Heilung – Futha

mardi/23/07/2019
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Groupe : Heilung
Album : Futha
Date de sortie : 28 juin 2019
Label : Season of mist

Le moins qu’on puisse dire, en recevant le nouvel album de Heilung, c’est qu’il y a une sacrée somme de travail derrière l’œuvre musicale ! A l’occasion de la réédition de leur album live l’année dernière, je t’avais parlé du groupe et de ses objectifs : https://www.artnroll.net/home/heilung-lifa-re-edition/
Futha vient en miroir de leur premier album, Ofnir (2015), dont les titres étaient repris en live sur Lifa. Toujours dans une volonté de recréer une musique d’avant la christianisation, le trio reprend des sons de la nature (glace qui se brise, neige, percussion sur tambours tendus de peaux animales, sur ossements… ) et nous livre une série de titres incomparables.
De l’aveu même du groupe, cet album est d’une essence plus féminine, là où Ofnir était masculin. Mais féminin à l’aulne d’avant la faute d’Eve. Il est donc question de cycles, de destruction permettant la création, ce genre de féminin-là.

Ainsi « Galgaldr », premier titre de l’album, a été composé comme le début de la fin, avec une ambiance extrêmement malsaine, des cris distordus de délivrance menant à des chants trépidants.
Une place plus grande est faite aux chants féminins, mais pas forcément à la douceur qu’on y accole par cliché. Ces chants se rattachent aux chants sacrés des femmes de l’Age de Bronze, venant bénir et protéger par des sorts les guerriers qui partaient combattre (« Othan »).

Heilung pousse le vice jusqu’à réfléchir à la façon de prononcer de vieux dialectes (en utilisant un patois encore vivant ou bien en « aboyant » des strophes comme le faisant les guerriers nordiques, ainsi que raconté par un voyageur arabe de l’époque), ou encore s’amuse à rédiger des poèmes s’inspirant de la mythologie. C’est bien plus qu’une musique qui est recréée ici, c’est tout un univers mental qui renait, tirant sur ses racines scandinaves, les revivifiant grâce à des logiciels de studio de musique et à la curiosité de trois passionnés.

Travail soigné de la musique donc, avec la recherche de sonorités naturelles in vivo, c’est-à-dire en forêt, puis travail de production sans compter ses heures. Les paroles de chaque titre sont retranscrites, avec la langue utilisée (d’anciens dialectes germanique, nordique, islandais…). Et puis tout un travail explicatif est livré avec l’album : chaque titre est détaillé, les sources utilisées sont mentionnées. Un vrai travail de recherche scientifique dont je pourrais parler pendant des heures, mais je préfère te laisser te plonger dans la lecture du livret de l’album.

Cerise sur le gâteau, « Futha » a été terminé le 21 décembre à 21h, une des dates les plus importantes du calendrier pagan, le jour le plus sombre de l’année. Et pour finir, sache qu’il existe une édition limitée présentée dans un coffret en bois somptueux.

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