Hellfest 2018 – Samedi – The Kat

dimanche/22/07/2018
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Hellfest 2018 – Samedi 23

La journée commence bien avec un entretien avec Corentin Charbonnier qui a écrit sa thèse sur le Hellfest et le pélerinage pour Metalheads qu’il est devenu.

Je rate Monolord à mon grand regret, mais l’échange est de haut niveau, donnant un autre éclairage sur le Hellfest. Puis c’est reparti pour une journée de randonnée entre les différentes scènes du fest’. D’abord un tour vers les Mainstages pour voir Savage Messiah que j’avais chroniqué fin 2017. Le groupe ne sera pas pris en faute, délivrant un bon Heavy sous le soleil déjà bien présent. Leur prestation donne de l’ampleur aux titres de l’album « Hands of Fate » que j’avais déjà bien apprécié à l’époque. Ils rendent hommage à Vinnie Paul, dont on a appris la mort ce matin.

Après cette mise en jambe, c’est au tour de MisÞyrming sous la Temple. Ils arrivent sur scène vibrant d’énergie, tous habillés d’une chemise blanche couverte de sang, visages recouverts de noirs. Pendant 40 minutes, ils crachent leurs boyaux et le public est sous emprise.

Petit intermède déjeuner et retour sous la Temple pour Oranssi Pazuzu. Mais le son est épouvantable, ne rendant pas justice à ce groupe qui mêle Black Metal et psychédélisme pour un résultat prenant, hypnotique et malsain. Bien dommage.
Ça fait déjà deux frustrations aujourd’hui et il n’est pas encore 16h !! J’espère que le set de Ho99o9 qu’on m’a chaudement recommandé va renverser la tendance ! Je regarde les deux membres de ce groupe de Hip Hop installer leur matos. L’un des deux, Eady, porte un t-shirt Sepultura et un dossard Exploited, un choix fort intéressant. Intéressant aussi le circle pit qui se forme instantanément devant moi. Le son qui happe mes oreilles ne me semble pas très Hip hop. C’est intensément jouissif. Dès les premières notes, Eady se jette dans la foule pour un slam. Le duo accompagné d’un batteur impressionnant agrémente son rap furieux de punk, de riffs divers et variés, de voix à la Bjork. Les morceaux sont courts, s’interrompant brusquement, nous laissant sur notre faim. L’énergie engendrée est folle ! Ice-T apparaît sur le côté de la scène pour filmer le public. Un des meilleurs concerts du festival, et une très belle découverte pour moi !

Le temps de sortir de sous la Valley, je constate avec tristesse que la Temple déborde. Le show de Heilung que j’attends depuis un moment, a commencé et même l’écran fixé à l’entrée de la tente est pratiquement inaccessible. Et pourtant, même de loin on sent leur énergie de transe se déployer. Le public est sous le charme. Il faut noter que ce groupe qu’on peut comparer à Wardruna s’il faut vraiment le catégoriser, redonne vie à des cérémonies d’un âge ancestral, d’un âge antérieur à la christianisation de la Scandinavie . Les instruments, les masques et tenues sont faits d’os, de peau, de cornes. Les musiciens ne bougent pas de leur place, les tambours battent et la voix de Maria Franz s’élève, cristalline. Je rage de ne pas être au premier rang.

Après cette nouvelle petite frustration, je regarde le début du show de Dälek, groupe de Rap dont j’entends parler depuis des années. Le set commence par un Rap classique, qui vire atmo au bout d’un ou deux titres. Sympathique.

Après ces deux concerts plus contemplatifs qu’agressifs, rendez-vous à la Warzone pour voir Terror, en retard de 5-10 minutes. Rien de fou, mais ça dénote un peu dans la machine Hellfest si bien huilée. Le set commence par quelques notes de Pink Floyd et les fucked-up kids déboulent. Interdiction de rester assis ou immobiles avec eux. C’est lourd et ça pulse, ça fait du bien !

Echaudée par ma mésaventure Heilung, je me pose très en avance devant les Mainstages pour attendre Body Count, le groupe dont je dois avoir une cassette quelque part dans les tréfonds de mes archives. Une cassette d’époque, sinon ça n’a aucun intérêt ! Mais avant Body Count, je dois supporter Bullet for my Valentine sur la Mainstage 1. Curieux mélange entre le Metal et l’esthétique des boys band d’antan…

Mais voici le temps de prendre une nouvelle dose de rap ! Et oui aujourd’hui, ma liste est pleine de ce style peu aimé des Métalleux d’habitude… Pourtant, la fusion entre Metal et Rap a eu une grande époque et des collaborations flamboyantes comme le superbe album Judgement Night ! Et comme introduction, Ice T et son crew nous offre une belle cover de Raining Blood de Slayer. On aura droit à un petit sermon sur la pussyfication des hommes (je te laisse traduire) avant le titre Manslaughter. Je ne suis pas convaincue par les propos, ni par le son qui semble étouffé. Le chef que j’ai vu passé dans la foule et une amie sont du même avis. Il y a un problème de son. Grand désespoir… La présentation de son groupe prend un peu de temps. On est content de savoir que son fils assure les back vocals. Ice T nous présentera même sa fille. Du nouvel album, et en réponse au mouvement Black Lives Matter, le groupe jouera No Lives Matter. Si filiation il y a entre le mouvement et les convictions anti-flic affiché dès 1992 (remember Cop Killer) elle n’est en rien revendiqué par l’homme de glace. Le show remue bien la foule mais me laisse quelque peu sur ma faim.

Après une pause syndicale, je m’installe cette fois devant la scène de la Temple pour un de mes groupes fétiches, Watain ! Je ne me lasse pas de leur mise en scène, menée par un Erik Danielsson déchainé. Il me semble que les morceaux sont joués un poil plus lentement, mais avec une hargne encore plus puissante qu’à l’accoutumée. Le chanteur « bénit » la scène et la foule amassée, met le feu aux torches et aux tridents et le rituel commence. La setlist puise dans les anciens albums (Stellarvore, The Serpent’s Chalice, Malfeitor… ) et dans le nouveau, « Trident Wolf Eclipse » (Nuclear Alchemy, Furor Diabolicus…). Je suis très agacée par trois ironiques à casquettes devant moi, occupés à montrer à quel point ils sont second degrés même devant un groupe aussi sérieux que Watain. Le public du Hellfest n’est peut-être pas le meilleur pour un show aussi ésotérique… D’ailleurs Erik Danielsson ne manque pas de fustiger les moutons du fond qui consomment passivement la musique, contrairement aux loups qui s’agitent dans les premiers rangs.

Après Watain, difficile de passer à autre chose. Nile me semble trop nonchalant, Neurosis trop languide. Alors direction la Warzone pour terminer la soirée avec Hatebreed et les lance-flammes qui parsèment l’enceinte. Ça bouge peu mais Jamey Jasta harangue la foule et lui donne des directives, en petit GO du Metalcore ! On est bien content d’entonner « Destroy Everything » ou « Live for this », avant de regagner les bras de Morphée !

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