Interview avec Joel Ekelöf de SOEN

lundi/06/02/2017
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Rencontre avec Joel Ekelöf, chanteur du super groupe de metal progressif SOEN, à l’Hotel Alba à l occasion de la sortie de leur album Lykaia le 03 février dernier.

Art’N Roll : Pour commencer, peux-tu nous parler de l’histoire derrière le nom « Lykaia », le titre de l’album?

Joel Ekelöf  On voulait quelque chose de primaire, on avait le souhait que cet album soit moins dans le calcul et on a trouvé que le nom « Lykaia » était le plus adapté à ce que l’on souhaitait offrir.

 

ANR : Comment vois-tu l’évolution de SOEN depuis « Tellurian » ?

Joel Ekelöf  Je pense que nous sommes dans une sorte de continuité. Nous avons commencé avec « Cognitive » suivi de « Tellurian » qui était plus dans l’aspect émotionnel et la complexité de la musique et on a décidé de continuer sur ce chemin avec « Lykaia ». Explorer la pureté et les émotions de la musique plutôt que de faire quelque chose de complexe et technique. C’est une progression naturelle pour SOEN selon moi. Même dans la façon d’enregistrer nous sommes revenus à quelque chose de plus authentique puisque nous avons enregistré en analogique.

 

ANR : Justement, peux-tu nous parler de ce retour à l’analogique ?

Joel Ekelöf Pour nous, le but était de garder notre son tel qu’il était vraiment enregistré. Tu sais, lorsque tu enregistres de nos jours, tu as tellement de possibilités de modifier ton son grâce à des logiciels, cela permet d’améliorer le son mais je pense que cela dénature l’esprit que la chanson avait à la base. Selon moi, ça sonnait trop robotisé donc nous sommes revenus à la simplicité, faire la musique et l’enregistrer telle quelle. D’ailleurs, c’est très compliqué car tu dois redoubler de vigilance lorsque tu enregistres pour être sûr que cela sonne comme tu le souhaites et savoir si cela fait ressentir l’émotion que tu as envie de faire passer, donc ça prend plus de temps et plus d’énergie mais espérons que ça valait le coup.

 

ANR : Nous comprenons bien cette envie de faire plus naturel et instinctif, comment entretenez-vous aussi cela sur scène ?

Joel Ekelöf Jouer en studio ou en live pour moi est totalement différent. Car quand on joue live on recrée quelque chose de nouveau mais ça ne me dérange pas que ça sonne différemment de l’album. On transmet une émotion sur album et une autre en live, c’est bien, ça module.

 

ANR : Avec cette évolution dans votre façon de travailler, avez-vous dans la foulée changé de collaborateurs ?

Joel Ekelöf Nous avons un nouveau guitariste sur cet album qui a remplacé Kim qui était aussi notre producteur. Marcus a repris le flambeau en tant que guitariste et producteur. Dans ce même sens nous avons changé la façon de mixer notre album car nous avons aussi changé de personne. Mais dans la composition rien n’a changé car nous sommes la partie créative du groupe avec Martin depuis le début de SOEN et je pense que nous avons trouvé une bonne dynamique.

 

ANR : Est-ce que Marcus a quand même amené quelque chose de nouveau à SOEN?

Joel Ekelöf Je te confirme que son arrivée n’a rien changé dans notre façon d’écrire mais je pense qu’il a apporté sa technique car sur nos précédents albums nous n’avions pas de solos car on ne croyait pas trop dans ces solos de guitares un peu « tape à l’œil ». Mais Marcus apporte tellement d’émotions dans ses solos qu’on a décidé qu’il était temps de les inclure dans notre musique.

 

ANR : Avez- vous des sujets qui vous tiennent plus à cœur que d’autres ?

Joel Ekelöf Je dirais que cet album est plus personnel que les précédents, on aborde des expériences à nous. Les albums précédents étaient plus sur des thèmes introspectifs et plus philosophiques. Mais celui-ci est définitivement plus personnel, il nous ressemble plus.

Par exemple, la chanson « Sister » est dédiée à la sœur de Martin qui est décédée dernièrement. Pour les autres morceaux on parle plus de nos expériences personnelles, de ce que l’on vit au quotidien. Par contre, cette fois-ci, contrairement aux autres albums, chaque chanson est individuelle, elles ne sont pas combinées avec un concept comme on faisait avant.

 

ANR : Donc on ne retrouvera pas ce concept de voyage comme on avait l’habitude l’entendre sur les albums précédents ?

Joel Ekelöf C’est vrai que ce concept de voyage est quelque chose que l’on entretient depuis nos débuts. Même si on s’en éloigne un peu sur « Lykaia » il est encore un peu présent malgré nous.

 

ANR : Et à propos de la musique, que souhaitez-vous passer comme émotions lorsque vous composez ?

Joel Ekelöf On essaie de faire en sorte et on espère que lorsque la personne écoute notre musique, elle a l’impression d’être en voyage avec nous. On essaie aussi de faire ressentir plein d’émotions à la personne qui va écouter, pas forcément pour sentir une sensation de bonheur. On veut qu’elle aille aussi puiser dans son côté sombre.

 

ANR : Que peux-tu nous dire sur la pochette ?

Joel Ekelöf Nous avons choisi le loup car il représente bien ce côté primaire que l’on a mis en valeur sur cet album. En ce qui concerne la personne qui a travaillé sur la pochette, il s’agit d’un artiste espagnol dont j’ai oublié le nom.

 

ANR : Quels sont les projets de SOEN une fois l’album sorti ?

Joel Ekelöf On veut tourner un maximum, nous allons tourner en Europe et venir à Paris, le 15 avril 2017 au O’Sullivan Backstage by The Mill. Nous avons vraiment hâte de commencer à jouer « Lykaia » en live.

 

ANR : Justement vous ne tournez pas beaucoup comparé à d’autres groupes, pourquoi ce choix ?

Joel Ekelöf Tourner en continu n’est pas un besoin que l’on ressent particulièrement. On aime bien recharger les batteries et une fois qu’elles sont à 100% on repart en tournée.

On travaille tous dans la musique depuis tellement longtemps que l’on a eu cette vie un peu déviante avec la drogue et tout ce qui va avec, mais je pense que nous nous sommes fatigués de cette vie-là.

D’ailleurs, depuis que l’on a ralenti le rythme on se trouve bien meilleurs qu’auparavant sur scène.

 

ANR : Pour finir, avez-vous d’autres hobbies artistiques que la musique ?

Joel Ekelöf Pas du tout ! La musique est mon art et je l’ai su dès que j’ai eu ma première cassette, je me souviens d’avoir eu des frissons lors de la première écoute et me dire que je voulais faire ça toute ma vie.

 

 

 

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