Chronique de Sempiternal Void – Undead Prophecies

jeudi/21/03/2019
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Groupe: Undead Prophecies
Album: Sempiternal Void
Date de sortie: le 22/03/2019
Label : Listenable records
Note: 17/20

Du death old school joué par une bande de mecs anonymes portant des costumes de faucheuses… Voilà en 2 mots ce à quoi on a affaire quand on parle des mystérieux « Undead Prophecies ».

Difficile de trouver beaucoup d’infos sur qui sont ces gars et ce n’est pas plus mal. Car, je dois dire que j’ai un petit faible pour ces groupes qui arrivent à créer une aura de mystère autour d’eux.

Alors certes, nous sommes à une époque où les groupes à capuche sont assez à la mode, surtout dans le metal extrême à tendance black, post-black, etc. Bref, des groupes comme Mgla ou encore Batushka pour ne citer que les plus évidents.

Alors, vous me direz, jouer masqué, ce n’est pas nouveau et vous avez raison, plein de groupes l’ont fait et ce, dans pas mal de styles différents, que ce soit dans un Slipknot ou dans un Ghost.

Mais au final, ce n’est pas tant le fait d’être masqué qui attire mon attention, mais plutôt le fait que ces groupes arrivent à sublimer leurs performances grâce justement à cet élément en plus, rendant à la performance scénique tout son sens initial à mes yeux à savoir, un show complet aussi bien par le son que par l’image.

Bon évidement, il faut que la musique suive derrière et que le visuel ne serve pas de cache-misère, on s’entend bien là-dessus aussi.

Bref, à défaut de savoir qui sont ces types tout vêtus de noiiiiir et de grandes bures… ben noires du coup hein, j’avais eu la chance de les voir au Hellfest de (trop) bon matin en 2016 et j’en avais gardé un plutôt bon souvenir. C’était même dommage qu’ils soient programmés aussi tôt et j’aurais apprécié en entendre un peu plus à l’époque.

Ils avaient d’ailleurs, l’année précédente, sorti leur premier album « False Prophecies » également chez Listenable records, qui affirmait déjà la volonté du groupe de s’ancrer dans un style Death bien old school. Et ce n’est pas cette nouvelle offrande qui va changer la donne.

Car en effet, ce nouveau disque « Sempiternal void » continue d’enfoncer le clou dans ce style bien aimé des puristes. Vous savez, ce fameux « c’était mieux avant » ? (Oui bon, je trolle un peu, ho ça va hein…)

Car en effet, dans un monde de musique extrême moderne surproduite et au son hyper clinique, Undead Prophecies, lui, a décidé d’aller totalement à contre-courant et de puiser ses inspirations dans ces groupes à l’origine même du style, tel que POSSESSED, MORBID ANGEL, CELTIC FROST, MASTER, OBITUARY, DEATH…

Donc oui, c’est OLD SCHOOL SA MERE ! Mais il y a est bon de préciser que même si c’est à l’ancienne, on sent que les influences sont bien digérées et que, même si elles sont évidentes, ça ne sonne pas pour autant comme un énième clone de ses aînés.

On n’est d’ailleurs pas vraiment dans le death pur et dur car, on y retrouve aussi pas mal de sonorités plutôt thrash metal, avec de passages rythmiques qui font parfois échos à du Slayer et autres sauvages de la scène.

Le timbre de voix a aussi un petit côté râpeux qui n’est pas sans rappeler les vétérans de Vader.

Mais malgré toutes ses références évidentes et revendiquées, le groupe arrive a apporté une certaine patte personnelle.  

Il y a cette petite touche en plus qui fait qu’on a sérieusement envie de taper du pied et de secouer son reste de mulet sur la plupart des morceaux. Petit coup de cœur pour le morceau d’ouverture « I summon demons » qui fout une sacrée mandale d’entrée de jeu, avec un p*tain de riff ultra velu qui me fait tirer une tronche d’émoji fâché en faisant « oui » de la tête (prends 10 secondes pour visualiser. C’est bon, tu l’as ?).

Les pistes s’enchaînent vite et bien, certains cavalent sur des bons gros tempos tandis que d’autres sont plus groovy, voir un peu plus doom sur des morceaux comme « the souls I haunt » avec sa basse lancinante dans l’intro et son atmosphère lourde.

Et les amateurs de branlettes de manches seront heureux de retrouver des belles envolées guitaristiques, notamment dans les parties plus mélodiques mais surtout, dans les solos de guitares bien furieux qui se retrouvent un peu partout sur l’album (cette intro de « Unholy Entity » raaah, elle tabasse !).

Et je dois dire que la production de l’album rend vraiment justice à l’ensemble. C’est puissant, mais clair et bien organique. C’est même la petite touche moderne qui fait plaisir. Car, je ne sais pas vous, mais même si j’adore réécouter mes vieux disques de death d’une époque « que les moins de 20 ans blablabla », je dois aussi admettre que les productions sonnent souvent datées.

Ici, le son est un véritable atout, car il arrive à conserver ce feeling old school sans sonner comme un vieux disque d’il y a plus de 20 ans justement. Et on entend super bien la basse ! (Croyez-moi, c’est loin d’être courant dans ce style).

On a même droit à une reprise du morceau « warhead » de Venom (je vous ai dit que c’était old school ?) en guise de bonus track. Bon, ce n’est pas forcément le morceau le plus intéressant du disque mais vu que c’est un bonus, on ne va pas pinailler.

Donc, pour résumer :  un excellent disque de metal extrême à l’ancienne (mais avec sa petite touche actuelle) joué par des mecs louches en capuche et en bure.

Va l’écouter, toi qui à surement une veste à patchs aux logos illisibles quasi greffée à ton corps quand tu sors en concert (je ne me moque pas, j’ai la même…).

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