Eternal Descent (Volume 1 – Issue 1)

samedi/17/01/2015
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Auteurs: Llexi Leon (scén.) / Jason Metcalf, Gabriel Guzman (dessins)

Titre: Eternal Descent (Volume 1 – Issue 1)

Editeur: SUMMER MEDIA

Sortie le: mars 2010 (version UK)

Note: 13/20

 

Rock et bédé, sont deux piliers de la contre-culture qui ont toujours fait bon ménage depuis soixante ans. Et « Eternal Descent » constitue un récent exemple de cette colocation réussie. Nous sommes toutefois plus proches ici du Comics à l’anglo-saxonne que de « Ricky Banlieue et ses riverains », ou que de « Paris skouille-t-il ? » (parus aux « Humanos » il y a longtemps déjà…). Car le prix de la version initiale de ce livre est de £ 2.99, et sa langue natale l’anglois. Il s’agit de la traduction française d’une saga, déjà forte de douze numéros Outre-manche (ils en sont au Volume 2 – Issue 6), également exportée aux States.

La comparaison avec Lucien et les Closh n’est pas mauvaise sur un point au moins : si Margerin et Dodo sévissaient également dans le groupe Dennis’ Twist, « Eternal Descent » est avant tout le groupe virtuel du dessinateur Llexi Leon. C’est un projet axé Metal et musique gothique / romantique initié en 2002 par lui, et avec lui comme musicien permanent. Qui a signé moult partenariats : avec les guitares ESP et Ovation,  les cordes Ernie Ball, les accessoires DiMarzio, ainsi qu’avec le gigantesque producteur Eddie Kramer (Jimi Hendrix, Led Zeppelin, KISS, Anthrax, etc…). La bande-dessinée a été conçue sur le tard afin d’illustrer la musique. Le premier numéro du Comics éponyme est sorti en mars 2010. « Eternal Descent » serait en conséquence le Gorillaz du Metal goth (le projet de l’anglais Jamie Hewlett ayant été lancé quatre ans plus tôt, soit en 1998…).

La version française du synopsis d’« Eternal Descent » a le mérite d’être explicite : « Bienvenue dans un lieu où les âmes perdues se cachent dans l’ombre et l’obscurité, dissimulant de funestes desseins. Un lieu où le Heavy Metal pourrait être la clé de la rédemption… ou bien le portail de la destruction. Un héros déchu, un démon tourmenté, un magnifique succube, et une armée de dieux de la guitare : Toutes les pièces sont en place. La descente peut commencer ». Rédemption par la musique et destruction totale en cas d’échec… Vaste programme qui intéresserait surement Pete Townshend. Le scenario est assez archétypal : Sirian est un ange déchu, aux longs cheveux argentés et à la guitare électrique noire (type LesPaul ESP), qui erre sur les toits d’une ville sinistre (type Gotham City), et qui sauve un soir la belle Lyra des griffes de Loki et de ses damnés… alors qu’elle rentrait d’un concert et se cherchait à boire (dans un quartier pas gai du tout nommé « le Marais »). Mais Sirian va vite découvrir que Lyra est un succube…

Le lien avec la culture Rock (concerts, grosses guitares, tatoos, t-shirts Maiden, etc…) justifie pleinement la présence de cette bédé en ce webzine. D’ailleurs, Joe Satriani Himself apparaît dans les épisodes suivants, et ce, en tant que personnage à part entière… En 2011, la société Digitech a carrément conçu une pédale d’effets nommée Lyra… Ainsi, c’est pour son univers que l’on appréciera le premier « Eternal Descent ». Et son graphisme aussi. La dernière partie de l’ouvrage intitulée « Archives » est faite d’artworks somptueux qui mettent en scène les principaux personnages. Le fait qu’un multi-instrumentiste sache aussi bien dessiner est remarquable. En définitive, le projet « Eternal Descent » dresse également une passerelle entre le monde du Metal et celui de l’Heroic Fantasy, mais aussi avec celui des mangas et des cosplays. Les couleurs à dominante sombre et le caractère incompréhensible des rebondissements du scénario ne sont pas sans rappeler « Akira ». Et Lyra, de par son physique et ses poses fait parfois penser à la craquante Faye Valentine de « Cowboy Bebop ». D’ailleurs, les costumes des principaux personnages ne dépareilleraient pas dans certaines conventions de la Porte de Versailles ou de celle de Champerret, dont on sait que certains de nos lecteurs sont des visiteurs coutumiers. Lesquels iront d’abord se procurer ce premier volume de la saga en Français, avant d’aller embêter leur Tante Sylvie et sa machine à coudre qui fait si bien les déguisements.

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