Chelsea Wolfe

Chronique de Birth of Violence – Chelsea Wolfe

mercredi/11/09/2019
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Artiste : Chelsea Wolfe
Album : Birth of Violence
Label: Sargent House
Date de sortie: 13 septembre 2019
Note: 15/20

En 2017, Chelsea Wolfe présentait l’album « Hiss Spun », fruit de sa collaboration avec Kurt Balou. Un album que nous avions jugé quelque peu surproduit et superficiel dans sa manière de traiter les morceaux. « Birth of violence » marque un retour aux sources, avec arrangements épurés dans une veine rock et folk.

Les éléments sonores industriels, drone, doom ou encore gothiques sont délaissés au profit d’une ambiance intime. Une qualité de production remarquable, qui souligne à merveille le travail de l’artiste. Les amateurs de ses morceaux plus heavy, plus metal peuvent passer leur chemin.

Chelsea Wolfe pose l’intention de mettre en avant son univers poétique et mélancolique pour relater les affres et souffrances qui continuent de la tourmenter. Une recherche de l’émotion brute qui séduisait dans les précédents opus.

L’album a été écrit lors d’une retraite de l’artiste dans sa maison au nord de la Californie. Elle avait exprimé son sentiment d’épuisement après une longue tournée.
Chaque titre reflète cet état introspectif, cette envie d’aller chercher de la profondeur dans les textes comme dans les parties instrumentales mais Wolfe arrive-t-elle à atteindre le but énoncé ?

L’album s’ouvre avec l’élégant «The Mother Road». Une ambiance atmosphérique, des tonalités lourdes pour nous faire voyager. C’est tout ce qu’on attend d’une version acoustique de Chelsea Wolfe. On voyage à travers des univers différents avec l’ambiance mystérieuse d’«American Darkness »,  les élans psychédéliques de «When Anger Turns To Honey» ou encore le très folk «Be All Things».

 

Tout au long de « Birth of Violence » la voix est mise en avant. « Highway » en est le parfait exemple. La voix de Wolfe, à couper le souffle, ouvre la piste presque seule, avec de simples accords de guitare sur fond qui reflètent ses réflexions tristes sur la célébrité.  Elle se sert du mot « highway » comme d’une sonorité répétée de manière cadencée comme pour donner l’illusion d’un train. Un train qui nous ferait voyager à travers des paysages inquiétants.

La juxtaposition de la guitare acoustique et d’une partie instrumentale minimaliste permet d’instaurer un cadre qui jongle avec le chaud et le froid. L’utilisation de quelques effets métalliques, des percussions minimalistes, quelques notes de piano lugubres amènent un aspect un peu dérangeant qui se prête bien à la démarche. La guitare est parfois jouée au doigt pour un rendu chaleureux.

Les paroles sont empreintes de tristesse et hantées par des fantômes et des angoisses. La voix de Chelsea Wolfe cherche à projeter cette vision sombre, cherche à nous envelopper dans un manteau glacé. Malheureusement, il s’en émane un sentiment désagréable que l’artiste essaie de créer un état d’émotion à fleur de peau plutôt que nous faire ressentir une émotion réelle. Comme si elle avait perdu une forme de connexion avec son moi profond et n’était plus que dans la projection de ce qu’elle aimerait faire ressortir.

Chelsea Wolfe propose un album intimiste, qui tranche vivement avec son dernier opus. Si la proposition est alléchante, la réalisation nous laisse sur notre faim.

 

 

 

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