Obituary – Obituary

lundi/20/03/2017
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Groupe: Obituary

Album: Obituary

Label: Relapse Records

Sortie le: 17 mars 2017

Note: 15/20

 

« Je suis l’homme à la tête de lama / Moitié camélidé… moitié Death / Et pour les beaux yeux de Marylou / Je reviens de Tampa Bay » aurait pu écrire Gainsbourg à propos de John Tardy. Si la rue de Verneuil s’était situé quelque part en Floride. Ce ne fut pas le cas, et c’est le beugleur à tête de lama qui signe seul les paroles des onze morceaux d’« Obituary », le dixième album studio d’Obituary ; les équarrisseurs de la baie rejoignant ici Metallica, Led Zeppelin, Iron Maiden, Marc Lavoine et Serge Lama (!), dans le prisé cercle des artistes ayant sorti un album éponyme. Cette impression de sobriété est corroborée par la pochette du brulot, à savoir le logo du groupe uniquement sur fond noir. Que les Deatheux se rassurent immédiatement : ce Black Album-là ne contient pas de ballade, aussi jolie soit-elle. De même, il n’y a pas de livret à l’intérieur. Ce n’est donc malheureusement pas cette fois que les fans du groupe comprendront les paroles de leurs chansons.

Cet effort de fin d’hiver fait suite au très efficace « Ten Thousand Ways to Die » paru en octobre dernier (NDA : voir notre chro d’alors). Curiosité : l’éponyme (mot résolument utile) morceau « Ten Thousand Ways to Die », qui figurait avec « Loathe » au rang des deux inédits studio sur ce disque Live, est une deuxième fois présent sur « Obituary », et en version quasiment identique (l’intro du chorus a été retravaillée) à celle sortie il y a six mois… Mais toutefois sans que le convaincant « Loathe » n’ait été ajouté à cet album studio (on aurait juré que Tardy disait « AAAAALLLLOOOOOOOOOOOOOOOO » au téléphone au lieu de « A Loathe »…). Etrange méli-mélo conceptuel. Disons que les deux inédits du Live de l’automne dernier préfiguraient l’orientation artistique sur le disque sorti ces jours-ci. Surtout du point de vue sonore.

Car c’est la qualité du son qui va marquer l’auditeur d’« Obituary ». La prod’ effectuée par Mark Prator (bien Metal comme patronyme…) et par le groupe aux studios RedNeck à Gobsonton est tout simplement magistrale. Chaque instrument est mis en valeur de manière claire et précise, tant les graves que les aiguës. Surtout le premier d’entre eux : la voix de Tardy. Cette brillante mise en relief des vocaux constitue le point fort du brulot. Des bruits bruissaient dans la communauté Metal, comme quoi la voix de l’homme à la tête du dieu Urcuchillay avait faibli. Que Nenni (l’intro de « Betrayed »). Elle est au contraire mise en valeur de façon optimale sur ces onze pistes ; et porte sans coup férir la diversité des compos. Ainsi que leur agressivité. La voix est précisément l’instrument le plus extrémiste d’Obituary (l’album, mais plus généralement le groupe). En effet, la batterie du Frère n’est pas portée en avant, et les guitares de Trevor Peres et de Kenny Andrews sont en somme toute Heavy, mais sans plus. Très Rock’n’Roll au Finish (« A Lesson in Vengeance »).

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