Interview avec le groupe de Black Metal lituanien Au-Dessus

lundi/26/08/2019
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Art N Roll a profité de sa présence au Motocultor pour échanger avec Mantas, Simonas, Jokūbas et Džiugas du groupe lituanien de Black Metal Au-Dessus (à prononcer « odesousses »). La signature des Acteurs de l’ombre compte un EP et un album à son actif. Encore en tournée pour « End of Chapter » ils s’apprêtent à faire une pause pour se plonger dans la composition d’un nouvel album.

 

Art N Roll : Vous avez un nom français, vous êtes signés sur un label français, un tourneur français et votre manager est également français. Vous vivez une histoire d’amour avec la France ?

Simonas (guitare) : Nous aimons la France oui ! Pour le nom on avait une idée précise de ce que l’on voulait mais ça ne sonnait pas bien en lituanien. On a préféré opter pour la version française.

Jokūbas (guitare) : Ce qui est drôle c’est que lorsque l’on a monté le groupe on n’avait aucune connexion avec la France.

Simonas : Oui on a d’abord signé avec un label polonais.

Jokūbas : C’est presqu’un hasard si on a signé avec un label français, ou peut-être que le nom a aidé.

 

ANR : Pourquoi avoir choisi de signer avec Les acteurs de l’ombre et comment les avez-vous rencontrés ?

Simonas : Ils travaillent très bien, ils s’occupent bien de nous et nous donnent de très bonnes conditions. Je ne suis plus très sûr de comment les choses se sont passées, mais il me semble que c’est par l’intermédiaire de notre manager Pierre que nous avons été en contact avec eux.

Jokūbas : Oui je crois que c’est Pierre qui les a contactés et ils ont aimé notre musique.

 

ANR : Vous vous connaissez depuis longtemps ?

Simonas : On est amis depuis plus de 10 ans, on s’est rencontrés assez jeunes, c’est une belle histoire qui dure (rires).

Mantas (chant) : Je crois que je suis la pièce rapportée la plus récente (rires)

Simonas : On a joué ensemble dans un groupe de Death Metal avant de créer Au-Dessus.

Jokūbas : On avait cette connexion très forte entre nous et cette envie de faire quelque chose de nouveau. On savait qu’il fallait qu’on le fasse ensemble.

 

ANR : Pourquoi cette envie de passer du Death Metal au Black Metal ?

Simonas : On était en train d’expérimenter, de tenter de nouvelles choses.

Jokūbas : On s’est rendu compte que nous n’étions plus en train de faire du Death Metal lors des répètes. On s’est dit qu’il fallait qu’on aille dans cette direction.

Mantas : Peut-être que dans 10 ans on fera du Solstafir ! (rires)

Simonas : On aime beaucoup de choses, de Vanessa Paradis à The Cure.

 

ANR : C’est sûr que lorsque l’on écoute votre musique on sent une vraie diversité dans les influences. Je suppose que vous aimez des groupes comme Pink Floyd ou Depeche Mode ?

Simonas : Oh oui. Ces deux groupes sont particulièrement importants pour moi. Je suis très Fan. J’aime aussi Mayhem et Amenra. Je crois qu’on incorpore assez naturellement toutes ses influences sans jamais se poser la question de faire un riff à la Amenra.

 

ANR : On sent que les influences sont effectivement bien digérées. Côté composition continuez-vous d’expérimenter dans votre approche pour faire évoluer votre musique ?

Simonas : Oui on essaie de mettre plus d’intention dans ce que l’on fait, d’intellectualiser un peu notre musique.

Jokūbas : Avant on ne faisait que jammer, maintenant on essaie de construire différemment.

 

ANR : Cela veut dire que vous êtes en train de préparer un prochain album ?

Simonas : Oui, on va prendre un an pour finir de le composer et l’enregistrer. Enfin je dis un an mais on va prendre le temps qu’il faut pour sortir un album qui nous corresponde.

Jokūbas : On ne veut rien presser. Je trouve que les deux précédents albums ont été faits un peu trop rapidement. Je ne pense pas que ça nous prenne 5 ans, mais peut être que ce sera plus d’un an.

 

ANR : Vous avez déjà une idée de la direction que l’album va prendre en termes d’ambiances ?

Simonas : Je crois que ça va être plus sombre et plus atmosphérique.

Jokūbas : On peut dire qu’il sera plus varié ? (ndlr il se retourne vers Simonas) Mais le dernier album était déjà varié, comment pourrait-on dire ça ?

Simonas : Il va être encore plus varié et plus sombre. Des riffs plus légers mais une atmosphère plus malaisante. J’aime beaucoup les morceaux que l’on a déjà faits.

 

ANR : Vous disiez que vous mettez plus d’intentions dans votre manière de composer, est-ce que cela s’applique également aux paroles ? Pour les précédents albums les paroles sont empreintes de poésie et traduise un flot de pensées à un instant t.

Mantas : Oui c’est vraiment ça. D’ailleurs parfois je me repenche sur le texte le jour d’après et j’ai complètement oublié les pensées qui m’avaient poussé à écrire le texte la veille. (rires)
Je ne sais pas écrire autrement.

 

ANR : Qu’est-ce que vous buvez quand vous êtes sur la route, de la bière principalement ?

Simonas : Bière, Vodka, tout ! (rires) Tout ce qui peut brûler (rires). Tout ce qui marche (rires). Y’a juste le Brandy et le cidre que je n’aime pas.

Jokūbas : On devrait tester de la téquila. Mais de la bonne ! D’ailleurs sur ce festival on a un problème avec la taille des bières, on a juste les petits verres. En plus c’est vraiment très cher !

Simonas : On vient d’un pays où tu peux avoir une pinte voire un litre de bière pour 3€50

 

ANR : Qu’est-ce que vous faîtes quand vous ne faîtes pas de musique ?

Simonas : Je suis producteur de publicité sur des sets de télévision.

Jokūbas : Je travaille comme technicien sur des sets de tv.

Mantas : Je suis programmer dans l’informatique.

Džiugas (batterie) : Je suis sculpteur free lance. Je mets en forme les idées qui me viennent à l’esprit.

Simonas : C’est un artiste, d’ailleurs ça se voit ! C’est aussi le plus fou d’entre nous.

Jokūbas : En ce moment il est à fond dans le motocross et nous on a juste très peur qu’il se casse quelque chose.

Simonas : C’est d’ailleurs ce qui s’est passé il n’y a pas longtemps, heureusement il a pu jouer.

 

ANR : Comment appréhendez-vous votre concert au Motocultor ?

Simonas : On est vraiment contents d’être ici, on a entendu dire que c’était le deuxième plus gros festival de metal en France après le Hellfest. C’est un privilège de pouvoir se produire ici.

Jokūbas : On aime beaucoup l’environnement de ce festival avec la forêt qui nous entoure. D’ailleurs on nous a raconté plein d’histoire sur ces terres, mais j’ai tout oublié.

 

ANR : Ce sont des terres celtiques, elles sont empreintes de légendes. Vous pouvez croiser des elfes et des trolls dans la forêt. Les bretons ont cette image d’être proches de la nature en plus de bien aimer boire et faire la fête.

Simonas : Oui c’est vraiment parfait pour nous, communier avec la nature et boire !

 

 

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