Chronique de l’album Codex Omega de Septic Flesh

mardi/05/09/2017
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Groupe : Septic Flesh
Album : Codex Omega
Label : Season of Mist
Date de sortie : 1er septembre 2017
Note : 18/20

 

« Un nouveau Septic Flesh est sorti ».

Voilà une phrase qui a le potentiel pour plonger le petit chroniqueur que je suis dans une transe hystérique. Car oui, je dois l’admettre d’entrée de jeu, je suis un GRAND fan de ses sombres Athéniens, surtout depuis leur reformation pour l’album « Communion » sorti en 2008.

Autant la première mouture du groupe, qui avait déjà sorti une belle tripotée de disques entre 1994 et 2003 avant de se séparer, ne m’avait jamais vraiment intéressée à l’époque, autant leur seconde ère n’a eu de cesse de me fasciner au fur et à mesure des nouvelles sorties, au point de devenir une vraie groupie du combo grec.

Il faut dire que l’évolution du groupe a été impressionnante et qu’un véritable saut de la foi stylistique s’est opéré depuis leur reformation. Si vous êtes un peu curieux, allez écouter un extrait de ce que le groupe faisait à l’époque de « Revolution DNA » (évoluant dans une veine assez gothique) et juste après, un petit bout de « Communion » ou de « The great mass » (qui nous plonge quant à eux dans le metal extrême symphonique et grandiloquant qui caractérise le groupe désormais). Mais je m’égare déjà dans cette introduction un peu trop longue et vous m’en excuserez car, comme vous l’avez compris, ces petits gars me fascinent.

En bref, j’ai dû me faire violence pour rester le plus objectif possible face à ce nouveau disque et vais faire de mon mieux pour le décortiquer avec un peu de sérieux journalistique.

 

Suivant le rythme de sortie assez régulier du groupe avec un album tous les 3 ans, nous voici donc avec « Codex Omega » qui sort en ce début septembre, successeur de l’excellent album « Titan » sorti en 2014. C’était d’ailleurs une de mes premières craintes avec ce disque : il succède à un album qui avait mis la barre vraiment très (mais alors TRES) haut en matière de qualité d’écriture et d’arrangement. Alors, qu’en est-il ?

Il faut déjà signaler que, depuis leur reformation, le groupe est systématiquement accompagné d’un orchestre symphonique sur album. Cela peut paraitre anodin dit comme ça vu que d’autres groupes de metal l’ont déjà fait par le passé. Mais c’est pourtant là que Septic Flesh fait la différence.

En effet, là où d’autres groupes se contentent de rajouter quelques arrangements symphoniques pour juste embellir les mélodies déjà existantes, ici, l’orchestre est véritablement imbriqué dans la composition, tel un 5ème membre du groupe à part entière à qui on a laissé un grand espace de composition pour compléter les chansons.

Pour faire simple, toute la partie symphonique est composée en même temps que le reste de la musique pour former un tout compact et complémentaire avec un véritable échange entre les instruments classiques et modernes. On doit d’ailleurs tout ce travail de composition classique à Christos Antoniou, guitariste du groupe et notamment diplômé du London College of Music. Ce qui explique sans nul doute pourquoi l’ensemble sonne aussi cohérent.

Ce qui frappe avec ce nouveau disque, surtout par rapport aux 2 précédents, c’est le côté plus direct dans ta face dès la première écoute. Autant les précédents brillaient par la complexité de leurs morceaux et leurs passages assez progressifs, autant cette fois, c’est l’efficacité qui prime. Les premiers morceaux sont particulièrement pêchus et un peu plus rapides que d’habitude. Le premier morceau, le bien nommé « Dante’s Inferno » annonce immédiatement la couleur : on vient d’ouvrir la porte des Enfers.

On enchaine les tempos qui font taper du pied et tourner les cheveux, les blasts furieux et les riffs de guitares groovy et syncopés (écoutez le morceau « Portrait of a Headless Man » et essayer de ne pas bouger la tête. C’est un vrai challenge. Il a même son clip vidéo :

On aura également droit à des morceaux un peu plus alambiqués niveau structure avec le très bien nommé « Dark art » au tempo plus lent et à l’ambiance sombre et envoutante.

Comme à leur habitude, le groupe a également incorporé plusieurs passages en chant clair, assuré comme à l’accoutumé par Sotiris (2ème guitare/chant) dont le timbre de voix si caractéristique contraste magnifiquement bien avec le chant hurlé. Une marque de fabrique devenue indissociable de la musique du groupe.

À noter aussi quelques sonorités orientales dans plusieurs intro de morceaux qui apportent un peu de variation dans les textures du son et renforce l’ambiance mystique qui se dégage tout au long de l’écoute.

Comme d’habitude, c’est le chanteur/Bassiste Spiros « Seth » Antoniou (oui, le frère de guitariste. Septic Flesh, c’est avant tout une histoire de famille) qui s’occupe de toute l’imagerie du groupe et nous livre, une pochette à la fois somptueuse et dérangeante, fidèle à la patte graphique qui accompagne le groupe depuis des années et fait de chaque album une œuvre complexe et très complète.

Notons également que c’est le premier disque avec le nouveau batteur, Kerim « Krimh » Lechner » (ex-Decapitated et artiste solo) qui a la lourde tâche de succéder à l’impressionnant Fotis Giannakopoulos qui avait quitté la formation en 2014. Le jeune homme s’en sort d’ailleurs haut la main et ne laisse aucun doute quant à sa légitimité au sein du groupe.

J’ai beau cherché, je n’arrive pas à trouver un quelconque défaut à ce disque. Même après de nombreuses écoutes, on n’arrive pas à s’en lasser et on découvre à chaque fois des petites subtilités en plus. Il est très efficace et devrait mettre tout le monde d’accord.

 

Pour conclure, je dirais que le groupe prouve ici une fois de plus qu’il maitrise parfaitement son sujet et qu’il peut enchainer les albums régulièrement tout en faisant preuve d’inspiration et d’une grande qualité de travail.

Les fans y trouveront plus que leur compte et je ne peux que vivement conseiller aux néophytes de découvrir le groupe avec ce disque, véritable condensé de ce que Septic Flesh sait faire de mieux.

 

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