Interview Sticky Boys – 18 Janvier 2017

vendredi/27/01/2017
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The Sticky Boys | Le Divan du Monde | 15.05.2013A l’occasion de la sortie du troisième album des Sticky Boys «Calling The Devil», Art’n’roll a rencontré cette semaine Tom Bullot, batteur mais aussi co-compositeur du groupe.

 

Art N Roll: Depuis quelques années, on vous connaît en tant que rockeurs purs et durs, mêlant aussi du punk et du groove. Pour vous, quel est l’état d’esprit du vrai rock’n’roll? Est-ce que le «faux rock’n’roll» existe?

Tom: Quand c’est faux, c’est plus du rock’n’roll! La vraie authenticité, c’est prendre ta guitare, ta batterie ou ta basse, et faire ce qui te passe par la tête, ce qui te plait. Si tu commences à planifier, faire un peu de stratégie, faire ce que les gens ont envie d’écouter… tu fais plus vraiment ce que tu as envie de faire, c’est une histoire de démarche le rock’n’roll.

 

ANR: Le côté créatif aussi j’imagine?

Tom: Exactement, ça se rejoint en fait. Faut aller tout droit et faire ce que tu as envie de faire sans jamais te poser de questions.

 

ANR: Et tu te sens un vrai rockeur?

Tom: Ben oui! A partir du moment où je n’en ai rien à foutre de ce que les gens pensent. C’est un peu ça être un rockeur.

 

ANR: Tu pourrais me citer des groupes qui pour toi sont de vrais rockeurs?

Tom: Pour moi, AC-DC, ils ont tout compris, ils ont tout expliqué. Ils parlent de rien, sauf de ce qui les amusent. Ils font de la musique qui n’a pas de but hormis de se faire plaisir ainsi qu’au public.

Ils sont dans une démarche qui est hyper simple, ils ne se prennent pas pour des vedettes même si ça change un peu. C’est un peu finissant mais pendant 40 ans, ils n’ont pas fait de star-systems, ils sont juste restés chez eux. Ils ont fait ce qu’ils avaient à faire, Pour moi, c’est vraiment la démarche propre.

 

ANR: C’est le troisième album que vous produisez avec le label Listenable Records. La belle histoire d’amour continue?

Tom: On produit nos albums sous licence chez Listenable. Eux, ils s’occupent de faire la promo, la distribution et la fabrication des disques. La belle histoire d’amour continue, ça se passe toujours aussi bien! Ils nous font confiance et on se sent toujours aussi bien chez eux. Ils connaissent notre démarche, ils savent qu’on restera toujours dans le thème. Ils nous donnent une liberté complète sur l’écriture, sur le design… On décide de tout et on apprécie beaucoup.

La petite famille de Listenable, ils sont très peu nombreux, ils sont dévoués. On a l’impression qu’ils sont 10 alors qu’ils sont seulement 4.

 

ANR: En parlant de label justement, qu’est-ce que tu penses de Roadrunner Records par exemple avec le troisième album d’Airbourne où l’on sentait moins de place à la liberté de l’écriture?

Tom: Roadrunner, ils imposent un peu le style qui veulent. Ils ont une démarche commerciale qui est logique. Mais à partir du moment où tu ne profites pas de cette démarche-là, t’as une liberté différente mais pas la même force de frappe de Roadrunner.

 

ANR: Donc vous vous sentez mieux chez un label avec moins de force de frappe commerciale?

Tom: Pour tout être a fait honnête, on n’a pas forcément le choix! (rires) Roadrunner nous a pas encore appelés! Mais s’ils nous appelaient la question se poserait. Elle est tellement loin de nous qu’on n’y pense pas du tout. On est heureux avec ce qu’on a.

 

ANR: Vous travaillez à côté en plus?

Tom: Ben oui, y’a très peu de groupes qui travaillent pas à côté. Y’en a quelques-uns en France qui font des cours de musique, ils montent des scènes, ils font de l’intermittence.

Mais il y a des stars qui retournent bosser à l’usine ou au chantier vers la fin. Ils se n’en vantent pas parce que ça fait moins glamour.

 

ANR: Cela fait deux ans que «art’n’roll» vous a déjà interviewé. Vous sortez votre nouvel opus «Calling The Devil» fin-janvier. Est-ce que selon vous, votre d’état d’esprit a changé, ou tout suit naturellement son cours?

Tom: Ben d’une certaine manière les deux, parce que on est toujours dans la même démarche. On fait ce qu’on à envie de faire. On ne s’assoie pas sur un truc qu’on sait déjà faire, on cherche toujours à aller un peu plus loin, à explorer toujours de nouvelles choses.

On aime bien le faire sur chaque album, se redécouvrir un peu à chaque fois. Le résultat est un peu plus différent, un peu plus ouvert.

On a mis plus de choses qu’on avait mis dans «Make Art» par rapport à «This Is Rock’n’roll».

