi.

ANR : Des vieux groupes des années 70. C’est vraiment vos influences en fait.

DAVID : Ouais, particulièrement sur ce morceau qui sonne très américain contrairement aux autres qui ont des influences plus Maiden des fois… assez heavy metal plutôt orientées musique anglaise. Celui-ci est très américain, ce morceau en particulier.

ANR : Et vous avez enregistré un album live ?

DAVID : Ouais.

ANR : Pourquoi ce « Live in London » ? Vous teniez absolument à enregistrer à Londres ?

DAVID : La situation s’y prêtait. Le mec s’était proposé de nous enregistrer ce live… et du coup on a accepté. Si on ne nous l’avait pas proposé, on n’aurait jamais sorti ça, mais vu que la situation s’y prêtait et que le mec s’est proposé de nous faire ça on s’est dit « Allez, vas-y ! ». On a enregistré et puis après on l’a sorti… on a juste remixé de retour à Strasbourg. C’était juste une proposition de la part de la gestion. On a accepté, puis voilà.

ANR : Très bien. Il n’y a rien à voir avec l’album live de Motörhead qui était sorti en 79.

DAVID : Non, c’était pas du tout par rapport à ça.

ANR : … parce qu’on y pense tout de suite.

DAVID : Oui, c’est vrai que ça crée une référence à Motörhead, mais l’intention de base n’était pas forcément de vouloir faire cette référence-là. C’est un hasard que le mec s’était proposé de nous enregistrer à Londres

ANR : Et l’étiquette qui vous irait le mieux, c’est hard rockers, metaleux, boogie….

DAVID : Rockers ! C’est assez vaste et au moins ça permet aussi de pas forcément être intégré dans une case ou affilié directement à un genre en particulier vu qu’on apporte des influences de toutes époques et de tous les genres de rock ‘n’ roll, du hard, du heavy, du prog et du psyché… du coup, rock, ça nous va très bien.

ANR : Depuis 2013 vous n’avez pas chômé. Vous avez sorti pratiquement un album tous les deux ans.

DAVID : En moyenne c’est à peu près ça, oui.

ANR : Vous avez de la réserve en fait ?

DAVID : De l’inspiration surtout oui. Du coup elle revient assez vite. On est en bonne voie peut-être pour essayer de composer un quatrième album. On verra. Mais en tout cas on est bien chaud.

ANR : Vous ressentez quand même qu’en France il y a un renouvellement du goût du métal, du hard rock en général ? Il y a vous, il y a les Sticky boys, il y a les Blackrain… vous vous sentez concernés dans ce style ?

DAVID : Oui, carrément, on est fière de porter cette étiquette-là et justement de renouveler, de renouer avec ce passé de rockeurs. Et de participer à l’émergence de ce genre musical en France.

ANR : Parce qu’on en a besoin. Ça nous manque un peu.

DAVID : Et parce qu’il serait temps qu’il arrive aussi en France.

ANR : Vous êtes à combien de concerts, 70 ou 240 ?

DAVID : Là, en ce moment on est à 250.

ANR : Ah oui, 250. Vous avez fait des premières parties ?

DAVID : Oui.

ANR : Celle qui vous a le plus marqué ?

DAVID : Celle qui m’a le plus plu personnellement c’est celle de Nashville Pussy… qu’est-ce qu’on a fait encore de pas mal… Oui, celle de Overkill mais ce n’était pas une première partie vu que c’était un festival. Globalement, oui, un très bon souvenir d’eux.

ANR : Et là, vous partez bientôt en tournée ? Vous faites des festivals cet été, j’ai vu que vous faites le Sylak Open Air.

DAVID : Oui, on fait aussi le Metal Frenzy dans deux semaines en Allemagne. Ce week-end, on joue au Itawak Festival à Strasbourg… voilà, des petits festivals à droite, à gauche.

ANR : Vous comptez venir sur Paris ?

DAVID : Bah pour l’instant on n’a pas encore eu l’opportunité, mais si jamais elle se présente, bah ouais, on est carrément preneurs.

ANR : Bah super.

DAVID : Nous on est toujours chauds à jouer.

ANR : Vous avez des projets à venir ? Un nouvel album ?

DAVID : Pour l’instant, je pense que pour un nouvel album on va essayer de se replonger un peu dans la composition et à ce moment-là… c’est vrai que c’est un projet en perspective.

ANR : OK, très bien. Merci.

DAVID : Merci à toi.

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