Interview avec Andy Strachan, batteur du groupe The Living End

vendredi/19/10/2018
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Art’N Roll: Comment ça va aujourd’hui?

Andy Strachan : Super, on a eu un peu de temps libre pour se balader dans Paris donc tout va bien.

 

ANR: Pourquoi choisir de tourner deux mois avant la sortie de l’album?

Andy : Le plan original était d’avoir l’album prêt bien avant cette tournée, mais pour de multiples raisons la sortie a été repoussée. Finalement, je pense que c’est bien, ça nous laisse le temps de sortir un premier single et de faire remarquer au public que nous sommes de retour et qu’un album va sortir.

 

ANR : Parlons maintenant de votre album qui s’intitule « Wunderbar », vous avez choisi un nom allemand car vous avez enregistré à Berlin, afin de faire un clin d’œil ?

Andy : En effet, on s’est tellement amusés durant notre séjour à Berlin. Ça a été de loin le plus drôle et sympathique album à faire. On a travaillé avec Tobias Kuhn, il a été fantastique et a rendu cette expérience géniale.
On a passé tellement du bon temps en Allemagne que nous avons pensé qu’il fallait au moins célébrer ça d’une façon ou d’une autre et donc nous avons choisi un mot positif qui reflétait notre expérience et de le traduire en allemand afin d’aller jusqu’au bout de l’hommage. De plus, l’album est de manière générale très positif, nous sommes plus optimistes que sur les albums précédents.

 

ANR : De quoi parlez-vous dans cet album ?

 Andy : Chris est celui qui compose la majeure partie des paroles. Il serait mieux placé pour te répondre mais je vais essayer de t’éclairer malgré tout.
Je dirais qu’on a essayé de transmettre quelque chose dans cette idée : « nous sommes sur terre pour une durée déterminée donc il faut profiter au max de chaque instant ». Le message qu’il veut passer c’est que le matin quand on se lève on devrait saisir tout ce que la vie peut nous offrir , qu’il est aussi important de s’entourer de bonnes personnes et surtout leur dire qu’on les aime. En gros, l’album parle de ça.

 

ANR : Vous avez passé deux mois à Berlin, pourquoi avoir choisir cette destination et comment ça s’est passé ?

Andy : Berlin est une ville tellement créative à tous niveaux et elle en devient une ville très inspirante. Entre les graffitis, la musique il se passe toujours quelque chose, cet aspect artistique a été la première chose à nous motiver d’aller à Berlin et la seconde, évidemment, c’est parce que Tobias s’y trouvait. Des amis que nous avons en commun, nous ont recommandé de travailler avec lui. Et du coup, au lieu de trop réfléchir à peser les pour et les contres. On s’est dit, plutôt que de faire un autre disque en Australie ou aux US, c’était le moment de faire quelque chose que nous n’avions jamais fait auparavant. Et faire des choses en sortant de sa zone de confort, cela t’amène à te dépasser, à pousser les limites, c’est une super bonne chose. Ça aurait pu être un désastre mais finalement, c’est tout l’inverse, on est super contents.

 

ANR : Vous y êtes allés avec votre musique toute prête ou vous avez laissé place a un peu de liberté pour les arrangements sur place ?

Andy : On a beaucoup travaillé en Australie, on se retrouvait pour écrire ensemble. Je dirais que nous sommes arrivés à Berlin avec 60/70 % de l’album prêt. En effet, il nous restait quand même pas mal de boulot à faire avec Tobias mais encore une fois il a été fantastique. On a passé 10 jours en pré production avec lui juste pour jouer et survoler les chansons et il jouait avec nous car en plus de ça c’est un fabuleux guitariste donc il est un peu devenu le quatrième membre du groupe. De travailler ainsi, cela nous a vraiment aidé à passer à un niveau supérieur.

 

ANR : C’est votre 8ème album, l’an prochain, le groupe aura 25 ans, voyez-vous le temps passer ?

Andy : Je suis dans le groupe depuis environ 17 ans, les gars sont là depuis le tout début mais c’est drôle car on n’arrive pas à se dire que ça fait aussi longtemps que The Living End existe. On s’éclate tellement que l’on ne voit pas le temps passer. Je ne connais pas beaucoup de gens qui sont restés à un poste une vingtaine d’année, en général les gens ont tendance à changer mais nous, on vit quelque chose de spécial, nous sommes connectés et du coup on ne prend pas forcement ça comme un travail, je dirais même que nous avons le meilleur job du monde. Malgré les années, c’est toujours aussi excitant d’enregistrer des disques et cet album a définitivement amené encore plus d’énergie au groupe.

 

ANR : On a pu découvrir le clip « Don’t Loose It », on voit bien que dans ce clip, vous ne vous prenez pas au sérieux. Parle-moi un peu du scenario de ce clip ?

Andy : C’est la première fois que l’on décidait de jouer les idiots dans un clip et je peux te dire que ça nous a éclaté.
Pour ce qui est du scenario, voici le pitch : En Australie nous avons des émissions qui s’appellent « Australian Idiol » ou encore « Australian Has Talent » et en parallèle il y a l’industrie musicale qui a tellement évolué ces dernières années, les labels lâchent des milliers de dollars dans ces émissions de télé et selon nous, cela détruit complètement le paysage musical. Donc vous avez ces gens qui participent à ces émissions qui sortent de nulle part sans aucune expérience, les mecs ne savent même pas écrire une chanson. Pour nous ces émissions c’est un karaoké géant diffusé à la télé. Du coup ça nous fait mourir de rire et on a décidé de s’inspirer de ça pour faire un clip. On s’est entourés de célébrités australiennes mais je ne sais pas si en France, ces personnes vous diront quelque chose, mais en tout ils sont connus chez nous ce qui rend le clip encore plus drôle quand tu les reconnais. Si jamais cette chanson rencontre un succès mondial, on pourrait faire un « Don’t Loose It » version française, anglaise, espagnol et ainsi de suite.

 

ANR : J’ai vu que vous défendiez l’association The Marine Parks qui protège les océans, est-ce une cause qui vous tient à cœur ? Cela ne vous a jamais traversé l’esprit d’écrire sur cette cause.

Andy : En effet, c’est une cause qui nous tient à cœur car on vit sur la côte. Les océans sont vraiment importants et fragiles donc il faut que les gens soutiennent des causes comme ça pour la défense de nos océans. C’est à nous, humains, de faire en sorte de les garder propres.
Pour ce qui est d’écrire à ce sujet, je pense qu’il faut se sentir prêt et je ne pense pas que nous le soyons. Tu vois, par exemple, il y a ce groupe australien qui s’appelle « Midnight Oil » qui écrit des chansons engagées et ils sont supers, d’ailleurs c’est un peu grâce à eux que nous avons décidé de rejoindre la campagne de l’association mais de là à l’utiliser dans notre musique, je crois que nous n’en sommes pas là.

 

ANR : Merci pour ces quelques minutes, aurais-tu un mot de la fin ?

 Andy : Merci à toi et courrez acheter notre disque.

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