Shaârghot au petit bain le 08 février 2018

mardi/12/02/2019
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Nous avions laissé Shaârghot au soir du 11 juillet dernier, à l’issue d’une première partie plus que convaincante de Ministry, son chanteur porté par les mains noircies de la foule de l’Elysée Montmartre, pour un interminable slam mené jusqu’aux escaliers de l’enceinte. Les pétons du malicieux et dénudé Shaârghot semblent avoir touché terre depuis mi-juillet 2018. Et s’ils ne sont pas encore champions du Monde de l’Electro-Metal-Indus, nos quatre mutants ont d’ores et déjà décroché le titre de champions de France du style. Forts de ce nouveau statut, les futuroïdes enduits de graisse noire ont investi ce soir de février le plancher flottant du Petit bain, pour leur premier spectacle de l’année 2019. Se produire sur ce bateau amarré en face de la Bibliothèque Mitrand constitue une belle opportunité pour tout groupe (la deuxième pour Shaârghot, y ayant joué en 2017 en première partie d’Hocico, groupe d’Electro-Dark mexicain), ainsi que l’assurance d’une soirée mémorable pour tout public. Soirée ou presque puisque c’est à minuit dix que les instrumentistes Brun’o Klose, Olivier Hurtu et le trapu bassiste entament « Black Wave », tiré de leur deuxième LP « The advent of shadows » ; chapeau melon sur l’occiput, le dégingandé Shaârghot déboule furibard sur scène hurler les premiers mots du titre… et le public s’embrase instantanément. Dès les premières minutes ressort une évidente cohésion. Cohésion entre les quatre artistes ; les trois zigues de devant plus le batteur, dont le set est pour l’occasion placé en surplomb. Cohésion entre le visuel et le sonore, sombres et mécaniques : un écran projetant des visuels en harmonie avec les thèmes musicaux, ainsi que les tenues des musiciens et de leurs adjuvants scéniques (des militaires façon Cobra ou Moebius, goules, etc…) elles-aussi en accord. Cohésion, enfin, entre le groupe et son auditoire.

« Shadows » est le nom que Shaârghot a donné à ses fans. Et « fans » semble être le juste mot, diminutif de « fanatiques ». Une authentique Tribu majoritairement composée de jeunes femmes (ça change du public d’Obituary…) souvent court vêtues, aux habits à dominante noire et verte sombre, embellies de tatouages, colliers, bagues et piercings, le plus souvent juchées sur des semelles compensées gothiques.  Rappelant celui de juillet, ce Show sera ramassé, d’une durée d’une heure vingt environ, mais sans moment mort, le temps pour le Barnum Electro-Indus de donner toute sa mesure à ses meilleurs morceaux (« Bang Bang », « Z // B », « Kill your God, « Break your Body »). A l’étalage de la puissance de feu scénique s’ajoute le bien-fondé des compositions, tant les nouvelles que les anciennes. Les corps féminins et masculins bougent en rythme sur des musiques tant martiales que sexy. Imparable. Au bout de deux ou trois dizaines de minutes le sous-sol du rafiot s’est transformé en étuve. Un tout petit peu moins de pyrotechnie qu’à l’Elysée-Montmartre, car le plafond y étant plus bas, mais peu importe, on a senti le Petit bain tanguer par moments. Le costaud guitariste Brun’o Klose envoyant ses ultimes lasers verts (provenant de sa minime) sur « AZERTY », avant de quitter la scène rejoindre de suite ses Shadows autour du bar, en compagnie de Shaârgoth signant des autographes et posant consciencieusement. Exténués mais heureux. Hurtu ayant comme à son habitude, préféré se laver d’abord, se débarrasser de cette matière noirâtre couvrant son corporel. Professionnalisme, personnalité et disponibilité, cette formation est désormais mûre, prête à cartonner : écoutez-là ici et maintenant ! La soirée se poursuivit, sur les sons voisins de Manson, de Prodigy ou de Rammstein. Une nocturne unique en son genre.

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