Interview avec Adam Grahn et Hannes Irengård de Royal Republic

vendredi/08/07/2016
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ANR : Tout d’abord, pour ceux qui ne vous connaissent pas, pourriez vous présenter le groupe ?

 

Adam : Pour ceux qui ne nous connaissent pas, nous sommes un groupe de Rock ‘n roll suédois, créé en 2008, appelé Royal Républic. Nous avons sorti 3 albums, et un EP. Le nouvel album s’appelle « The Weekend Men », comprenant 13 chansons. Et cet album, c’est ce que nous pensons être notre meilleur travail jusqu’à présent.

 

ANR : Donc c’est votre troisième album. Avez-vous déjà eu des retours dessus?

 

Adam : Oui, le feedback a été très bon jusque la. Bon évidemment il y a toujours des personnes qui n’aiment pas ce que nous faisons,  mais je pense que c’est une bonne chose. Ça veut dire qu’à l’inverse, il y a des gens qui adorent ce que nous faisons. Mais jusqu’à présent, ça été principalement de bons retours.

Hannes : Nous avons bien eu un retour vraiment désastreux.

Adam : Il avait l’air vraiment énervé.

Hannes : Mais il avait l’air fâché, sans raison apparente, juste comme si il avait envie de pousser un cri de rage (Ndlr : se met à crier pendant l’interview) Le gars avait l’air fâché sans raison, pas vraiment contre nous. Mais bon, un mauvais retour ça va. Mais si ça n’a aucun sens, c’est juste gratuit.

Hannes :  « Je ne l’aime pas » … ok! Pourquoi?

Un homme sage a dit : « tu n’es personne jusqu’à ce que quelqu’un te déteste… »

 

ANR : quelles sont vos influences?

Adam : Musicalement, je dirais, basiquement, tout. Je veux dire, nous écoutons de tout, de la musique classique, pas énormément mais c’est toujours ca, des chanteurs à texte, du Death metal, le remake de Dallas, Mc gyver, Family guy, Marlboro…. TOUT peut être une inspiration.

 

ANR : Tout dans la vie ?

Adam : Oui, tout dans la vie. L’inspiration est une chose étrange. Parfois ça vient d’un coca. Bon, ça marche mieux si tu rajoutes de l’alcool. Mais parfois ça n’aide pas.

Pendant l’écriture de cet album j’ai été fortement inspiré par nous même. J’écoutais beaucoup nos précédents albums en écrivant celui-ci, et j’ai beaucoup regardé des vidéos Youtube que les fans postaient de nos concerts. « Mmmh, sympa le groupe ». Le problème,  c’est que nous, on ne le voit que d’un coté, le spectacle, et c’est bon de le voir de l’autre coté. Et quand tu le vois de l’autre, tu t’exclames… « Mmmmh, plutôt pas mal !! »

Donc je pense que la grosse inspiration principale de l’album, c’était de s’inspirer de ce qu’on avait fait jusqu’à présent.

 

ANR : D’accord, mais en parlant plutôt de vos inspirations en général, pas seulement pour cet album.

Adam: Heu… le football??

Je veux dire, prend Zlatan Ibrahimovic par exemple. Il a quitté le PSG, du coup beaucoup de fans suédois du PSG vont arrêter de suivre cette équipe maintenant. Et oui, c’est une inspiration. Le football alimente ce groupe.

Tout du moins, moi. Je ne sais pas ce n’est jamais facile de pointer une influence en particulier. Les trains, l’énergie …

 

ANR : Il vous a fallu 4 ans entre le dernier album et celui ci, pourquoi?

Adam: Déjà, on a beaucoup tourné pour les deux derniers albums. Nous avons eu, par conséquent, besoin de rester à la maison pendant un moment, et nous avons pris beaucoup de temps pour écrire cet album. Parce que c’était très important pour nous de faire le meilleur album possible. Et ça prend parfois beaucoup de temps. Ça nous a pris beaucoup de temps, et ça valait le coup, nous sommes vraiment très fiers du résultat. Ce que je veux dire c’est qu’on peut bâcler un album. Nous pouvons par exemple sortir 20 chansons pour un album en deux semaines, si on veut, mais ça ne sera certainement pas le meilleur travail qu’on pourra fournir. Nous avons vraiment voulu prendre notre temps. On a été pointilleux et on voulait réussir à faire 13 chansons vraiment géniales… et on en ça fait 70 ! Desquelles on en a sorti 30 qui étaient bien, pour finalement en avoir 13 vraiment géniales.

 

ANR : Comment écrivez-vous vos chansons ? Tous ensembles ?

Adam: La plupart du temps, on travaille chacun de notre coté. Parce que c’est très facile, à l’heure actuelle, de faire des démos vraiment correctes de chez soi et de se les envoyer. J’ai un home studio, tout le monde a son petit espace. Si tu as une idée, tu veux pouvoir travailler dessus un peu plus longtemps avant d’impliquer quelqu’un d’autre. Si quelqu’un a un riff de guitare, une mélodie vocale, un refrain, et qu’il me la donne directement, je vais m’en emparer et peut-être que la chanson va partir dans une direction totalement différente de ce qu’il voulait faire à la base.

