Chronique de Maniac – Mass Hysteria

vendredi/26/10/2018
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Album: Maniac
Groupe: Mass Hysteria
Label: Verycords
Date de sortie: Vendredi 26 octobre 2018
Note: 16/20

 

Mass Hysteria écume les salles de concerts et les festivals depuis plus de 20 ans, mais depuis une prestation exclusive au Download cette année et une tête d’affiche au Hellfest il est clair que le groupe prend une autre dimension. Groupe scénique fédérateur, c’est souvent l’énergie déployée sur scène couplée à l’envie de partage avec le public que l’on retient. Voir Mass sur scène, c’est aller voir un spectacle grand public, bien rôdé, avec l’attendue descente en fosse ou encore le wall of death sur « Furia ». Un spectacle qui réserve souvent quelques surprises, comme au Download où l’on assiste à un tomber de drap pour découvrir que le quintet a repris sa mise en scène d’ouverture éprouvée lors du concert filmé à l’Olympia: une armée des ombres cogne sur des tambours pour sonner le départ.  Par la suite, sont apparues des pom pom girls puis des danseuses brésiliennes, pas toujours du goût de tout le monde, mais toujours dans cet esprit de spectacle.

La forme est donc maîtrisée, mais qu’en est-il de la musique ?
Après le très salué « Armée des ombres »,  Mass Hysteria revenait avec « Matière Noire », un disque musclé qui nous faisait découvrir le meilleur du groupe avec des titres tels que « Vae Soli » et surtout « Vector Equilibrium », et du moins bon. Un disque qui a su séduire un public toujours plus large, en témoigne la programmation du groupe au Mainsquare entre Elton John et Lilly Wood and the Prick.

« Maniac » s’annonce dés le premier titre « Reprendre ses esprits » comme un album résolument Metal, sans pour autant renoncer à l’identité de Mass à travers les déclamations de Mouss et les touches electro indus. Quelques notes  malaisantes,  un riff de guitare étouffé et c’est parti pour un peu plus de deux minutes de son sans compromis. Mouss scande « Ça va aller », mais ça va surtout très bien passer en ouverture de set pour mettre en jambe la foule lors de leur prochaine tournée.

Avec « Maniac » le son est lourd, les riffs sont ambitieux et rapides, et on découvre une technicité qui n’avait pas été si apparente pour les précédents opus. L’accordage en La, nouveauté pour le groupe apporte une ambiance plus sombre que par le passé. Dans notre interview avec Raphaël Mercier, il nous explique qu’il en avait sous le pied et que Yann l’a vraiment poussé à se mettre en danger, à repousser les limites de ce qu’il faisait jusqu’à présent. Mission accomplie.

Un disque Metal c’est bien, mais est-ce que ça fonctionne sans chanteur de Metal ? Mouss reste fidèle à ce qu’il sait faire sur la plupart des titres, mais dans « L’Antre ciel ether », le refrain nous montre des lignes de chants inédites, qui apportent un vrai plus à l’ensemble. Des lignes de chant qu’il serait intéressant de retrouver plus souvent, pour amener plus de variété et un peu de subtilité. Les textes restent dans la même lignée que les autres albums. De la punchline, des rimes souvent un peu lourdes, mais aussi des paroles motivantes et directes. C’est un style qui fonctionne pour beaucoup, mais auquel je suis parfois imperméable.

« Ma niaque » révèle un  hommage assumé à Jeff Hanneman, avec son riff et son  ambiance empruntés à « Raining Blood ». Un morceau plutôt réussi sur le plan instrumental, accompagné par une bonne performance de Mouss pour cet exercice délicat. Seul bémol notable, un solo peu inspiré qui n’apporte pas grand chose au titre.

« Se brûler sûrement » débute avec quelques notes presque « electro festives », classiques chez Mass Hysteria, pour ensuite asséner un riff accrocheur appuyé par le martèlement de la batterie.  Un refrain entêtant « regarde l’avenir, il faudra tenir, se brûler sûrement », puis à moins de deux minutes le titre nous propose un break efficace, bien tenu par la batterie, qui aboutit sur une session de chœur bien trouvée. Le mélange des choeurs, de l’électro et des riffs lourds confère un côté solennel à ce titre, qui est une belle réussite.

A noter également les riffs et solos de « Nerf de Boeuf », un  morceau qui monte pour passer la barrière du son au bout de trois minutes. Il est certains que nous ne les avions jamais entendu jouer à cette vitesse.

« Derrière la foudre » apporte une touche Metal finale avec son riff enlevé, un break réussi avec un duo guitare/batterie sur lequel viennent se greffer des flèches d’electro, puis un ralentissement s’opère à trois minute. Inattendu, il insuffle un  climat de tension qui dure jusqu’à se demander si le morceau va reprendre en vitesse? Mais non,  le groupe a choisi de nous laisser souffler.

« Maniac » se conclut par un titre indus, qui vient calmer les tympans de l’auditeur. Des influences Depeche Modesques, une ligne mélodique lancinante et un titre en anglais aux traductions multiples, « We came to hold up your mind » nous laissent songeurs après une écoute plutôt ébouriffante. Un album qui devrait continuer de convaincre les metalleux, pourrait dérouter le public un peu plus loin de la scène Metal, mais qui semble être sorti de manière évidente pour les membres du groupe. La tournée est déjà annoncée, elle passera par un Zénith à Paris le 7 décembre.

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