Chronique de Dimevision, Vol. 2 : Rock with It or Get Rolled Over

mercredi/06/12/2017
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Groupe : Dimevision
Album : Dimevision, Vol. 2 : Rock with It or Get Rolled Over
Label : Metal Blade
Sortie le : 24 novembre 2017
Note : 12/20

Suite aux récentes déclarations de Rex Brown, concernant une possible reformation de Pantera, prises au sérieux par la communauté Metal tel un communiqué de Pyongyang par le Pentagone, un constat s’impose : le groupe d’Arlington Texas ainsi que son défunt guitariste nous manquent cruellement. Il faut dire que l’empreinte laissée au fer sur la musique lourde il y a plus de vingt ans déjà est profonde. Suivant sa propre voie, Pantera a redéfini le Hard Rock et nombre de ses sous-genres au cours des années 1990. A la manette, outre le créativissime et polyvalent Phil Anselmo, Dimebag Darell a imposé un style et une approche de la guitare rythmique et Lead qui sont toujours d’actualité. Son Look et son attitude gauloise ont inspiré nombre de fans, célèbres ou inconnus (par exemple, le chevelu barbu bedonnant qui braille « C’est pas bien de chanter la nuit / On peut réveiller les gens qui dorment » à cinq heures dans le camping du Hellfest…). Assassiné sur scène en 2004 par un fan-atique, le truculent Dimebag a laissé un vide tant musical qu’affectif.

Conscient de cela, et complétant un premier Dimevision commercialisé en 2006 par son Frère, le batteur Vinnie Paul, la compagne historique, Rita Haney, a souhaité répondre à la demande en rassemblant des vidéos personnelles et autres chutes (parfois au sens premier du terme) en un DVD sorti fin novembre. Il s’agit là d’une accumulation de grasses Jackasseries bien bourrines, Dimebag Darell fût d’ailleurs un fidèle téléspectateur de la série télé popularisée par Steve O. Notre ami appréciait donner de sa personne et se donner en spectacle, souvent de manière extrême (comme le relate Scott Ian dans ses mémoires…). Nul doute aucun que les acquéreurs de cet affectueux Gumbo y trouveront leur compte. Ce DVD Post-mortem est accompagné d’un CD de cinq titres, que Rita Harley a retrouvé dans ses fonds de ses tiroirs. Cinq essais enregistrés sur un quatre-pistes à partir de 1984, lorsque Pantera n’était encore qu’un Combo glamoïde en quête de célébrité (et de personnalité).

A l’instar du DVD, ces cinq inédits raviront les afficionados du malheureux Dimebag et de son légendaire groupe. Simplement parce qu’ils exsudent sa musique, sa personnalité. En dépit du caractère Cheap de la captation, ils n’auraient réellement pas dépareillé sur un album solo, voire sur un album de Pantera… ou des autres groupes frères (on pense ici à Down). « Twisted », le premier Gem, empeste le Bayou : riff mi-bluesy mi-pachydermique ; à écouter un samedi soir vers 19 heures entre potes un verre de Bourbon à la main. Plus métallique, le mid-Tempo « Ain’t no Struggle » nous ramène circa 1990-1992 ; il y a quelque chose de Grunge dans le chant, la guitare bouillonne dans les aigus. La troisième piste, « Truth », s’avère déconcertante : les notes d’un synthé Bontempi, le phrasé et la façon de chanter typiquement eighties évoquant… Georges Michael. Investigation faite, Dimebag a sciemment voulu sonner (ou parodier on ne sait) l’Anglo-Grec période « Faith ». Seules les quelques fioritures à la guitare disto détonnent dans cette incroyable pépite. S’ensuit l’Anselmesque « Let’s go » : cinquante-six secondes de ruades, qui font penser à « Cowboys from Hell » ou à « The Great Southern Trendkill ». Emouvant mais trop court. Cette carte-postale de l’au-del… des tréfonds des Etats-Unis s’achève par le Rock Sudiste « Whiskey Road », une magnifique et venimeuse complainte, et par son épique solo ; Dimebag Darell était, faut-il le rappeler, un guitariste plurivalent, reconnaissable entre ses pairs. Ce disque constituera un Must pour les nostalgiques. Quant à la note mise en en en-tête de la présente chronique, c’est bel et bien parce que cinq morceaux c’est trop peu.

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