Chronique de Final Transmission – Cave In

jeudi/13/06/2019
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Cave In Final Transmission

Album: Final Transmission
Groupe: Cave In
Label: Hydra Head Records
Date de sortie: 7 juin2019
Note: 16/20

C’est dans un contexte particulièrement difficile, et après sept années de silence, que Cave In sort un nouvel album. Caleb Scofield, bassiste du groupe, est décédé dans un accident de voiture en mars de l’année dernière. Le groupe s’était alors associé à des membres de Converge et au groupe Old Man Gloom pour organiser un concert hommage, dont les bénéfices avaient été reversés à la famille. Final Transmission est un second hommage rendu à Caleb, mettant en avant les morceaux sur lesquels il travaillait.

L’album débute avec le titre éponyme. Caleb est à la guitare acoustique, il chantonne son idée de morceau, probablement pour l’envoyer ensuite au reste du groupe. L’émotion est déjà très forte avec cette entrée en matière. Simplicité, sensibilité, sans artifices. On imagine à peine ce qu’ont pu ressentir les musiciens en écoutant ce morceau.

Passée cette intro, la voix de Stephen Brodsky nous emmène vers un terrain connu. Les deux premiers morceaux véhiculent une certaine forme d’espoir, malgré des paroles poignantes. Le premier « All illusion » a été écrit par Scofield sur ses démons et la difficulté de survivre, tandis que le second « Shake my blood » est une expression de Brodsky sur le thème de la solidarité dans la tragédie. Le groupe pend le parti de célébrer la beauté de la vie plutôt que de s’appesantir sur la tristesse du départ de Caleb. L’élégance de l’écriture, ses faux airs de mid-tempo et l’énergie rock les rendent attachants.

Avec « Lunar Day » Cave In nous invite dans une forme d’errance musicale, très aérienne. Le chant est obscure, les arrangements sont diffus, mais le résultat fait voyager. Difficile de se dire que ce groupe est issu de la scène Metalcore. Son évolution musicale n’a pas toujours été une réussite, mais la créativité et l’envie semblent être au rendez-vous sur ce dernier opus.

« Strange Reflection » et « Lanterna » sont de beaux exemples d’agrégation des influences du groupe. On y retrouve des sursauts de mathcore, de prog voire de noise. Des passages mélodiques, des montées en puissance bien maîtrisées et une voix qui projette une émotion intense. Les lignes de guitare lancinantes viennent sublimer les morceaux. La basse se fait lourde, tout comme certains passages de batteries, tandis que les changements de rythmes se font dans une fluidité envoûtante. Ces deux titres sont de véritables pépites dans cet album.

Caleb est de nouveau mis en avant sur le dernier titre « Led to wolves », laissé dans son jus. Le son est bien plus heavy, la voix se traîne en arrière-plan, et la guitare lance des sons de sirènes comme pour sonner l’alerte. Une forme de retour aux sources pour conclure.

Final Transmission marque le renouveau du groupe, une dose d’émotion brute à écouter sans modération.

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