Chronique de Requiem – AqME

vendredi/05/04/2019
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Requiem AqME

Album : Requiem
Groupe : AqME
Label : at(h)ome
Date de sortie : Le 12 avril 2019
Note : 15/20

AqME annonçait en novembre dernier mettre fin à sa carrière avec une tournée d’adieu en 2019 et la sortie d’un neuvième album studio. L’exercice de l’ultime album est délicat, il génère plus d’attentes pour l’auditoire tout en le plongeant dans une certaine forme de nostalgie, car il concrétise la fin d’une histoire. AqME nous invite à la messe avec « Requiem », un album résolument rock, à la production ultra léchée. Un album dans lequel Vincent prend toute sa place, à travers un travail au chant tout en nuance et en émotion.

AqME est connu pour son univers mélancolique qui oscille sur un fil, entre fragilité et révolte. Cette mélancolie est amenée par les premières notes
d’« Un adieu », puis portée par la douceur de Vincent avant de propulser un refrain reste en tête dès la première écoute. Le titre est magnifié par de beaux effets et arrangements de guitare, mais c’est la pointe d’amertume et de résignation dans la voix et le texte qui en font un cocktail réussi.

Le son devient grave et lourd sur « Un autre signe » et surtout « Illusion », qui se démarque par une intro avec une tension palpable avant de nous balancer un riff bien gras. Une tension reprise par la suite pour offrir un bref instant de calme avant une envolée maîtrisée dans une ambiance presque dérangeante. Le côté quasi militaire de la fin du morceau et la guitare lancinante de Julien montrent bien la capacité du groupe à créer des atmosphères soignées et envoûtantes dont on ne se lasse pas.

Les très rock « Enfer » et « Entre les mains » ou le plus classique « Paradis » confirment le talent d’AqME pour composer des titres efficaces, mais sans ce petit plus qui viendrait bousculer l’auditeur. Il s’en dégage de la force, une forme de rageuse résilience et une mélancolie un peu âcre, des marqueurs présents tout au long de l’album. Les textes évoquent des sujets sans vraiment rentrer dans leurs cœurs, une retenue ou une pudeur qui se révèle quelque peu frustrante.

L’originalité arrive avec le morceau éponyme « Requiem », une belle réponse à l’intro « Ensemble » du précédent opus, toutes deux signées de la patte de Julien, sur laquelle se greffe un rythme de batterie qui rappelle « What happened to you » de Deftones accompagné d’une voix tantôt susurrée, tantôt chantée. Un parti pris qui ne m’a pas convaincue, mais qui ne devrait pas laisser indifférent.

La pépite de cet album arrive en bout de parcours avec le captivant « Sans oublier ». Une introduction marquée par une mélodie à la fois naïve et mélancolique accompagnée d’une ligne de chant délicate, puis un morceau qui monte en puissance avec une projection émotionnelle jamais atteinte auparavant. Comme il avait commencé à le faire sur « Si loin », Vincent puise dans les passages sombres de son passé pour se mettre à nu et (enfin) se dévoiler. La justesse de son interprétation est saisissante, un léger voile se mêle à la puissance comme pour traduire une douleur encore présente. Cette fragilité cède ensuite le pas à de la résignation et l’auditeur ne peut que s’accrocher à son ressenti jusqu’à la fin. Le travail des ambiances et des secondes voix est particulièrement réussi, le tout donne envie que l’histoire ne s’arrête pas là.

AqME photo presse

Une belle manière de conclure un album, qui déçoit quelque peu malgré quelques bonnes surprises. La qualité du travail technique des musiciens, du chant et de la production assurée par Etienne est vraiment à saluer.  Charlotte, toujours solide à la basse, Etienne qui se montre plus créatif et Julien qui arrive à magnifier chaque morceau à travers ses choix d’effets et d’arrangements. Le tout est porté par un Vincent plus affirmé dans sa technique vocale, et nous offre toute l’étendue de son registre pour nous faire osciller entre colère, nostalgie, souffrance et envie de se battre.

Mais comme le disait Etienne lors d’une précédente interview  « Le disque tu le fais pour toi, la scène tu la fais pour le public. ». Et c’est sur scène qu’AqME nous donne rendez-vous en 2019 pour partager 20 ans de carrière. Le groupe tourne actuellement dans toute la France et la Belgique.

Une belle surprise a été annoncée récemment, les deux anciens membres fondateurs Benjamin Rubin (guitariste) et Thomas Thirrion (chanteur) vont se joindre au line-up actuel pour un concert d’anthologie au Trianon. C’est donc en réconciliant passé et présent que le groupe tournera définitivement la page, un concert à ne pas rater !

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