Donc voila, on préfère pouvoir se poser et vraiment pouvoir écrire une démo complète avant de l’envoyer aux autres membres du groupe. En de très rares occasions, on s’est réuni tout ensemble pour travailler sur un morceau mais d’habitude, c’est plus chacun de son coté.

 

ANR : Quel est le sens général de l’album?

Adam : L’album parle du « weekend man » Ce personnage est un diable que nous avons tous sur l’épaule. Il est caché en chacun d’entre nous. Et pour le weekend man, c’est toujours le week-end. Ça n’a pas vraiment de sens pour des gens qui ne vivent pas en Suède mais les suédois sont des extrémistes du week-end. Personne ne boit de l’alcool du lundi au vendredi, jusqu’à ce qu’arrive le vendredi et samedi soir. A partir du vendredi soir, tu peux devenir un fou furieux, tu peux faire absolument tout ce que tu veux, tant que tu n’as pas bu de vin le mardi. Parce que ça, c’est dangereux.

En deux mots, c’est comme ça que sont éduqués les Suédois. Donc le weekend man, c’est l’esprit du biker fou qui sommeille en toi, et qui te fait faire des choses que tu ne devrais pas faire, mais qui sont aussi super fun à faire.

 

ANR : Donc, c’est un concept?

Adam : On peut dire ça, oui. La, on a le sentiment, en réécoutant l’album en entier, qu’on ressent vraiment une ambiance festive, des vacances, très loin des mauvaises choses.

ANR : De quoi parle la chanson « Kung fu lovin’  » ?

Adam : C’est à propos d’une relation qui tourne mal, et le moment ou tu réalises que tu ferais mieux de te tirer de la. On est tous passé par la, moi, toi…

Hannes : Oh non pas moi, pour moi ça a toujours été l’éclat du soleil, fun, les meufs, etc…

 

ANR : C’est à propos de l’amour, en fait.

Adam: Oui de l’amour. L’amour vache plutôt. Kung fu lovin’, ca ne sonne pas très gentil.

Hannes : Si, quand même un peu. Je trouve que ça sonne très bien !

 

ANR : Quelle est l’idée derrière la pochette ?

Adam : L’idée vient à la base de la direction artistique de l’album, parce que sur les deux albums précédents, ils n’avaient pas vraiment capturés l’esprit des albums. Quand tu joues l’album, quand tu l’écoutes, il fait « Baaaaaaaaaaaaaaa », et voila!!

La pochette d’un album doit donner la même impression. Quand tu regardes la pochette, tu dois comprendre ce qu’il y a dans l’album. Et on n’avait jamais fait ça avant.

Et voila, on voulait avoir ce gars qui hurle (NDLR : hurle vraiment) et ça donne plutôt bien. Il est la, on a un très bel homme sur la pochette (NDLR : l’homme de la pochette est en réalité le chanteur de RR). Je ne sais pas qui il est, mais vous devriez tenter votre chance.

 

ANR : Avez-vous des hobbys hors de la musique?

Adam: Le football. La plupart du temps. Je regarde le foot, je joue au foot et c’est à peu près tout. Ah, et je cuisine à coté de ça.

Hannes : Je ne cuisine pas, je ne fais pas de foot, mais je nettoie beaucoup. On devrait emménager ensemble….

En fait, j’ai réfléchis pas mal ces derniers temps et je me disais que je devrais me trouver un hobby, hors de la musique. J’ai fait du karaté avant, mais j’ai commencé à avoir peur lorsqu’on a commencé les tournées, quand les choses ont commencé à devenir sérieuses. J’ai eu peur de m’abîmer les doigts. Alors j’ai demandé à mon Sensei s’il y avait moyen de faire d’autres exercices qui ne risquait pas d’abîmer mes doigts, ce à quoi le Sensei a répondu que soit je faisais l’exercice, ou bien je dégageais du dojo. Et tu ne te disputes pas avec ton Sensei. Donc j’ai dû arrêter.

Adam : Tu devrais te mettre aux échecs peut-être? C’est moins dangereux pour les doigts.

Hannes : Moins dangereux mais moins fun. Et tu dépenses moins de calories

 

ANR : Un dernier mot pour les fans français ?

Adam : Ne manquez pas notre concert au Rock en Seine en août (NDLR : 26/08/16) Et nous reviendrons en France début de l’année prochaine.

Et si vous ne pouvez pas attendre, l’Europe est petite, c’est facile de venir nous voir autre part, par train ou par la route. Beaucoup d’amis nous manquent, ça a été trop long. Nous n’avons plus tourné ici depuis 2014. Il nous tarde de rejouer en Europe.

Et j’espère que vous apprécierez l’album.

 

 

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