A chaque fois qu’on a un nouvel album, c’est une nouvelle aventure, on fait comme si c’était le premier, et on fait tout ce qu’on a envie de faire dessus.

Si ça n’avait pas de sens, et ben on arrêterait. Ça fait maintenant 8 ans qu’on tourne, on a toujours l’impression d’être des débutants.

On a toujours les crocs comme des jeunes chiens fous; quand on va sur scène, on ne sait pas comment cava marcher, ça fait plus de bruits quand y’a 2000 personnes mais quand y’en a 20, c’est déjà chouette! Y’en a qui galèrent donc nous on est contents.

 

ANR: Vous faites beaucoup de concerts, en France et même à l’étranger. Vous êtes prêts à faire beaucoup de kilomètres. Considérez-vous que cette implication personnelle peut être pesante sur votre vie quotidienne? Avez-vous le temps de faire ce que vous désirez?

Tom: On ne fait rien d’autre. On aimerait bien partir plus en vacances, sortir plus le soir avec les copains, s’investir plus dans une vie de famille…on a fait le choix, on assume.

On ne le vit pas comme un sacrifice, on a choisi une voie, en plus d’avoir un boulot, où tout notre temps est consacré à ça. Si on le vivait comme un sacrifice, ce serait trop dur. On est juste content de le faire, ça vaut le coup.

 

ANR: Niveau productivité, ce n’est pas rien! Quand trouvez-vous le temps que vous consacrez à vos nouvelles créations ?

Tom: On va voir comment on fait pour la suite, mais jusqu’ici, on s’est toujours interdit de composer pour un nouvel album alors qu’on n’avait pas fini d’exploiter le précédent.

Si on faisait ça, on aurait voulu jouer les nouveaux morceaux sur scène, on n’a jamais voulu remplacer nos précédentes chansons.

On a toujours souhaité exploiter un album jusqu’au bout, s’arrêter pour composer et sortir l’album suivant en repartant sur scène avec un nouveau set

Pour tout te dire, on a pensé à composer en novembre 2015, c’est pour ça qu’en 2016 on a fait qu’une vingtaine de dates. Ensuite est venue la production, puis une phase de rediscussion avec le label. Pendant ce temps-là, on voulait le moins de dates possibles, pour revenir à la sortie de l’album prêt à jouer notre nouveau set. Du coup c’est vraiment une phase de composition offline. C’est relativement exceptionnel de trouver une idée en live en gratouillant. Alex débarque avec ses nouveaux riffs, ses nouvelles constructions. J’écris les textes et on met ça en forme tous les trois, ça dure des mois!

Pendant cette période, Tu dois écrire énormément, tu as 90% de déchets, il faut composer pendant des jours et des jours et tu gardes le meilleur. C’est beaucoup de travail et d’implication personnel. Ce n’est pas en live que ça se passe. De plus, si on trouve ça compliqué, on lâche tout de suite, On veut que ça colle directement, ce n’est pas forcément plus facile, mais sinon c’est plus du rock’n’roll.

 

ANR: La pochette de cet album évoque tout simplement le diable en positon de puissance, tel un roi dont le jugement est irrévocable. Qui l’a dessiné ? Ça signifie quoi pour vous ?

Tom: On produit nos dessins. On va à Belleville, chez un artiste lillois, Pierre Philippe, qu’on a rencontré sur la route. Il dessine super bien, il a toujours l’impression d’être perdu dans ce qu’il dessine. Au final, les rendus sont toujours incroyables.

On n’a jamais été dans les trucs occultes et satanistes. La seule expérience de culte que j’ai eu, c’est quand j’étais gamin. J’ai rigolé, j’ai dit non et puis voilà.

Mais depuis quelques années, c’est n’importe quoi! Il y a la religion partout. Donc, on a trouvé ça drôle de dire qu’on appelle satan au téléphone, en train de boire son petit brandy en peignoir.

La chanson qui s’appelle «Calling the Devil», on lui demande ce qu’il pense de ce monde pourri et on lui demande de venir nous rejoindre pour foutre un peu le bordel la dedans.

Pour nous, c’est à la fois tourné en dérision pour toutes les personnes qui viennent foutre leur nez dans toutes les affaires. C’est pas un message politique, c’est pas un message social, on a envie d’en rire. C’est le message global du groupe. On n’a pas envie d’être triste et on a envie d’en faire qu’a notre tête. C’est ça l’esprit du rock’n’roll. Si le groupe portait un message, ça serait celui-là.

 

ANR: Votre nouveau single «Better Days», déjà disponible, est entraînant et nostalgique. Que voulez-vous exprimer avec ce titre?

Tom: Il n’est pas simple comme titre, il est ambigu. Ça parle d’une rupture amoureuse. Ce sentiment ou tu es vraiment dans le pire du mal, mais que ça ira mieux C’est dur, parce que ce n’est pas un morceau festif mais c’est un titre ou il y a une lueur d’espoir

 

ANR: Vous chantez exclusivement en anglais. Avez-vous déjà essayer de vous mettre au français? Pourquoi préférez-vous utiliser la langue saxonne?

