Chronique de l’album Cult(ist) – Squidhead

lundi/12/03/2018
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Groupe : Squidhead
Album : Cult(ist)
Date de sortie le : 02/03/2018
Note : 15/20

L’encre des mollusques et autres céphalopodes a parfois déteint sur la musique lourde. Certains n’ont pas résisté à l’appel de Cthulhu, de « Eight arms to hold you » de Veruca Salt à Medusa Records (Label de Heavy Californien des années 1980), en passant par le Kraken Metal & Rock Fest, un festival Belge. Belge comme Squidhead, une formation de Death Metal Indus fondée en 2009, laquelle vient juste de sortir son premier album, après un EP « Prohibition » paru en 2014. Squid Head, c’est aussi un des membres de la lugubre Cour de Jabba, dans le Retour du Jedi, un lointain cousin de nos musiciens masqués et au Line up variable ; sanglés dans leur bure noire et cuir… très Star Wars, ils affirment avoir maturé ce « Cult(ist) depuis trois années. Ce curieux Squidhead est en fait le projet du seul et inventif Pierre « Pish » Minet, également chroniqueur en ces colonnes.

Et force est de reconnaître que le son de la tête de calamar est abyssal, épais, production impeccable. Dès les premières nappes de synthé, nous avons effectivement l’impression de plonger dans les entrailles d’une baleine ou dans un océan de noirceur, un « Ocean Machine ». D’ailleurs Devin Townsend est une des influences revendiquées de notre Monsieur Poulpe (avec Meshuggah, Fear Factory et Morbid Angel). Les thèmes développés dans les textes sont plus Achab que ACAB, comme le révèlent les titres de ces huit morceaux : « Abyssal Worshippers », « Mantra of Insanity », « Lucid Nightmares »… La batterie est massive et claire, la basse est lourdement Metal le chant est Melodeath tendance taciturne, la guitare sonne légère parfois TomMorellienne, des fois accompagnée d’une pédale Wah-wah. Des bandes à la tonalité sous-marine parsèment cet O(cto)pus gorgé de finesse et de subtilité.

La pieuvre ne va pas relâcher la pression tout au long du disque. Certains morceaux sont mémorables car merveilleusement bien bâtis (« Mad Painter ») ; d’autres sont saccadés, haletants (« Whispers of the Deep »). Ce profond « Cult(ist) » constitue en définitive un premier effort méritoire, réalisé par un groupe doué et à la personnalité affirmée, soucieux de nous entrainer dans son univers ; notre invertébré Wallon ne va pas manquer d’attirer vers lui un public friand de visuel et de noirceur. Il serait bon que cet inquiétant encornet puisse confirmer les promesses de cette réalisation sur scène. Avant de se replonger dans les tréfonds de la sombre Sambre.

https://www.facebook.com/squidheadproject/

http://www.squidhead.be/

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