Einar Selvik et Ivar Bjornson à la machine du moulin rouge le 28 janvier 2019

mercredi/13/02/2019
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En ce lundi 28 Janvier il fait un froid de viking et ça tombe bien, ce soir, Garmonbozia a prévu du lourd : Einar Selvik et Ivar Bjornson. Le duo s’est formé après avoir été commissionné par le festival international de Bergen. Ce qui devait être un one shot sur la tradition, les rites et l’histoire de la Norvège se poursuit avec ce second album.

La salle de la machine n’est pas tout à fait pleine, mais le retard de 10 minutes par rapport au planning laisse présager que ce sera salle archi comble. Et c’est effectivement le cas lorsque je tourne la tête un peu plus tard vers la fosse et les escaliers.

Un bon quart d’heure avant l’arrivée des artistes, un fond sonore instrumental et un peu de fumée commencent à préparer la foule. La déco de la scène est plutôt proche de Wardruna. La fumée se fait plus dense et j’ai un peu peur qu’il y en ait de trop mais au final les lumières comme le son sont parfaits.

L’arrivée sur scène se fait tranquillement sur une ovation. Einar avec un tambour à la main (un tambour chamanique?), entame Huggsjà tiré du dernier album. La profondeur de sa voix avec les chœurs de la violoniste et du synthé captivent  dès les premières notes. Frissons

Un changement de guitare pour Ivar, une corne pour Einar et un changement d’ambiance, ils enchainent sur WulthuR. La valse des instruments va rythmer tout le set pour notre plus grand plaisir. Surprise, ce morceau à un rythme un peu electro.

Sans transition, on change encore d’ambiance, un sample aux sonorités champêtres nous envoie vers le morceau suivant Ni Mordre av Sol. Sur une introduction de violon, Einar et Ivar chantent ensemble cette balade envoûtante.

C’est après ces trois titres que Einar revient sur histoire du projet avec Ivar. Avant d’entamer ce titre phare qu’est Skuggjsa, il explique la signification derrière ce titre : la réflexion, le miroir et le lien avec la vie d’aujourd’hui. Un de mes favori de l’album éponyme, il est prenant, gros moment de frissons.

Une fois Einar, barde et historien des temps modernes, lancé sur ses sujets favoris, on ne l’arrête plus, et puis il faut bien meubler. C’est la première date et on prend son temps pour jouer parfaitement, pour tout régler au millimètre. Einar parle musique et culture, explique que le titre est un vieux poème, revient sur histoire des racines de la Norvège et il lance l’histoire de Fornjot.

On enchaîne, presque, sur Nattseglar. Ivar parle de ce morceau: il s’agit de comment la population est arrivé en Norvège. C’est un titre qui parle de bateau et de migration. Une invitation à la tolérance, à l’acceptation de l’étranger. Il n’y a pas de hasard, ce titre est résolument à l’ordre du jour. He who sails by night, est joué par deux bardes, avec la plainte du Violon en fond. Un beau titre

Kvervandi est le titre suivant. Un titre qui parle de vie, de mort et de renaissance. La complicité avec le public est installée depuis un moment, car écouter ces deux là parler de la culture “norse” est un régal. Les percussions sont doublées le temps de ce titre et du suivant, Vitkispa, durant lequel l’ambiance se fait un peu plus guerrière

Le titre suivant annonce le début de la fin. Il s’agit de Fehu tiré de l’album Skald de Warduna : Einar parle de son sujet favori, les runes et l’esotérisme, la signification des runes et leurs symboles. Titre que je préfère ce soir à sa version album, car la voix d’Einar porte plus d’émotions.

Nordvegen, de l’album skuggsja revient sur comment le pays a été nommé.

Le morceau suivant est une reprise d’Enslaved Heim til Yggdrasil. Chanson sur la thématique favorite d’Einar la vie et la mort. Le retour a la nature. On s’enfonce un peu plus vers la fin avec Hum heilage fjell,titre de l’album Huggjsa, qui traite de tradition funéraire , de rituel autour du décès. Frissons incroyables. La soirée sur termine sur Helvegen. Chanson sur la mort , le souvenir, lâcher prise. Einar fini la chanson dans un raie de lumière et complètement a capella. Grandiose.

Ovation du public. Pas de rappel.

Concert 1h45 environ. Ça semble trop court. Mais c’était fabuleux. On regrettera l’incursion de titres de wardruna, car les deux albums du combo se suffisent à eux même, mais ai-je vraiment le droit de chouiner? Non, on a eu droit à un beau concert durant lequel le public a été d’un respect absolu envers les artistes, respectant les silences et les discours que j’ai du me forcer à ne pas écrire entièrement.

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