Tom: On chante qu’en anglais parce que la sonorité de la langue s’y prête bien. C’est une langue tonique et qui fonctionne bien grammaticalement sur notre style. Le rock a besoin d’une dynamique dans la voix, avec des syllabes qui sonnent poussées, mangées…

Le français est une langue magnifique mais qui est un peu plus monotone. On a beaucoup plus de facilité a collé l’anglais.

Pour autant on ne préfère pas l’anglais au français. De toute façon on maitrise moins bien donc ça n’a pas de sens. On a déjà essayé avec d’autres groupes, c’était moins percutant. Trust a bien réussi mais c’est vrai que c’est rare.

 

ANR: Vous aimez faire plaisir au public, en partageant la joie et la bonne humeur. Est-ce que vous ressentez un bon retour de vos fans?

Tom: On a toujours un peu de mal à parler de fans. On a beaucoup de moments d’échanges après nos concerts, et il y a de tout! Des gens qui connaissent le métal sur le bout des doigts, des punks, des jeunes, des vieux, des familles, ou des gens qui ne connaissent rien du tout. Généralement, on ressort de là avec le sourire jusqu’aux oreilles. Ce sont des choses qui nous donnent l’énergie pour continuer. Pour nous, le plus beau des cadeaux, c’est partager avec le public.

On a eu des moments difficiles, peut être juste à cause du mojo ou de la fatigue. On se donne beaucoup sur scène, des fois on rentre à Paris avec la grimace quand même.

 

ANR: Ca dépend des endroits où vous jouer du coup?

Tom: Ça dépend un peu des régions dans le sens on est allés beaucoup autour de Nantes et en Bretagne, ça marche bien par le bouche à oreilles. Aussi dans le Nord, on a un rapport de proximité avec cette région. Mais quand personne ne te connaît, il se passe rien. C’est pour tout le monde pareil mais ça ne dépend pas des régions.

 

ANR: D’où vient l’idée de «The Vison», titre totalement étonnant, décalé et inédit de votre part, à l’instar de Black Sabbath?

Tom: En fait ça fait partie des choses qu’on a en nous, qu’on a digérées et qu’on a écoutées depuis hyper longtemps. On est des fans de cette musique-là.

Quand on est retournés en studio, évidemment on a fait des choses qui ressemblaient à ce qu’on faisait avant. Mais on a remis tout à plat et on s’est rendu compte qu’on avait pas fait des choses jusqu’à présent et que c’est peut-être le moment de le faire.

Et ça sera peut-être vrai dans le prochain album avec encore de nouvelles choses. On écoute du rock depuis qu’on est mômes, comme les gens qui vous suivent. Du coup, c’est en nous et ça sort au moment où ça doit sortir en nous.

Mais on pourrai parler de la piste suivante aussi, qui est très lié à «The Vison», ou il y a une espèce d’influence des 70’s de vieux Black Sabbath, de Uriah Heep et de ce genre de choses. On adore ça depuis toujours.

 

ANR: C’est vrai que la transition de ces deux chansons, on ne la sent pas vraiment.

Tom: Exactement, pour nous ce sont deux chansons qui sont liés ensemble. On s’est demandé si on se l’autoriser. Mais on a eu rapidement la réponse.

On s’est rendu compte que si on se l’autoriser pas, il valait mieux arrêter. Si on commençait à s’interdire des choses, ça n’a pas de sens de continuer,

Mais peut être qu’on les laissera de côté pour le live. On tient à ce qu’il reste très tonique, dynamique et énergique. Je ne suis pas sûr que ça rentre bien dans le cadre du spectacle d’avoir des chansons acoustiques.

 

ANR: Avez-vous de nouveaux projets annexes en cours ?

Tom: Clip c’est pas exclu… pour l’instant il n’y a pas de projets concrets installés. Je n’en dis pas plus mais on a quelques idées.

Mais surtout cette année, c’est la grosse tournée qui va arriver. On tourne partout en France en Mars-Avril et en Europe après. Il y aura peut-être un projet fou de tournée pour l’automne prochain… rires

 

ANR: Question pour les filles, êtes-vous du genre à coucher le premier soir ?

Tom: Quand on est disponibles oui! Quand on n’est pas disponibles, non! (rires) On aime bien faire la fête, passer de bonnes soirées et si ça doit se finir comme ça, pourquoi pas. Mais on est trop vieux pour ce genre d’entourloupes.

 

ANR: En cette période d’instabilité politique, avez-vous un message à faire passer à votre public?

Tom: C’est le bordel quoi, on n’est pas mieux placé que n’importe qui pour en parler mais faites au mieux, ça va pas être simple.

 

The Sticky Boys | Le Divan du Monde | 15.05.2013

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